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Publié le - Mise à jour le
Le Compte Personnel de Formation (CPF), longtemps perçu comme un outil individuel pour financer des projets d’apprentissage des salariés en toute autonomie, prend aujourd’hui une nouvelle dimension. La co-construction du CPF s’impose désormais comme un levier stratégique pour développer les compétences en phase avec les besoins des entreprises et les aspirations des collaborateurs. Dans un contexte de transformations technologiques, numériques et écologiques qui bouleversent les métiers, l’implication des employeurs est plus que jamais essentielle pour accompagner les évolutions, favoriser l’engagement et renforcer la fidélisation des talents. Conseils et étapes clés.
La co-construction du Compte personnel de formation (CPF) désigne un projet de formation élaboré et financé conjointement par le salarié et son employeur. Introduite dans le prolongement de la loi Avenir professionnel de 2018, cette approche s’inscrit dans une logique de co-investissement : développer les compétences des collaborateurs tout en répondant aux besoins stratégiques de l’entreprise. Elle se distingue ainsi du « CPF autonome », où le salarié choisit seul sa formation, la finance intégralement avec ses droits acquis, souvent en dehors de son temps de travail, et sans implication de l’employeur.
Dans le cadre d’une démarche co-construite, chacun a un rôle précis à jouer. Le salarié reste l’acteur principal de son parcours professionnel : il conserve la maîtrise de son compte CPF, mais bénéficie d’un accompagnement pour orienter son projet vers des compétences utiles à son poste ou à sa mobilité interne. L’employeur, quant à lui, devient facilitateur et co-financeur. Il peut autoriser le suivi de la formation sur le temps de travail, abonder le CPF du collaborateur, ou encore prendre en charge la participation forfaitaire obligatoire.
Cette dynamique n’est pas exempte de défis. Le CPF reste avant tout un droit individuel, et il s’agit de concilier la liberté de choix du salarié avec la stratégie de développement des compétences de l’entreprise. Malgré les campagnes mises en place pour la promouvoir, la co-construction demeure encore marginale : en 2023, seuls 30 000 salariés ont bénéficié d’un abondement employeur, sur près d’1,5 million de dossiers CPF validés, selon les chiffres partagés par Centre Inffo.
Le CPF co-construit permet de relier directement le développement des compétences des salariés aux besoins de l’organisation. Pour les TPE-PME, souvent contraintes par des budgets formation limités, il représente une opportunité d’optimiser leurs investissements.
De plus, dans un marché de l’emploi hautement concurrentiel, les entreprises qui valorisent la formation continue marquent des points en matière d’attractivité et de fidélisation. Le salarié, acteur de son développement professionnel, se sent reconnu et responsabilisé. Résultat : une motivation renforcée, un meilleur engagement et un sentiment d’appartenance plus fort. Les métiers évoluent rapidement sous l’effet des mutations technologiques, numériques et écologiques. La co-construction du CPF devient alors un outil d’anticipation et de sécurisation des parcours professionnels. Et l’enjeu est colossal : selon France Stratégie, la planification écologique nécessitera d’ici 2030 l’évolution des compétences de près de 8 millions d’emplois.
Mettre en œuvre une politique de CPF co-construit ne s’improvise pas. Elle repose sur un processus clair et structuré, dont voici les grandes étapes :
Tout commence par un échange de qualité lors de l’entretien professionnel. Ce rendez-vous est le cadre idéal pour aborder les projets de formation, présenter les possibilités de mobilisation du CPF et clarifier les modalités de co-construction. L’objectif est d’écouter les besoins du salarié, d’évaluer son projet et de l’orienter vers des formations alignées avec les priorités de l’entreprise.
La co-construction du CPF doit s’inscrire dans un périmètre précis : formations certifiantes inscrites au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) ou au Répertoire Spécifique (RS). Elles peuvent concerner des compétences directement liées au poste, mais aussi des enjeux plus larges : transitions écologiques, numériques, technologiques, ou encore reconversions professionnelles. Pour gagner en lisibilité, l’employeur peut établir une liste de formations prioritaires, mise à disposition des salariés et régulièrement actualisée.
Un projet co-construit combine généralement plusieurs sources de financement :
La réussite de la co-construction repose enfin sur une formalisation claire : modalités de financement, organisation du temps de formation, suivi des engagements. La plateforme Mon Compte Formation, pilotée par la Caisse des Dépôts, évolue dans ce sens. Elle permet désormais un suivi fin des dotations employeur, la fixation d’une date limite d’utilisation ou encore le remboursement automatique des sommes non consommées. Autant d’outils qui facilitent la mise en œuvre et renforcent la confiance des deux parties.
En somme, la co-construction du CPF n’est pas seulement une question de financement : c’est une démarche structurée qui repose sur le dialogue, la transparence et l’anticipation.