Monde du vivant : des mécanismes à adopter par les entreprises ? – Emmanuelle Joseph-Dailly répond en vidéo

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Avez-vous déjà entendu parler du don écosystémique ? Savez-vous quel type d’émotions le rat partage en tout premier lieu ? Si vous avez répondu par la négative, l’interview vidéo d’Emmanuelle Joseph-Dailly[1] tombe à pic ! Elle y reprend de nombreux exemples issus de son livre, La Stratégie du Poulpe, dans lequel elle témoigne des pratiques inspirantes du monde du vivant. Quel rapport avec le modèle organisationnel de l’entreprise et/ou les relations humaines qui s’y jouent ? Cliquez sur PLAY. 

 

1 – Approche holistique et biodiversité / monde du vivant : deux leviers d’évolution pour les entreprises ?

Quand on parle d’engagement, de leadership[2] ou de prise de décision, une approche holistique des organisations s’avère indispensable, ainsi qu’un regard systémique. En effet, la capacité à adresser des sujets multiples, dans leur complexité et avec toute la finesse requise, dépend de la vision globale que l’on peut avoir des individus dans l’organisation. 

Dans son ouvrage La Stratégie du Poulpe publié aux éditions Eyrolles, Emmanuelle Joseph-Dailly a voulu traiter l’entreprise comme un écosystème, à l’image de tous ceux que l’on trouve sur notre planète. Sachant que l’entreprise est un système composé d’êtres humains qui communiquent, se synchronisent et interagissent avec leur environnement. Le décentrage du regard qu’elle propose – du monde du vivant vers les organisations - peut être utilisé dans les démarches de responsabilité sociale et environnementale (RSE) mais aussi, dans une perspective d’innovation ou RH - et dans le cadre du management.

Pour expliquer son désir d’hybridation des modèles et son goût des approches transversales, Emmanuelle Joseph-Dailly évoque son parcours, qui l’a conduite du monde de la recherche à celui de l’entreprise, depuis une quinzaine d’années maintenant.  

 

2 – Que peuvent apprendre les « soft skills » du poulpe aux organisations ?

Si l’autrice a fait du poulpe l’emblème de son ouvrage, c’est pour le caractère quasi magique de cet animal. Très présent dans la littérature où il suscite la peur, il a su gagner en sympathie auprès du grand public et se décline désormais en émoticônes ou en peluches ! Avec son sang bleu et les millions de capteurs sensoriels dont il dispose sur ses tentacules, il a indéniablement de quoi fasciner. Et intéresser les organisations par le biais de leurs managers et collaborateurs : n’avons-nous pas nous-mêmes perdu la capacité à être proches de nos sens ?

Autre particularité à laquelle toute entreprise peut se montrer attentive : la « décentralisation » dont fait preuve le poulpe, doté de mini-cerveaux dans ses tentacules, pilotés par un cerveau central. Emmanuelle Joseph-Dailly souligne à cet égard que ces sortes de mini-cerveaux peuvent prendre des initiatives autonomes... Et que dire de sa résilience ? Même amputé d’un tentacule, le poulpe est en mesure de se « réparer » ! Il est ainsi capable d’apprendre puis de désapprendre, de se renouveler et de se reconfigurer autrement.  

 

3 – De quels comportements, issus du monde du vivant, devrions-nous nous inspirer ?

Emmanuelle Joseph-Dailly prend plusieurs exemples, dont celui de notre rapport au temps. Nos organisations sont entrées dans un cycle d’instantanéité, avec des professionnels auxquels on demande d’aller toujours plus vite – comme des hamsters courant dans une roue. La difficulté à accorder des temps de récupération, des moments de respiration, représente sans doute l’un des points d’achoppement majeurs au sein des entreprises. Or le monde du vivant sait très bien le faire ! Ainsi, le tardigrade illustre la capacité à changer de rythme ou, plus exactement, à se reconstituer après un changement de rythme. Cet animal est dit extrêmophile car il résiste au vide spatial, aux rayons X ou ultraviolets, à des températures de plus ou de moins de 150 degrés… Et il peut « revenir à la vie » après avoir été congelé, à condition qu’on le réhydrate !

Sans aller jusque-là, l’univers du sport a très bien compris que, pour viser la performance, il fallait adopter des temps d’arrêt, pour récupérer. À ce jour malheureusement, le monde de l’entreprise ne dispose pas du même niveau de maturité. Jusqu’à quand laissera-t-on les salariés s’épuiser dans leurs « roues » ?


[1] Anthropologue de formation, Emmanuelle Joseph-Dailly est consultante, coach, formatrice et conférencière. Autrice, elle est membre des communautés d’experts HBR et APM. Elle enseigne également en grandes écoles.

[2] Pour en savoir plus sur les leviers du leadership : découvrez notre formation dédiée pour développer son leadership.

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