La classe virtuelle a-t-elle encore un sens après la crise sanitaire ?

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La classe virtuelle a-t-elle encore un sens après la crise sanitaire
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Difficile d'être passé à côté : la classe virtuelle a connu son heure de gloire durant la crise sanitaire. En pleine période de confinement, alors qu'il était impossible quitter son domicile pour se rendre en formation, la classe virtuelle est apparue comme la solution miracle. En plus de garantir la continuité pédagogique, elle a permis de maintenir un lien social entre les apprenants et avec le formateur. Mais alors que la vie a repris son cours, la classe virtuelle a-t-elle encore un sens ? Décryptage d'un phénomène peut-être pas si éphémère.

La classe virtuelle : quand la salle de classe se joue à distance 

La classe virtuelle, qu’est-ce que c’est exactement ? Une classe… sans salle de classe ! Cette modalité pédagogique désigne une simulation d'une salle de classe réelle, transposée à distance, où les apprenants se retrouvent via une plateforme numérique. Pas de murs, pas de chaises, mais une salle bien réelle… quoique virtuelle, où formateurs et élèves interagissent en direct à l'aide d'outils comme la vidéoconférence, le chat et les partages d'écran. Le terme de « classe virtuelle » est né bien avant la pandémie. Il remonte aux années 1990, quand l’essor d’Internet a ouvert la voie à des outils pédagogiques en ligne. Cependant, il faudra attendre les années 2000 pour voir les premières véritables expérimentations de classes virtuelles. Le déroulement d’une classe virtuelle ressemble finalement à celui d’une formation en présentiel. Le formateur présente son contenu via des diaporamas ou des vidéos, pose des questions, répond aux interrogations, et parfois divise le groupe en sous-groupes pour des travaux pratiques. L’idée reste d’offrir une expérience aussi interactive que possible, à l’instar de la formation en présentiel, avec toutefois l’inconvénient d’une distanciation physique. En effet, pour que la classe virtuelle soit pleinement réussie, le formateur doit prendre en compte cette dimension. Il ne s'agit pas simplement de transposer une formation présentielle en classe virtuelle : les codes diffèrent, notamment en termes d’engagement des apprenants. Ces derniers auront tendance à décrocher bien plus facilement à distance, le formateur doit donc préparer la classe en amont pour la rendre plus attractive et interactive.

Covid-19 : consécration de la classe virtuelle durant le confinement 

Puis est venu le grand chamboulement de ce début de siècle : le Covid-19. Du jour au lendemain, le monde s’est figé. Les formations présentielles ont dû s’arrêter net, frappées par l’interdiction de tout regroupement social. La classe virtuelle, jusque-là utilisée par un petit nombre d'organisations seulement, est devenue une nécessité. Si bien que la grande majorité des entreprises, écoles et organismes de formation l'ont adopté. Confinés chez eux, les apprenants, qu'ils soient salariés ou étudiants, ne pouvaient plus suivre de cours en présentiel. Pourtant, le besoin de formation ne s’est pas éteint, bien au contraire. La classe virtuelle a offert une solution immédiate et efficace. Grâce à elle, la continuité pédagogique a été assurée. La barrière géographique disparaissant, les apprenants ont pu suivre des formations depuis leur salon, avec un simple ordinateur et une connexion internet. Les avantages étaient nombreux. La classe virtuelle permettait de conserver un lien social dans une période d’isolement, d’adapter le rythme d’apprentissage et d'assurer un suivi et une évaluation personnalisés grâce aux outils numériques. La flexibilité, l’immédiateté et l’économie de déplacement ont également joué en sa faveur. Pour de nombreuses organisations, elle a été la bouée de sauvetage qui leur a permis de maintenir leur activité de formation malgré le contexte inédit.

Et maintenant, quel avenir pour la classe virtuelle ?

 Aujourd’hui, la vie a repris son cours, et les salles de classe ont rouvert leurs portes. Mais la classe virtuelle a-t-elle pour autant été mise au placard ? Pas vraiment. Selon le dernier baromètre de l'ISTF, la classe virtuelle se positionne comme la deuxième modalité pédagogique la plus utilisée en formation en 2024, après le présentiel et juste avant le e-learning scénarisé. Certaines formations, notamment celles qui nécessitent peu de pratique sur le terrain, trouvent dans la classe virtuelle un format idéal. Plus besoin de déplacer ses équipes : chacun peut suivre une formation, où qu’il soit. Les outils se sont perfectionnés, permettant des expériences toujours plus immersives. Les participants peuvent manipuler des objets en 3D, travailler en groupes dans des salles virtuelles, voire simuler des environnements complexes. En somme, la classe virtuelle s’est affranchie de la contrainte de l’espace, tout en enrichissant l’expérience pédagogique. Et pour l’avenir ? Tout laisse à penser que la classe virtuelle a encore de beaux jours devant elle. Avec l’arrivée des technologies immersives, la frontière entre le réel et le virtuel va s'amincir encore davantage. Les formations du futur pourraient se dérouler dans des salles virtuelles reproduisant à l’identique l’environnement d’apprentissage en présentiel. Mais l'avenir de la classe virtuelle passe indéniablement par l’innovation technologique. Les plateformes qui l’hébergent, comme Zoom, Microsoft Teams ou Google Meet, n'ont cessé de se perfectionner en intégrant des fonctionnalités toujours plus interactives : salles de travail en sous-groupes, tableaux blancs partagés, et outils collaboratifs intégrés. Mais c'est l'essor de technologies plus immersives qui pourrait révolutionner ce format dans les années à venir. La réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR) ouvrent la voie à des formations dans des environnements simulés, où l'apprenant peut interagir avec des objets ou scénarios en 3D, comme s'il y était. Les innovations en matière d’intelligence artificielle (IA) permettent également un suivi personnalisé, avec des analyses en temps réel du progrès des participants et des recommandations d’améliorations. En conclusion, la classe virtuelle s'est inscrite durablement dans le paysage de la formation. Si elle ne remplace pas totalement l'apprentissage en présentiel, elle s'impose désormais comme un complément précieux, capable d’apporter flexibilité, accessibilité et interactivité.

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