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Publié le - Mise à jour le
Alors que les enjeux environnementaux et sociétaux sont de plus en plus forts, les individus et les entreprises ont un rôle à jouer dans la prise de conscience collective. Quel est le rôle de l’attention à l’autre pour répondre à ces enjeux ? Une culture soft skills est-elle nécessaire pour mettre en place une démarche RSE ? Et enfin, comment convaincre les décideurs économiques de répondre à ces enjeux ? Nicolas Froissard[1], Directeur Général de la Fresque du Climat[2], répond en vidéo.
L'attention à l’autre est un enjeu majeur de ce siècle, soulignant l'importance cruciale de la prise de conscience collective. Cette prise de conscience est considérée comme un préalable indispensable à la résolution des problèmes sociétaux et environnementaux. Dans notre société, les inégalités sont prégnantes, touchant à des domaines comme la question de la parité femme-homme et les défis sociaux à l'échelle nationale et internationale.
Chaque individu, ainsi que les organisations et les entreprises, joue un rôle essentiel dans la poursuite de ces combats pour une société plus juste et équilibrée. La prise de conscience de l'ampleur des problèmes est considérée comme une étape clé pour pouvoir les résoudre efficacement. L'attention à autrui, ainsi qu'à l'environnement immédiat, est une compétence à développer pour mieux gérer les défis quotidiens.
Inspiré par les mots de Gandhi, "sois le changement que tu veux voir dans le monde", le Directeur Général de la Fresque du Climat nous encourage à incarner le changement souhaité. Que ce soit dans la société, l'entreprise, ou le monde en général. Il souligne que la sensibilisation aux problèmes tels que les inégalités et le changement climatique est nécessaire, mais pas suffisante. Le véritable changement requiert un engagement émotionnel et intellectuel, ainsi qu'une discussion et un débat collectifs. C'est à travers ces échanges et cette acceptation des émotions associées aux défis rencontrés que le changement peut s'opérer, tant au niveau individuel que collectif.
Le développement des compétences non techniques, ou "soft skills", est essentiel pour le développement de la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Sans un engagement individuel profond envers le changement, les efforts de RSE pourraient se résumer à du "greenwashing". C'est-à-dire à des actions superficielles sans véritable impact en profondeur.
Le développement de compétences telles que la confiance en soi, la créativité, l'écoute émotionnelle, et la confiance envers les autres est la clé pour répondre efficacement aux défis actuels. Notamment les craintes et incertitudes liées au changement climatique. Ces compétences permettent de mieux gérer les sentiments négatifs et positifs. Et d'adopter une attitude proactive face aux menaces qui pèsent sur divers secteurs d'activité.
L'importance de la prise de conscience et de l’action collective est illustrée par l'initiative de la Fresque du Climat. Cet atelier vise à sensibiliser les groupes, souvent des salariés, aux causes et conséquences du changement climatique. En favorisant une compréhension profonde des enjeux, en encourageant des actions individuelles et organisationnelles, pour une responsabilité accrue.
L'engagement citoyen et le bénévolat sont des sources de bien-être, contrairement à l'idée reçue d'un sacrifice pénible. Ceux qui s'engagent dans des causes sociales ou environnementales éprouvent souvent un sentiment de satisfaction et de bonheur. Le changement est non seulement bénéfique pour la société, mais aussi efficace pour les entreprises, en encourageant les employés à adopter des comportements plus responsables socialement et environnementalement.
Les grands acteurs économiques font face à des défis complexes lorsqu'il s'agit de répondre aux enjeux climatiques. Ils doivent jongler entre la prise de conscience croissante de la nécessité d'évoluer et leurs contraintes de rentabilité, souvent dictées par les exigences des actionnaires. Les dirigeants d'entreprises se retrouvent ainsi tiraillés entre des attentes diverses de leurs parties prenantes.
L’entrepreneur remarque une tendance montante : les entreprises qui ne sont pas exemplaires sur le plan social et environnemental risquent de perdre leur clientèle, dans un futur proche. Les consommateurs deviennent plus attentifs aux pratiques des entreprises qu'ils soutiennent. En parallèle, il devient de plus en plus difficile pour les entreprises qui ne sont pas engagées d'attirer les talents. En particulier parmi la jeune génération, pour qui les questions environnementales et climatiques sont importantes.
Pour faciliter et accélérer cette évolution, l'État pourrait jouer un rôle. En instaurant, par exemple, une évaluation publique de l'impact social et environnemental des entreprises. Cela pourrait inclure des critères objectifs relatifs au traitement des salariés et fournisseurs. Mais aussi à la gestion de l'environnement, du climat et de la biodiversité. Les entreprises pourraient alors être notées sur ces critères, entraînant des incitations ou pénalités fiscales en fonction de leur performance. Bien que l'usage de la contrainte ne soit pas toujours l'approche privilégiée, elle est parfois nécessaire pour accélérer le changement.
Les initiatives, comme celle de la Fresque du Climat, dans le monde de l'entreprise ont le potentiel de sensibiliser et d'engager non seulement les employés mais aussi les dirigeants. En leur permettant de prendre conscience des problématiques environnementales, ce qui est un premier pas essentiel vers le changement.
[1] Nicolas Froissard s'engage depuis 23 ans pour le développement d’une économie sociale et solidaire. Et aujourd’hui à travers l’association La Fresque du Climat.
[2] La Fresque du Climat est une association créée en 2018 par Cédric Ringenbach. Elle encourage la diffusion rapide et à grande échelle d’une compréhension partagée des enjeux climatiques. Pour contribuer à déclencher, au plus tôt, les bascules nécessaires à la préservation du vivant.