Rencontrez “Albert”, l’IA du service public

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Les services publics connaissent une transformation numérique rapide et l’intelligence artificielle (IA) s’impose comme un levier majeur d’amélioration. Avec des modèles comme “Albert”, l’État français se dote d’une IA souveraine, développée pour assister les agents publics dans leurs missions. Mais comment Albert est-il conçu et quels enjeux éthiques et juridiques sont associés à son utilisation ? On vous aide à y voir plus clair.

L’IA dans les services publics : potentiel et limites

L’intelligence artificielle, par sa capacité à automatiser des tâches complexes, a déjà prouvé son utilité dans divers domaines de l’administration. Elle permet de mieux cibler les besoins des citoyens, d’accélérer les traitements administratifs et d’optimiser les ressources humaines. Toutefois, l’IA pose aussi des défis, notamment en termes de protection des données et de discrimination. Ainsi, l’encadrement de ces technologies dans le cadre des services publics devient une priorité pour protéger les libertés fondamentales des citoyens.

L’éthique de l’utilisation de l’IA dans le secteur public

L’IA, au service de l’administration, repose sur des bases de données publiques et personnelles. Cela soulève plusieurs questions éthiques, notamment la protection de la vie privée et la transparence. Le respect de la vie privée des usagers, la prévention de la surveillance excessive et la lutte contre les biais algorithmiques sont en effet des questions essentielles. L’État s’efforce ainsi d’établir des garde-fous pour garantir que les IA respectent les valeurs démocratiques et les droits fondamentaux.

Par ailleurs, la notion de responsabilité en cas d’erreur ou de discrimination involontaire due à l’IA doit être claire. Une administration qui repose de plus en plus sur des systèmes intelligents doit en effet s’assurer que ces outils n’agissent pas de manière arbitraire ou discriminatoire.

Albert : une IA souveraine au service des agents publics

Albert, IA développée par la Direction interministérielle du numérique (DINUM), est un modèle d’IA générative, entièrement conçu pour le secteur public français. Lancé en 2023, il est destiné à simplifier le quotidien des agents administratifs et à faciliter l’accès à l’information pour les citoyens. Contrairement aux IA grand public, Albert est basé sur des modèles open source et sécurisés, spécifiques aux besoins des services publics.

Albert est conçu comme un outil d’aide à la décision, capable de générer des réponses précises et de guider les agents dans leur travail quotidien. Il peut produire des réponses aux questions fréquentes des usagers, rédiger des synthèses et fournir des références vérifiées pour appuyer les décisions. Sa mise en œuvre progressive dans les maisons France Services vise à répondre aux besoins d’information des citoyens tout en laissant aux agents humains la responsabilité finale des interactions.

L’impact d’Albert sur le service public

Le déploiement d’Albert marque une évolution significative dans le fonctionnement des services publics. En tant qu’outil de soutien aux tâches répétitives, il libère les agents de certaines charges administratives et leur permet de se concentrer davantage sur l’accompagnement humain des usagers. Albert contribue ainsi à rendre l’administration plus réactive et à améliorer la qualité des services rendus.

Pour les conseillers France Services, Albert propose des informations précises et à jour, basées sur les bases de données de service-public.fr, sans pour autant se substituer à leur rôle. Les agents peuvent ainsi mieux répondre aux demandes très variées des citoyens, sans craindre de fournir des informations incorrectes.

Le cadre juridique : un pilier de l’IA dans le secteur public

L’utilisation d’une IA dans le secteur public exige un encadrement strict pour garantir le respect des droits fondamentaux. En Europe, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) impose des règles claires pour la protection des données personnelles, auxquelles Albert se conforme. Le cadre juridique national prévoit également une transparence sur les algorithmes utilisés par les administrations, assurant ainsi aux citoyens un droit d’accès aux informations qui les concernent.

Albert, en tant qu’IA souveraine, répond également aux exigences de la souveraineté numérique. Il est hébergé sur des serveurs en France, ce qui limite les risques liés à l’hébergement dans des pays tiers. Le gouvernement entend par ailleurs établir des règles claires pour encadrer les situations où l’IA pourrait produire des décisions automatisées, afin de garantir aux citoyens l'accompagnement  d’un agent humain en cas de besoin.

Vers une IA publique éthique avant tout

Albert incarne l’ambition de l’État de créer des services publics plus modernes et plus efficients, tout en répondant aux défis éthiques et juridiques posés par l’IA. En renforçant la transparence, en intégrant les retours d’expérience des agents, et en respectant un cadre juridique strict, l’État cherche à maximiser les bénéfices de l’IA tout en préservant la confiance des citoyens.

Avec Albert, l’administration fait le choix d’une IA développée pour ses agents et au service des citoyens. Elle s’engage aussi dans une démarche d’amélioration continue pour affiner les usages et minimiser les risques. Cette IA française est la première d’une longue série d’innovations prévues pour accompagner la transition numérique de l’administration publique. Du côté de l’éducation, des projets comme Aristote voient également le jour pour poursuivre les missions de modernisation du service public.

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