Protection solaire au travail : le CSE et les UV

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Protection solaire au travail : le CSE et les UV
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Avec le retour du soleil, les dispositions de prévention refont surface dans les entreprises employant, notamment, des travailleurs en extérieur (construction, agriculture et élevage, etc.). Si les risques associés au soleil et aux UV sont bien connus du grand public, c’est un sujet de discussion moins présent dans l’entreprise. Pourtant, des mesures concrètes sont nécessaires et les membres du CSE peuvent en faire un enjeu à la hauteur des risques encourus. 

Quels sont les risques associés aux rayons UV ? 

Les rayons UV (pour ultraviolet) constituent une composante invisible à l’œil nu de la lumière. Selon leur longueur d’onde, ils sont classés en UVA, B ou C. Les UVC (la plus courte longueur d’onde des UV) sont les plus nocifs mais ils sont filtrés par la couche d’ozone de l’atmosphère, contrairement aux UVB et UVA qui atteignent la surface.

Les UVB ne pénètrent pas au-delà des couches superficielles de la peau. et sont bénéfiques dans une certaine mesure car une exposition modérée permet la synthèse de vitamine D par l’organisme et peut également aider à lutter contre certaines maladies de peau (type eczéma ou psoriasis). Toutefois, ils sont également responsables des coups de soleil. Ces UV sont plus importants entre 11h et 15h mais sont arrêtés par les vitres. 

Les UVA, eux, représentent la majorité du rayonnement atteignant la surface (plus de 90%) et sont constants tout au long de la journée. Ce sont ceux qui pénètrent le plus profondément dans la peau et ils passent également au travers des vitres. 

En cas de forte exposition, les UVA et UVB peuvent tous eux entraîner un risque de vieillissement de la peau, une sécheresse cutanée, des brûlures (les érythèmes ou coups de soleil) et des cancers cutanés. De façon générale, l’OMS attribue la majorité des cancers de la peau au rayonnement solaire. Ils sont également mis en cause dans des maladies oculaires. 

Comment prévenir les risques et protéger les travailleurs ? 

Il y a un paradoxe en matière de protection solaire : la prévention est plutôt bien connue du grand public mais ses messages ne sont pas toujours applicables par les professionnels. Ainsi, de nombreux travailleurs ne peuvent pas éviter une exposition aux heures où le soleil est le plus haut dans le ciel ou encore envisager sérieusement d’appliquer régulièrement de la crème solaire. 

Cela ne doit toutefois pas décourager les membres du CSE d’en faire un sujet dans l’entreprise. Il convient tout d’abord de consulter le document unique de l’évaluation des risques professionnels afin de vérifier que ces risques ont été évalués. Il faut également s’assurer que cette évaluation tient compte du travail réel. Les risques augmentent avec l’intensité du rayonnement solaire reçu et la durée de l’exposition mais il ne faut cependant pas négliger les effets négatifs d’un travail en extérieur par temps froid et ensoleillé ou lors d’un temps couvert en été. En cas d’évaluation absente ou insatisfaisante, une première demande en ce sens peut être faite à l’employeur. 

Ensuite, un débat peut s’engager en CSE sur la politique de prévention spécifique que l’entreprise doit adopter. La priorité doit être de supprimer ou, a minima, de limiter l’exposition aux UV en reportant certains travaux, en travaillant en intérieur quand cela est possible ou encore en demandant à l’employeur d’acheter des équipements pour installer des zones d’ombres (par exemple avec des auvents ou tentes pliables). 

L’organisation du travail peut être modifiée pour privilégier des horaires moins exposés ou prévoir des temps de pause à l’ombre, en particulier entre mai et septembre. Pour certaines professions (comme les conducteurs), on peut envisager l’ajout de filtres sur les vitres des véhicules. 

Il faut veiller à ce que les discussions en CSE ne se limitent pas à demander aux salariés de respecter les consignes de santé publique. Des protections individuelles sont certes envisageables mais doivent s’ajouter – et non se substituer – aux protections collectives. De plus, elles doivent être adaptées et fournies par l’employeur : port de vêtements couvrants, de chapeaux à bords larges et de lunettes de soleil avec protection contre les UV. Un écran solaire (la « crème » solaire) peut également être appliqué régulièrement, en particulier sur le visage, le cou et les mains mais son efficacité sera toujours moindre que le port de vêtements de protection. Enfin, il ne faut pas oublier de demander l’organisation de l’information des travailleurs concernés.

 

Stéphan Pezé 
Consultant-formateur Santé et Sécurité au Travail et QVCT 
Intervenant pour Lefebvre Dalloz Compétences Auteur de Les risques psychosociaux : 30 outils pour les détecter et les prévenir

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