L’impossibilité d’annuler une mise à pied pour prononcer un licenciement

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Limites du Pouvoir Disciplinaire de l'Employeur : Le Cas de la Mise à Pied Disciplinaire

L'arsenal disciplinaire à la disposition de l'employeur pour répondre à un comportement fautif d'un salarié doit être mis en œuvre avec prudence et conformément aux procédures en vigueur. Ceci inclut la convocation à un entretien préalable, et la notification formelle de la sanction disciplinaire qui doit comprendre les motifs précis de la mise à pied, ainsi que sa durée.

La question de savoir si l'employeur peut, après avoir notifié une mise à pied disciplinaire, l'annuler unilatéralement pour se réorienter vers un licenciement pour les mêmes griefs a fait l'objet d'une clarification par la Cour de cassation. Dans son arrêt du 14 novembre 2013, la Cour de cassation a pris position contre la cour d'appel de Versailles, qui avait initialement accepté cette procédure.

Impossibilité de Reconversion d'une Sanction Disciplinaire en Licenciement

La Cour de cassation a rappelé que le pouvoir disciplinaire de l'employeur est considéré comme épuisé une fois que la première sanction est notifiée. En vertu de ce principe, l'employeur ne dispose pas du droit d'abroger unilatéralement la sanction dans le but d'imposer une mesure plus sévère pour le même fait fautif. Ainsi, une fois la mise à pied disciplinaire prononcée, la voie du licenciement pour les mêmes motifs n'est plus ouverte, ce qui préserve le droit du salarié à ne pas être sanctionné deux fois pour une même faute (référence : Cass. soc., 14 novembre 2013, n° 12-21.495).

Rédigé par Olivier Bach, avocat associé chez Yramis avocats, cet arrêt établit un cadre strict sur l'évolution possible des sanctions disciplinaires et exige des employeurs une délibération mûrement réfléchie avant toute notification de sanction.

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