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Publié le - Mise à jour le
Longtemps perçues comme de simples sésames académiques, les formations certifiantes s’imposent aujourd’hui comme un levier stratégique de développement des compétences. À l’heure où les entreprises cherchent à renforcer l’employabilité, la fidélisation et l’engagement de leurs collaborateurs, elles permettent d’ancrer les apprentissages dans la durée, de renforcer la reconnaissance et de faciliter la mobilité interne. Mais encore faut-il savoir comment les intégrer et surtout, les valoriser au sein d'une stratégie globale de formation. Voici 5 bonnes pratiques pour faire des formations certifiantes un vrai levier de performance.
Dans le cadre de l'entreprise, les formations certifiantes n'ont pas toujours eu bonne réputation. Souvent jugées trop longues, trop rigides ou encore trop académiques, elles ont longtemps été perçues comme des obligations. Or, comme le rappelait Olivier Meier dans une récente interview, « on assiste à une montée en puissance des formations certifiantes et professionnalisantes [...] signe qu’un nouveau standard d’exigence est en train de se construire ». Selon lui, cette appétence nouvelle est due, notamment, au passage d'une formation très standardisée à une logique plutôt axée sur les compétences.
En effet, en réponse aux nombreux bouleversements technologiques et environnementaux, la maîtrise des compétences techniques n'a jamais été aussi précieuse et aussi éphémère. En ce sens, les formations certifiantes représentent une triple valeur ajoutée pour les organisations. Premièrement, elles garantissent la reconnaissance officielle des compétences, un argument fort pour avancer sereinement en période d'instabilité et incarner, à l'échelle de l'entreprise, une posture confiante et rassurante. Ensuite, les certifications renforcent la GEPP et l'employabilité. Enfin, elles ouvrent le droit à des financements spécifiques : dans un contexte de rationalisation budgétaire, c’est un levier non négligeable pour continuer à investir dans la formation sans tout supporter en interne.
Cette bonne pratique représente à elle seule un défi non-négligeable pour les services formation. Le terme « certifiant » peut effrayer ou éloigner certains collaborateurs qui verraient remonter de vieux souvenirs d'école. Mais comment se détacher de cette image encore trop scolaire ou contraignante ? Premièrement, il est indispensable de repositionner la formation certifiante comme une opportunité de valorisation individuelle. Les salariés doivent comprendre qu'elle atteste officiellement les compétences acquises et représente donc un atout concret pour renforcer leur employabilité.
Ensuite, l’expérience d’apprentissage compte autant que la finalité. La modularité des blocs de compétences, les formats hybrides, le tutorat ou les approches par projet permettent de dédramatiser la certification et de la rendre plus fluide, plus humaine. Un autre levier essentiel : la communication. Pour donner envie aux salariés de faire des formations certifiantes, encore faut-il les mettre sur le devant de la scène. Célébrer les réussites, partager des témoignages de salariés certifiés, afficher les parcours disponibles sur l’intranet ou les réseaux sociaux de l’entreprise sont autant de façons de valoriser simplement mais efficacement les certifications.
Trop souvent, les formations certifiantes vivent en marge de la stratégie formation. Gérées à part, parfois pilotées uniquement via le CPF, elles peinent à trouver leur place dans le plan de développement des compétences. Pourtant, leur intégration n’est pas qu’une question d’organisation : c’est une démarche stratégique, qui conditionne leur efficacité et leur reconnaissance, aussi bien en interne qu’en externe.
Inclure les formations certifiantes dans le plan de développement des compétences permet d’abord de donner de la cohérence à la politique formation. Pour cela, encore faut-il les articuler selon les priorités de l'entreprise – en termes de métiers et de besoins en compétences – et les stratégies existantes – RH, mobilité interne, etc.
Toujours dans cette optique de faire des formations certifiantes un levier de performance pleinement intégré à la stratégie de formation, il est essentiel d'identifier et de proposer celles qui seront les plus pertinentes, pour les collaborateurs comme pour l'entreprise. Sélectionner la bonne certification, c’est avant tout aligner les dispositifs avec la réalité des métiers et les enjeux stratégiques de l’entreprise. Un exercice d’équilibriste qui demande rigueur, veille et co-construction.
Tout commence par une analyse fine des besoins en compétences. Quels métiers évoluent ? Quelles expertises deviennent critiques ou, au contraire, obsolètes ? Quels écarts de compétences freinent la performance ou la mobilité interne ? C’est en croisant ces données avec les référentiels de certifications disponibles que l’on identifie les formations les plus pertinentes, capables de répondre à des besoins concrets. Ce travail de sélection ne peut se faire en silo. Pour de meilleurs résultats, il est utile d'impliquer les managers, les RH de proximité, voire les organismes certificateurs et les OPCO.
La montée en puissance des blocs de compétences a profondément transformé la manière d’aborder la formation certifiante. Depuis la réforme de 2018, les entreprises peuvent désormais composer des parcours à la carte, plus courts, plus flexibles et mieux adaptés aux besoins opérationnels.
En découpant une certification en blocs autonomes, l’entreprise permet au collaborateur de progresser par étapes, à son rythme, tout en valorisant chaque acquisition. Cette approche est particulièrement pertinente dans un contexte où les compétences deviennent rapidement obsolètes : elle favorise une mise à jour continue des savoirs sans immobiliser les équipes pendant de longues périodes de formation.
Côté pédagogie, les parcours modulaires encouragent des formats plus hybrides et expérientiels : microlearning, classes virtuelles, mentorat, apprentissage par les pairs… Autant de leviers qui rendent la formation plus engageante et concrète. Les services formation y gagnent en agilité, les collaborateurs en autonomie, et l’entreprise en réactivité face aux mutations de ses métiers.
Enfin, cette logique par blocs facilite également la reconnaissance progressive des compétences. Un salarié peut capitaliser sur les blocs validés pour viser, à terme, une certification complète ou une évolution de poste. C’est un outil puissant de fidélisation et d’employabilité, car chaque étape franchie devient visible, mesurable et porteuse de sens.