Retour sur le 31ème rapport de la Fondation pour le logement des défavorisés

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La Fondation pour le logement, anciennement connue sous le nom de Fondation Abbé-Pierre, a publié le 3 février 2026 son 31ᵉ rapport annuel sur l’état du mal-logement en France. Le bilan de ce rapport montre ainsi que durant l’année 2025 la situation du secteur immobilier a continué de se dégrader en France pour des millions de français toujours mal-logés. Voici les chiffres clés et les mesures à envisager pour enrayer la crise du logement en France.

Une crise qui s’aggrave

Selon le rapport mal-logement 2026, près d'1 million de personnes ne disposent pas de logement personnel. Elles sont soit à la rue, soit dans des squats, dans des hébergements d'urgence ou hébergées chez un tiers. Les chiffres du mal-logement sont quasiment tous en hausse par rapport aux années précédentes :

  • 350 000 personnes sans domicile en 2025 (contre 300 000 en 2020)
  • 912 personnes décédées dans la rue en 2024 (+ 16 % par rapport à 2023)
  • 590 000 personnes hébergées chez des tiers (hors parents) en 2020 contre 510 000 en 2013
  • 2,8 millions de foyers en attente d’un logement social en 2025 (+700 000 dossiers en attente par rapport à 2017)
  • 35 % des français ont froid dans leur logement en 2025 (contre 30 % en 2024)

Les indicateurs du mal-logement se dégradent tous. La pauvreté et les inégalités atteignent des niveaux préoccupants, notamment chez les enfants. A la fin du mois d’août 2025, le rapport indique que 2 159 enfants n'avaient pas obtenu de solution d’hébergement après un appel au 115. Parmi ces plus de deux milles mineurs, plus de 500 enfants de moins de 3 ans et 171 bébés de moins de 1 an. Un chiffre en augmentation de + 30 % depuis 2022.

L’hébergement chez un tiers : un mal-logement discret mais en hausse

Assez peu connu car moins visible au quotidien, l'hébergement chez un tiers est pourtant une tendance croissante du mal logement en France. Cette pratique est une conséquence directe de la crise du logement. Les chiffres sont moins nombreux sur cette tendance. Les derniers en date font état de 643 000 personnes qui vivraient en 2013 de façon contrainte chez un tiers, faute de logement personnel. Parmi ces personnes, on retrouve notamment des hommes et des femmes de plus de 25 ans qui ne sont plus étudiants et qui vivent chez leurs parents.

Autre chiffre préoccupant, les personnes hébergées chez des tiers (hors parents). Les chiffres de 2020 montrent que 590 000 personnes sont ainsi hébergées chez des amis, des cousins, tantes, oncles ou chez leurs propres enfants. Une hausse de + 15 % en 7 ans.

Mal-logement en France : des causes multiples

Le rapport met en lumière plusieurs facteurs aggravants la crise du logement en France. La précarité économique d’un côté, avec un nombre croissant de ménages sous le seuil de pauvreté (15,4 % de la population en 2023 selon l’Insee. À cela s’ajoute le ralentissement de la construction de parcs HLM, mais aussi du parc immobilier dans son ensemble. Le rapport du mal-logement 2026 montre ainsi que moins de 100 000 logements sociaux ont été financés en 2020 contre 124 000 en 2016. Toutefois, l’année 2025 montre une légère accélération. Le nombre de logements sociaux passe ainsi à 95 000 contre 85 000 en 2024.

D'autres facteurs comme la vétusté de certains logements étiquetés G qui, depuis le 1er janvier 2025, ne peuvent plus être mis en location réduisent encore plus le nombre d’habitations disponibles sur le marché. Il en va également de la demande qui augmente parallèlement à l'augmentation de la population, mais qui fait face à une pénurie toujours plus importante de logements.

Le rôle des collectivités locales et de l'Etat

Le rapport consacre un chapitre aux marges de manœuvre des élus communaux. Même dans un contexte national peu favorable, les collectivités peuvent agir. Plusieurs leviers sont ainsi identifiés :

  • Déployer le plan Logement d’abord, qui vise à prioriser l’accès direct à un logement stable pour les personnes en grande précarité.
  • Respecter la loi SRU en planifiant la construction de logements sociaux là où la demande est la plus forte.
  • Lutter contre la précarité énergétique et l’habitat indigne, notamment en accompagnant les ménages pour améliorer leurs conditions de vie.
  • Encadrer les meublés touristiques et réguler les loyers afin de rétablir un certain équilibre sur le marché immobilier.

Ces interventions locales, combinées à des mesures nationales comme le respect de la loi DALO, la construction de davantage de logements sociaux ou encore l'officialisation de l'hébergement chez des tiers devraient aider à freiner la crise du logement.

Le 31ᵉ rapport du mal-logement 2026 en France dépeint ainsi un état des lieux préoccupant de la situation. Face à ces défis, la Fondation pour le logement propose des mesures clés mais agit aussi en interpellant directement l’Etat. La Fondation a d’ailleurs entamé le 13 février 2025 deux recours pour rappeler l’État à la loi.

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