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Publié le - Mise à jour le
Contrairement aux idées reçues, chacun de nous peut se montrer créatif dans l’exercice de ses missions professionnelles. Il existe d’ailleurs différentes techniques à mobiliser pour favoriser l’expression d’idées innovantes, au service de la performance et/ou du collectif de travail ! Notre analyse – et quelques sources d’inspiration.
Dans ce cas, il « suffirait » de les modifier pour se montrer plus créatif… Menée par des chercheurs de l’université d’Etat de Washington, une récente étude va plutôt dans ce sens. Ces derniers ont en effet demandé à des salariés, considérés comme des « penseurs conventionnels », d’opérer une réévaluation émotionnelle de la situation avant de proposer des idées. Cette réévaluation visait, par exemple, à remplacer un ressenti de colère ou d’anxiété par un ressenti neutre, voire positif. Les résultats ont confirmé leur impact sur la capacité à exprimer un mode de pensée plus flexible, favorable à la créativité. Moyennant, donc, une certaine aisance dans la reconnaissance des émotions - et de ce qui les motive. Quoi qu’il en soit, comme l’explique la chercheuse Lily Zhu, « la créativité n’est pas quelque chose d’accessible uniquement aux personnes considérées comme créatives. Elle peut bénéficier d’un entraînement. »
Un tel entraînement débute par une prise de conscience de notre potentiel créatif, dont les formes sont multiples. Il existe en effet différents styles de « créatifs » - à nous de découvrir celui qui nous correspond ! Ainsi, l’explorateur a tendance à collecter et analyser les faits. Il est à l’aise pour poser le cadre du problème à résoudre, ainsi que ses tenants et aboutissants. Pour sa part, le conquérant exprime de nombreuses idées. Quant à l’artiste, il est capable de faire des « pas de côté » pour penser différemment et ouvrir le champ des possibles. Idéalement, l’association de ces différents profils représente la formule gagnante d’un collectif souhaitant exprimer des idées, en évaluer la pertinence et sélectionner les plus prometteuses.
Reconnaissons par ailleurs que, bien souvent, nous n’osons pas nous montrer créatifs par manque d’habitude et donc, de confiance en soi… Pour libérer notre potentiel, il va falloir dépasser nos propres blocages, émotionnels comme culturels – par exemple, la peur du ridicule. Pour cela, il s’agit d’abord d’identifier nos freins, puis de repérer ceux qui ont le plus d’incidence sur notre comportement.
Ce travail va contribuer à sortir du mode mental automatique, que nous mobilisons quand nous sommes dans notre propre zone de confort, pour aller vers un mode mental adaptatif, mieux à même de résoudre des défis et de gérer des situations inédites. Ce mode de fonctionnement cognitif va mettre à contribution notre cortex préfrontal, sous-bassement cérébral de la curiosité, de la capacité d’adaptation, de la prise de recul et de la réflexion. C’est cette zone corticale qui permet de trouver des solutions créatives à des situations complexes et inconnues, seul ou en lien avec les autres.
Une approche complémentaire consiste à utiliser les techniques de créativité, dont il existe plusieurs « familles ». Les techniques dites associatives visent l’expression des idées et leur association, comme le permet le mind mapping. D’autres sont dites oniriques, favorisant un état de rêve éveillé pour stimuler la capacité d’imagination. Citons aussi, parmi les plus connues, les techniques analogiques, dont l’ambition est de chercher des solutions dans d’autres domaines, ou latérales - pour encourager le changement de point de vue, à l’image de la méthode des six chapeaux de Bono.
Ce changement de posture et de mode de pensée, complété par le recours à des techniques éprouvées, va nous permettre – à nous-mêmes ou au groupe de réflexion, dans une perspective collective - de suivre un processus en quatre étapes. Durant la phase de préparation, nous allons formuler le problème, décrire la situation de départ et rassembler les données disponibles pour poser de premières hypothèses. Viendra ensuite le temps de l’incubation, soit une gestation largement inconsciente durant laquelle notre cerveau va envisager les différentes solutions et leurs répercussions, en se basant notamment sur les expériences passées et leurs enseignements.
La phase d’illumination - que l’on connaît sous la forme du célèbre Eurêka ! - va permettre d’identifier la solution la plus prometteuse. Une solution qui va devoir être examinée lors de la phase de vérification, qui consiste à tester sa robustesse et son adéquation avec le problème initial. Pour nous y aider, nous pouvons la passer au crible de l’approche PPCO. Il s’agit alors d’examiner : les Plus, le Potentiel, les Contraintes-Craintes-Critiques, et les Options de parade. Ensuite, il ne nous restera plus qu’à défendre notre idée ou solution !
Propice au développement de la créativité, ce cadre général implique une pratique régulière à intégrer pleinement dans notre routine cognitive, afin de démontrer notre aptitude à penser de façon flexible.
>> En résumé :