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Publié le - Mise à jour le
Après la charge émotionnelle au travail [1], place dans ce nouvel épisode aux transformations organisationnelles et à l’adaptabilité professionnelle dont il faut faire preuve dans ces situations. Évolutions de l’organisation du travail, changement du périmètre d’un poste… Quelles sont les soft skills et les aptitudes à mobiliser pour apprendre à y faire face ?
Héraclite, le philosophe de la Grèce antique, disait qu’il “n’existe rien de constant, si ce n’est le changement”. Dans sa vie professionnelle ou personnelle, tout individu est un jour confronté au changement.
Lorsque l’on parle de transformations organisationnelles, on pense évidemment aux évolutions de l’organisation du travail, ou des méthodes utilisées. On doit y ajouter l’évolution du périmètre d’un poste, le changement de l’équipe dirigeante, une restructuration, un déménagement ou encore le rachat de l’entreprise…
Ces transformations organisationnelles dans le monde professionnel sont plus fréquentes ces dernières années, du fait de la crise sanitaire, de la digitalisation et, plus récemment, de l'émergence des IA génératives comme ChatGPT. En conséquence, le temps de l’apprentissage d’un métier unique, et des compétences qui y sont associées, que l’on exerce tout au long de sa carrière professionnelle, est révolu.
Si l’adaptabilité professionnelle est davantage une "méta soft skill" qu'une soft skill unique - elle repose sur la mobilisation de plusieurs autres soft skills, que l’on peut développer - c’est une compétence clé pour faire face à la diversification des missions.
D’abord la connaissance de soi et, plus largement, l'intelligence émotionnelle[2]. La connaissance de soi est importante pour appréhender les phénomènes de résistance au changement. Ces phénomènes peuvent résulter de contradictions, entre les valeurs personnelles et les valeurs sociales de l’entreprise elle-même. Sous l’angle des neurosciences, l’adaptation demande beaucoup d’énergie à notre cerveau, ce qui provoque cette résistance naturelle.
L’intelligence émotionnelle est aussi très importante, pour comprendre nos réactions, et celles des autres, face à une transformation organisationnelle. Les réactions résultent des émotions, mieux les comprendre permet d’identifier et de surmonter certains blocages.
L’affirmation de soi permet de protéger sa santé, que l’on soit manager ou collaborateur : il faut savoir dire, quand plusieurs transformations ont lieu en même temps, si le rythme n’est plus tenable.
Une autre soft skill est très importante : apprendre à apprendre. Selon Stanislas Dehaene[3], c’est “se comprendre soi-même, comprendre comment l’on apprend et maîtriser les stratégies d’apprentissage”. Concrètement, les attitudes à mobiliser sont la confiance dans ses chances de succès, la motivation (quel est l’objectif de cet apprentissage ?) et l’hygiène de vie (le sommeil, notamment).
Côté aptitudes pour apprendre à apprendre, on retrouve la capacité de concentration, l’organisation personnelle et la pensée critique - pour prendre du recul sur les méthodes utilisées, les réajuster en cas de besoin et faire le lien avec ce que l’on connaît déjà.
L’entreprise doit mettre en place un cadre favorable à la transformation et accompagner les collaborateurs, et pas seulement sur la formation aux soft skills. Pour Laurent Bibard[4], “il n’y a pas d’élan sans appui”. Les salariés doivent pouvoir se tromper sur un nouvel outil, poser des questions et trouver du soutien pour réussir le changement.
Selon Mireille Blaess[5], “on ne change pas fondamentalement les individus mais une évolution des comportements est possible”. Et si la résilience semble être un remède face à plusieurs transformations organisationnelles à effectuer en même temps, elle n’a pas vocation à être mobilisée régulièrement. C’est un processus très énergivore, pour un individu et un collectif de travail, divisé en deux phases :
Les entreprises “apprenantes” sont celles qui abordent le mieux les transformations organisationnelles, parce que les salariés évoluent dans un cadre de confiance, de partage et de collaboration, où le développement des compétences est déjà pratiqué. Le plus important, pour affronter les transformations organisationnelles, est d’intégrer de nouvelles pratiques ou comportements, et donc, d’apprendre… à apprendre.
Spoil : Dans cet avant dernier épisode, notre duo profite de sa cohérence émotionnelle parfaite pour en apprendre plus sur les transformations organisationnelles et les soft skills mobilisées dans ces situations.
[1] Podcast CULTURE SOFT – Charge émotionnelle au travail : apprendre à apprivoiser ses émotions (épisode 10 – Saison 2)
[2] Podcast CULTURE SOFT – L’intelligence émotionnelle, alliée décisive de l’ensemble de nos compétences (épisode 6 - Saison 1)
[3] Stanislas Dehaene, Professeur au Collège de France
[4] Laurent Bibard, professeur à l’ESSEC Business School
[5] Mireille Blaess, Vice President Human Capital · Voisin Consulting Life Sciences (VCLS)