Penser autrement : une compétence-pivot dans un monde en mutation

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Halte au conformisme ! Vous le constatez sans doute, l’efficacité et la compétitivité des organisations passent de plus en plus par l’agilité de leurs collaborateurs, leur capacité à prendre des initiatives et à effectuer des « pas de côté », dans un cadre structuré. Cela nécessite de développer certaines compétences cognitives. Pensée critique et hors cadre, prise de recul ou de hauteur : il s’agit de penser autrement pour favoriser l’innovation et faciliter la résolution de problèmes. C’est toute l’ambition d’une formation unique proposée par CSP DOCENDI, que j’ai eu plaisir à co-élaborer.

Par Morgane Barbedienne, responsable des gammes Efficacité & Communication

Penser autrement, c’est sortir des schémas établis pour revivifier ses pratiques ou sa vision

« On ne peut résoudre un problème avec le même mode de pensée que celui qui a généré le problème en question », estimait Albert Einstein. Plus récemment, le slogan Think Different a fait le succès d’Apple. Deux époques, et deux façons différentes d’exprimer le même besoin : celui de penser autrement pour sortir des chemins – trop – balisés afin d’identifier de nouvelles méthodes, pratiques ou leviers d’action.

Or rien n’est plus difficile que d’échapper à des conceptions et comportements ancrés dans nos habitudes – et nos connexions neuronales ! Gros consommateur d’énergie, notre cerveau a tendance à économiser ses ressources en privilégiant ce qu’il sait faire automatiquement. Ce fonctionnement naturel, en grande partie inconscient, cède heureusement le pas au plaisir de la découverte et au goût du défi, qui nous sortent de notre zone de confort en encourageant l’agilité mentale et les « pas de côté ». Une flexibilité bienvenue dans le monde de l’entreprise, devenu non prédictible à bien des égards.

La pensée « critique » et hors cadre, ou comment questionner, expérimenter… se tromper !

Pour aider les équipes à penser autrement, le mode de management joue un rôle crucial : il s’agit, par exemple, d’encourager l’apprentissage autonome, ou de poser les bases d’une émulation collective. Plus globalement, le manager peut promouvoir le questionnement et autoriser l’expression d’avis divergents. L’objectif est ici de passer du stade de l’esprit critique - où l’on se montre attentif, ni naïf ni négatif : on s’interroge - à celui de la pensée critique, où l’on engage un questionnement plus approfondi, ce qui induit de vérifier et d’analyser. On est alors en mesure d’émettre un jugement critique, c’est à-dire de produire une évaluation selon des critères précis, objectifs et solides.

Mais penser autrement, c’est aussi accepter la prise de risque et admettre l’échec ! Ceci au sein d’un cadre aussi sécurisé que possible. L’expérimentation et le droit à l’erreur sont ainsi deux leviers essentiels pour stimuler les idées out of the box. Dans cette perspective, il est important d’encourager l’ouverture d’esprit de ses collaborateurs en misant sur leur curiosité, voire sur leur intuition.

Cette gymnastique cognitive ne s’improvise pas : elle se développe avec la pratique. C’est avec cette ambition que nous avons conçu notre formation « Penser autrement : rester en mouvement pour s’améliorer en continu ». Parce que la prise de recul et la pensée critique sont des soft skills de plus en plus demandées par les organisations ! Au niveau individuel, elles permettent d’être davantage acteur de son travail et de ses missions, en gagnant en autonomie voire en responsabilité. Le programme offre ainsi l’opportunité d’une auto-analyse de son propre « niveau » d’esprit critique, avant de mettre l’accent sur les leviers propices à la prise de recul et à la sortie du cadre.

Et vous, êtes-vous en proie à des biais cognitifs ?

Pour développer la pensée critique, plusieurs qualités se révèlent utiles : l’écoute, la modestie, la curiosité – j’insiste. L’analyse objective d’une affirmation ou d’une croyance repose sur plusieurs comportements-clés : la capacité à s’informer, qui conduit à une évaluation de l’information ; celle de distinguer les faits des interprétations, pour confronter ces dernières et les évaluer à l’aune de plusieurs critères. Émettre un jugement argumenté nécessite donc de faire preuve de rigueur intellectuelle et de sens de l’observation. Quant à la capacité de questionnement, elle est décisive puisqu’elle permet de creuser, de préciser, de clarifier, au lieu d’induire une opinion voire une affirmation déguisée.

Pour y parvenir, il convient également de prendre conscience des biais cognitifs qui nous affectent afin d’en limiter l’impact. L’un d’eux est le biais de conformité, ou « syndrome de Panurge » : il désigne la tendance à mettre de côté son propre raisonnement pour se ranger à l’avis de la majorité, indépendamment du bien-fondé de celui-ci. Un autre, tout aussi puissant, est le biais de confirmation : il incite à privilégier les informations qui valident nos hypothèses ou idées préconçues, au lieu de prendre en compte l’ensemble des données disponibles et d’en évaluer la pertinence.

Penser autrement, c’est chercher à agir autrement

Notre nouvelle méthode met aussi l’accent sur l’émergence d’une pensée commune singulière, notamment en associant des profils créatifs et analytiques. L’ambition est de générer de nouvelles aptitudes de résolution de problèmes[2] en pensant autrement, pour se décentrer du « nœud » opérationnel ou organisationnel de départ. Il s’agit également d’apprendre la prise de recul, en mobilisant une méthodologie adaptée. Se mettre en difficulté, poser des questions moins consensuelles qui poussent dans les retranchements : voilà ce qui permet de révéler le moins attendu, le moins « évident ».

Collaborateurs, managers de proximité, directions générales, entrepreneurs : tous ces publics peuvent tirer un réel bénéfice de leur capacité à penser autrement, en termes d’anticipation comme d’agilité et, bien sûr, de créativité. Un chef d’entreprise gagnera ainsi à prendre du recul pour « évaluer » son marché, développer une vision à long terme et adapter le positionnement de son entreprise. Un atout précieux quand on doit atteindre certains objectifs et relever de futurs challenges. Qu’en pensez-vous ?


[1] La pensée critique est à considérer comme une pensée en action, qui compare, analyse et challenge les affirmations et/ou informations trop souvent acceptées sans réflexion préalable.

[2] Lien à faire avec les conseils sur la résolution de problèmes (transmis mais pas encore publiés)

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