Quoi de neuf côté accidents du travail et maladies professionnelles ?

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Chaque année, la branche dédiée aux risques professionnels de l’assurance maladie publie les chiffres clés des accidents du travail et maladies professionnelles en France, ce que l’on appelle la sinistralité. L’occasion de faire un point sur les apports principaux de cette étude qui couvre près de 2 millions d’entreprises et 19 millions de salariés et montrent que les risques professionnels étaient responsables de 70 millions de journées perdues en 2021 (soit l’équivalent de 300 000 emplois à temps plein).

Les accidents du travail

Les accidents du travail (ou AT) survenus en 2021 représentent un peu plus de 600 000 accidents ayant entraîné 645 décès. Parmi ces accidents, près de 90 000 sont liés aux trajets effectués pour aller et revenir au travail (8% de ceux-ci concernant des vélos ou trottinettes, un pourcentage en augmentation révélateur de l’évolution de nos modes de déplacement).

Les risques professionnels principaux sont ceux liés à la manutention manuelle (50% des accidents), des chutes de plain-pied et de hauteur (30%) et l’utilisation d’outils à main (9%). La hiérarchie et l’importance relative de ces causes principales sont stables depuis plusieurs années. Les risques psychosociaux (RPS) reconnus en AT sont au nombre de 10 662 en 2021 (dont 25% émanent du secteur médico-social).

Si ces chiffres sont en baisse par rapport à 2019 (année de référence hors Covid), il convient d’être prudent car le chômage partiel et le recours au télétravail en 2021 ont pu fausser la comparaison avec les années précédentes. Néanmoins, cela permet d’établir un indice de fréquence de survenue des accidents à 31 pour 1 000 salariés (contre 33-34 entre 2011 et 2019).

Les maladies professionnelles

Les maladies professionnelles (ou MP) reconnues sont près de 47 400, en baisse également par rapport à 2019. Le taux de MP reconnues par rapport aux MP déclarées est de 64,4%.

Sur le (triste) podium, on retrouve en tête, et depuis plus de 20 ans, les troubles musculosquelettiques (TMS) à 86%, suivi des affections et cancers liés à l’amiante. A noter, au 13 mai 2022, plus de 5 600 ont été déposés pour une reconnaissance du Covid-19 en MP, principalement par des personnels soignants, et près de 2 200 dossiers ont été reconnus.

Enfin, côté RPS, 1 566 dossiers ont été reconnues comme maladies à caractère professionnel. La plupart des RPS était plutôt traités comme des accidents du travail.

Et dans votre établissement ?

Ces chiffres sont importants car ils permettent à l’assurance maladie de piloter les efforts de prévention autour de la prévention des TSM, des risques chimiques et des chutes de plain-pied et de hauteur, trois des sinistres majeurs comme l’ont révélé les chiffres publiés.

Pour le CSE, il est important d’avoir accès au détail de la sinistralité AT/MP afin d’identifier les priorités d’action. Il serait peu surprenant de trouver des similitudes – importance des TMS et accidents liés à la manutention manuelle – mais il serait surprenant de ne pas trouver de programmes de prévention ambitieux pour faire baisser ces chiffres.

Faire le point une fois par an, c’est l’objet du bilan annuels sur lequel le CSE est consulté. L’occasion de transformer cette formalité en véritable moment de réflexion sur les priorités d’action en matière de santé-sécurité.

 

Stéphan Pezé

Consultant-formateur Santé et Sécurité au travail

Auteur de « Les risques psychosociaux : 30 outils pour les détecter et les prévenir »,

Collection « Lire Agir » aux Editions Vuibert

https://www.vuibert.fr/ouvrage/9782311620955-les-risques-psychosociaux

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