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Publié le - Mise à jour le
Les mutations du monde du travail, principalement tournées vers le bien-être des collaborateurs, ont fait naître de nouveaux modèles managériaux ces dernières années. Un en particulier nous a inspiré, sans doute parce qu'il replace l'humain et la bienveillance au cœur de la relation manager-managé : le management Maori. En quoi consiste-t-il et comment s'en inspirer pour mieux manager ? Réponses.
Lorsque l'on parle de la Nouvelle-Zélande, les premières images qui nous viennent à l'esprit sont souvent celles de paysages à couper le souffle, de plages dorées et de montagnes majestueuses. Peut-être même pense-t-on à l'équipe des All Blacks, dont les performances sur le terrain sont légendaires. Cependant, derrière ces clichés emblématiques se cache une facette moins connue, mais tout aussi remarquable du pays : son engagement résolu envers des pratiques de travail progressistes et innovantes.
Les Néo-Zélandais accordent une grande importance à l'équilibre entre vie professionnelle – vie personnelle et au travail collaboratif. C'est dans ce contexte que trouve racine leur approche unique du management, inspirée par les traditions et les valeurs ancestrales du peuple maori. Des chercheurs d'universités néo-zélandaises[1] ont étudié le management maori et son impact sur la prise de décision.
Ces recherches – reprises récemment dans un article d'Harvard Business Review[2] – mettent en lumière 5 principes fondamentaux de leadership favorisant une prise de décision éclairée.
Premièrement, un bon manager est un manager en bonne santé. Nombreux sont les dirigeants fatigués, épuisés, stressés et au bord de l'épuisement professionnel. Cependant, il est crucial que les leaders s'efforcent d'être des modèles de santé à tous les niveaux, physiquement, mentalement, et émotionnellement. Car des leaders en bonne santé prennent de meilleures décisions, favorisent la croissance des autres, restent calmes et résolus sous pression, et possèdent une intelligence émotionnelle développée.
Dans les communautés maories, le leadership connecté joue un rôle essentiel dans la promotion de l'unité et de la résilience. Les dirigeants connectés reconnaissent l'importance de la relation à l'autre, de la solidarité et du travail d'équipe. En mettant l'accent sur l'appartenance et l'engagement, ils créent un environnement où chaque collaborateur se sent valorisé et encouragé à contribuer au bien-être et à la réussite de l'entreprise.
Les managers Maori doivent également « être clair » – c'est-à-dire honnête, transparents et précis dans leurs indications – « enracinés » et « informés ». En d'autres termes, un bon leader est celui qui comprend et reste fidèle à la culture de l'entreprise, et qui se renseigne avant toute prise de décision.
Quelques pistes, à partir des cinq principes que l'on vient d'évoquer, qui nécessitent de puiser dans nos soft skills.
Tout d'abord, pour « être en bonne santé », autant physiquement que mentalement, il faut y prêter attention et mettre en place des actions afin de la préserver. Par exemple : faire attention à sa posture lorsque l'on travaille à un bureau, prendre des pauses régulières, gérer son stress, veiller à avoir une « bonne connexion », etc.
Ensuite, « être connecté », nécessite de mobiliser des compétences interpersonnelles et relationnelles. Le manager est celui qui tisse les liens entre les membres d'une même équipe. Il doit veiller à créer une relation avec chacun de ses collaborateurs et être vecteur de la cohésion de groupe. Pour cela, il peut mettre en place des entretiens individuels réguliers pour apprendre à connaître son équipe, ainsi que des réunions collectives, formelles ou informelles, où chacun est libre de prendre la parole librement.
Les managers ont également besoin de développer certaines soft skills liées à la communication et à l'écoute : pratiquer l'écoute active et la communication non-violente paraît être un bon début. Mais des qualités telles que l'empathie et la confiance en soi sont par ailleurs requises, notamment parce qu'elles permettent de se remettre en question et de reconnaître ses erreurs. Deux qualités essentielles à tout bon manager.
[1] « Maori Leadership and Decision Making », de Rachel Wolfgramm, Ella Henry, Robert Pouwhare et Chellie Spiller, 2020
[2] « Le management Maori : 5 principes inspirants pour un leadership plus humain », de Thierry Picq, Dimitri Raffoux et Elodie Piaskowski, février 2024