Podcast CULTURE SOFT – Quelles soft skills pour répondre à la dimension répétitive du travail ? (épisode 8)

Publié le - Mise à jour le

podcast-culture-soft
Voir tous les podcasts

Après la réponse immédiate à la demande [1], c’est au tour de la dimension répétitive du travail d’être explorée. Une situation de travail toujours bien présente, en dépit de l’automatisation des tâches. Pour y faire face, l’attention et la concentration doivent être mobilisées. Quelles sont les autres soft skills nécessaires pour respecter les consignes – autre aspect de la répétitivité des tâches ? Sachant que cette dernière génère une fatigue cognitive importante, qu’il faut apprendre à « moduler ».

Dimension répétitive du travail : plus de productivité et moins de fatigue, vraiment ?

Frederick Winslow Taylor est le fondateur, dans les années 1880, de la méthode du travail industriel, ou travail taylorien, qui divise le travail en tâches simples et répétitives à réaliser. L’objectif du travail taylorien est double : optimiser la productivité, et réduire la fatigue. Ce n’est pas le cas dans les faits puisque, nous le verrons plus loin, la répétitivité des tâches provoque une fatigue cognitive non négligeable. Elle génère aussi une perte de sens, de par l’extrême séquençage des tâches.

L’impact du numérique et de l’automatisation ont transformé les modes d’organisation du travail des entreprises. Ainsi, le taylorisme représenté dans le film de Charlie Chaplin Les temps modernes [2] a, en grande partie, disparu de nos jours. Néanmoins, le travail taylorien est toujours d’actualité dans certains métiers, via la dimension répétitive du travail – comme en témoigne le document de France Stratégie & Pôle Emploi qui sert de socle à la 2e saison de CULTURE SOFT.

De nombreux secteurs et activités professionnelles sont concernés : ouvriers (mécanique, industrie, manutention, textile, bois…), services à la personne ou aux usagers (personnel soignant, agent d’entretien, de sécurité ou gardiennage…). On retrouve également cette répétitivité dans le quotidien des employés de banque et assurances : on parle alors de travail en partie autonome, régulé par des objectifs.

Quelles soft skills mobiliser pour faire face à la répétition des tâches – et pour respecter les consignes ?

La capacité à répéter les mêmes tâches efficacement fait appel à deux soft skills :

  • L’attention, c’est-à-dire l’ouverture à nos sens et à ce qui nous entoure, le fait de capter le maximum d’informations. On peut être attentif à ce que l’on voit, à ce que l’on entend, aux odeurs. L’attention est totalement indépendante de la volonté d’un individu, la moindre distraction peut l’interrompre.
  • La concentration, ou l’attention sélective [3], c’est-à-dire, à l’inverse, le fait de se concentrer volontairement sur une tâche à accomplir. Pendant les moments de concentration, toutes les informations inutiles sont bloquées.

Un exemple très parlant avec le test du gorille invisible [4]. La consigne de l’exercice est simple : compter le nombre de passes effectuées avec un ballon dans un groupe de personnes. Concentrés sur la trajectoire du ballon, près de 50% des participants ne voient pas passer le gorille dans la pièce.

Certaines tâches demandent de la concentration, comme le travail sur une chaîne de montage, et d'autres, comme les métiers du service à la personne, nécessitent plutôt de l’attention. Toutefois, ces deux soft skills doivent parfois se combiner quand l’attention doit laisser la place à la concentration (ou attention sélective).

Quant au respect des consignes, il implique également une soft skill : la rigueur. Celle-ci agit sur la satisfaction personnelle et impacte – positivement - les regards extérieurs, ce qui renforce alors d’autres soft skills : la confiance en soi, ainsi que l’estime de soi. Sachant que la rigueur est liée à une certaine éthique professionnelle, qui génère souvent un plus haut niveau d’engagement - une qualité très recherchée par les recruteurs.

Enfin, réaliser ces tâches répétitives demande de la motivation. Cette dernière, qui peut être intrinsèque ou extrinsèque, repose notamment sur… l’estime de soi, et la rigueur ! La boucle est bouclée.

Quels sont les leviers pour réduire la fatigue cognitive générée par la dimension répétitive du travail ?

La mobilisation de ces soft skills sollicite énormément le cerveau, générant un effort cognitif significatif. D’ailleurs, il n’est pas possible de conserver un très haut niveau de concentration ni d’attention, de façon prolongée. Heureusement, il existe des méthodes pour réussir à maintenir sa vigilance.

Un exemple avec la méthode Pomodoro [5], qui consiste à découper le temps en « rondelles » - comme une tomate ! - ou en segments de 25 minutes chronométrées. Une pause de 5 minutes est effectuée entre chaque section. Le minuteur permet d’externaliser la discipline pour économiser de l’énergie. Ces 25 minutes correspondent à la durée moyenne pendant laquelle le cerveau peut se concentrer sur une chose sans faillir. Cependant, la méthode convient surtout au travail sur ordinateur ou aux postes avec un degré d’autonomie important.

En revanche, quel que soit le métier, il est possible de maintenir un bon niveau de vigilance, et/ou de se rebooster, grâce aux TOP (Techniques d’Optimisation du Potentiel). Ce sont un ensemble de techniques élaborées pour les sportifs de haut niveau et les militaires : étirements musculaires ; respiration contrôlée ou conscientisée (qui permet l’apaisement ou la dynamisation) ; recours à l’imagerie mentale… Avec un atout majeur : ces techniques peuvent être mises en œuvre lors d’un bref temps de pause, bien qu’elles nécessitent au départ un certain « entraînement ».

Spoil : dans cet épisode, il est aussi question de petites victoires, à célébrer ! Et si notre duo convoque un gorille (invisible… vous le savez déjà !), il est surtout au TOP - n’est-ce pas ? Bonne écoute J

 

[1] Le 7e épisode de CULTURE SOFT (saison 2) est à écouter ici.

[2] Les temps modernes, Charlie Chaplin (1936)

[3] Le terme « attention sélective » est utilisé en sciences cognitives par les chercheurs pour désigner la « concentration »

[4] Le test du gorille invisible a été créé en 1999 par Christopher Chabris et Daniel Simons, deux chercheurs en psychologie cognitive de l’université d’Harvard

[5] Technique de gestion du temps développée par Francesco Cirillo à la fin des années 1980

[6] Méthodes mises au point par le Dr Edith Perreaut-Pierre lorsqu’elle était médecin des armées, médecin du sport.

Formations qui pourraient vous intéresser

tealium