Le flow et sa mécanique, au service de l’épanouissement professionnel

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Le flow et sa mécanique, au service de l’épanouissement professionnel
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Conceptualisé par le psychologue hongrois Mihály Csíkszentmihályi, l’état de flow peut être défini comme une phase d’absorption totale dans une activité. Une immersion pleine et entière qui mobilise plusieurs moteurs cognitifs, et qui peut contribuer de façon significative au bien-être et à la performance dans le monde du travail. Focus sur cet état mental plus que favorable !

Tout comme la prose, le flow est très largement pratiqué 

En effet, chacun de nous a pu en faire l’expérience avec la lecture d’un roman passionnant : cette sensation d’hyper-concentration, de « bulle » attentionnelle dans laquelle seul le livre a sa place, nous rendant insensibles, ou presque, à tout élément extérieur. Ce phénomène est celui de flow - ou flux en français - l’un des concepts majeurs de la psychologie positive depuis les années 1970.

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Quelles sont les six composantes de cet état mental unique ?

L’état de flow est considéré comme un élément essentiel de la créativité et, aussi, comme un contributeur du bien-être. C’est un subtil équilibre entre concentration, engagement et sentiment d’accomplissement, que les chercheurs en psychologie Mihály Csíkszentmihályi et Jeanne Nakamura[1] ont tenté d’objectiver. D’après leurs travaux sur les mécanismes du flux, basés notamment sur les descriptions de cette expérience, il existerait six facteurs contribuant à son émergence : une attention intense et ciblée, pleinement dans le moment présent ; une forme de fusion entre l’action et la vigilance ; une perte temporaire de la conscience de soi ; un ressenti de contrôle sur la situation ; une distorsion de la dimension temporelle ; et un sentiment d’accomplissement, de récompense, lié à l’activité.

D’autres chercheurs ont progressivement enrichi ce canevas, en ajoutant d’autres ingrédients possibles du flow : par exemple, la sensation de pouvoir réussir[2], ou encore la perte temporaire d’intérêt pour les autres besoins essentiels.

Quelle est la place des émotions et de la motivation dans le flow ?

L’état de flux se nourrit de plusieurs leviers cognitifs, qu’il va contribuer à renforcer en retour. C’est notamment le cas de nos émotions. Celles liées au flow sont positives : on ressent de la joie, du plaisir, de la satisfaction. Le flux est, par nature, stimulant et régénérant. La motivation, l’un des principaux besoins de l’être humain, entre également en jeu. En particulier sa forme intrinsèque, qui repose sur l’intérêt pour une activité et la satisfaction liée à sa réalisation.

On sait aujourd’hui que cette motivation, la plus puissante et durable, dépend de plusieurs éléments. D’abord, l’impression d’être maître ou maîtresse de ses actions, comme l’explique la théorie de l’autodétermination. Ensuite, la conviction d’être compétent-e, et donc d’être en mesure de s’engager dans une action. Un second levier, lui aussi en lien avec le maintien de la motivation à agir, correspond au sentiment d’efficacité personnelle, théorisé par le psychologue Albert Bandura. Ce sentiment contribue à la persévérance, elle-même impliquée dans l’émergence du flow.

Il s’agit d’un fonctionnement cérébral spécifique, avec un cocktail de neurotransmetteurs

Les neuroscientifiques n’ont pas manqué de s’intéresser à cet état cognitif particulier. Plusieurs études ont permis de révéler la façon dont notre cerveau s’ajuste quand on est dans le flow. D’abord, le cortex préfrontal – impliqué dans les processus de pensée consciente, de prise de décision et de contrôle de soi – voit son activité se réduire, tandis que les réseaux impliqués dans l’attention focalisée s’activent fortement. Le système limbique est également mobilisé, contribuant à des émotions positives et aux connexions spontanées et créatives entre des éléments, des idées, etc.

Par ailleurs, les ondes alpha du cerveau vont faciliter le flux d’information, fournissant une sensation d’exécution sans effort de l’activité. Plusieurs neurotransmetteurs vont aussi jouer leur partition, comme la dopamine, qui participe au ressenti de bien-être et au processus attentionnel, mais aussi les endorphines, à l’origine de la sensation d’euphorie ou encore la sérotonine, un régulateur émotionnel de premier plan.

Comment mettre à profit le flow dans le monde du travail

Si une passion, comme la peinture par exemple, se prête particulièrement bien à l’expression du flow, l’entreprise peut également être un environnement susceptible de produire cet état mental, qui engage pleinement l’individu dans une tâche. Plusieurs conditions doivent être réunies : d’abord, l’activité doit avoir des objectifs clairs et s’inscrire dans une dynamique de progrès, ce qui va donner un cap et fournir un cadre. Ensuite, elle doit s’accompagner de feedbacks immédiats, permettant d’ajuster le cap si besoin tout en maintenant l’état de flow. Enfin, un juste équilibre est nécessaire entre les challenges perçus associés à l’activité, et le niveau de confiance en ses capacités pour l’accomplir. Dans un contexte de flow, le défi est élevé mais atteignable, et les compétences attendues sont présentes.

D’autres éléments vont contribuer à motiver le collaborateur et favoriser l’état de flow : le fait que l’activité représente un intérêt à ses yeux ; un sentiment d’autonomie, la possibilité de prendre des initiatives ; et, bien sûr, un environnement propice à une attention soutenue.

>> L’essentiel à retenir :

  • Le flow, conceptualisé par des chercheurs en psychologie positive, est un état mental associant hyper-concentration, engagement dans une activité et sentiment d’accomplissement.
  • Les émotions jouent un rôle clé dans le flow, tout comme la motivation intrinsèque qui implique le fait de se sentir maître ou maîtresse de ses actions, et compétent-e.
  • Le fonctionnement cérébral associé au flow comprend le réseau attentionnel, le système limbique, les ondes alpha et plusieurs neurotransmetteurs.
  • Le monde du travail peut contribuer à l’émergence du flow, sous réserve de réunir plusieurs conditions - l’intérêt pour l’activité, des objectifs clairs, un juste équilibre entre le challenge associé à la tâche et les compétences nécessaires pour la réaliser.

 


[1] Pour en savoir plus sur les travaux de Mihály Csíkszentmihályi et Jeanne Nakamura : c’est ici.

[2] On retrouve un schéma identique en matière d’apprentissage / de formation.

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