Aucun produit dans votre panier.
Aucun produit dans votre panier.
Publié le - Mise à jour le
Former, ce n’est pas seulement transmettre des connaissances : c’est éveiller la curiosité, stimuler la mémoire et susciter l’envie d’apprendre. Face à la fatigue cognitive et au surplus d'informations inhérents à notre monde moderne, il devient urgent de repenser nos méthodes pédagogiques. Docteure en psychologie cognitive et directrice de la pédagogie et de la transformation digitale chez Lefebvre Dalloz Compétences, Aurélie Van Dijk partage, dans cette interview vidéo, sa vision de l’apprentissage. Une approche nourrie par les neurosciences, ouverte aux innovations technologiques et convaincue que le jeu et le plaisir peuvent devenir de puissants leviers de formation.
Apprendre, c’est avant tout une question de connexions. Comme le rappelle Aurélie Van Dijk, notre cerveau dispose d’une incroyable plasticité : les neurones se lient entre eux, leurs connexions se renforcent ou s’affaiblissent en fonction des apprentissages et de leur réactivation. Plus un savoir est mobilisé dans la durée, plus les « chemins neuronaux » se creusent, facilitant ainsi la mémorisation.
De plus, les neurosciences permettent de déconstruire certains mythes encore tenaces, comme celui des « styles d’apprentissage ». Si chacun peut avoir des préférences – visuelles, auditives ou kinesthésiques – il serait contre-productif de focaliser l'apprentissage sur un seul canal sensoriel. La clé, selon Aurélie Van Dijk, réside dans la diversification : multiplier les supports, varier les modalités et combiner explications, schémas, exemples concrets ou encore slogans pour laisser une trace plus profondément ancrée dans la mémoire de l’apprenant.
Les neurosciences nous rappellent également l’importance du facteur émotionnel. L’attention et la consolidation des apprentissages sont renforcées lorsque l’expérience pédagogique suscite une émotion – qu’elle surprenne, engage ou stimule. C’est d’ailleurs l’un des piliers de la signature pédagogique développée par Lefebvre Dalloz Compétences : générer de l’engagement, activer les émotions, favoriser la collaboration et assurer le transfert des acquis dans la pratique professionnelle.
En 2025, l’innovation pédagogique ne se limite plus seulement aux outils utilisés : elle se joue dans la capacité à concevoir des parcours véritablement multimodaux. Vidéos, podcasts, microlearning, classes virtuelles ou présentiel… Selon Aurélie Van Dijk, toutes ses modalités doivent être mixées pour répondre à un objectif pédagogique précis. Cette diversité favorise la réactivation des contenus dans la durée et contribue à maintenir l’engagement des apprenants.
Autre tendance forte : le marketing de la formation. Trop souvent négligé, il permet pourtant de donner envie d’apprendre et de faire en sorte que chaque participant reconnaisse ses propres besoins dans l’offre qui lui est proposée. Un travail collectif qui réunit équipes pédagogiques et marketing pour positionner la formation comme une expérience sur-mesure, pertinente et attractive.
Impossible enfin de parler d’innovation sans évoquer l’intelligence artificielle. Outil de conception ou d’animation, l’IA joue désormais le rôle d’assistant pédagogique : génération d’idées, élaboration d’exercices, création de quiz, de cartes mentales ou encore de contenus visuels et vidéo. Mais son potentiel ne s’arrête pas là. En favorisant l’adaptive learning, elle ouvre la voie à des parcours de formation individualisés, capables de s’adapter en temps réel aux besoins et au niveau de chaque apprenant. Pour Aurélie Van Dijk, l’enjeu est clair : rester en veille permanente afin d’intégrer les bons outils au bon moment, dans une logique d’accompagnement toujours plus active et personnalisée.
Pour Aurélie Van Dijk, la réponse est claire : oui, à condition que le jeu conserve une intention pédagogique forte. La gamification et les serious games ne consistent pas simplement à rendre la formation « fun », mais à concevoir des dispositifs où chaque mécanique ludique (énigmes, points, niveaux, avatars ou cadenas numériques) est mise au service d’un objectif d’apprentissage précis.
L’intérêt du jeu réside dans sa capacité à susciter des émotions, à renforcer la collaboration et à plonger les apprenants dans un univers stimulant. Mais il repose aussi sur le talent du formateur qui est chargé de clarifier les règles, de maintenir la dynamique de groupe et de transformer l’activité en véritable expérience d’apprentissage.
La ludopédagogie peut prendre de multiples formes. Du détournement de jeux existants comme le Time’s Up à l'utilisation d’outils numériques interactifs, en passant par des techniques d'immersion dans des contextes atypiques – théâtre, nature, lieux insolites – elle vise à ancrer durablement les acquis. Au-delà du plaisir immédiat, l’objectif est toujours le même : générer des émotions et créer une expérience mémorable, propice à l’engagement et à la mémorisation.