Le droit des successions en France s'articule autour de la transmission du patrimoine d'une personne décédée à ses héritiers, ponctué d'une série d'étapes clés. Ce processus implique le règlement des droits de succession et une répartition minutieuse des biens matériels et immatériels. Quels sont les types de successions prévus par la loi française ? Quels sont les droits de succession à régler et quelle est leur importance ? Comment s'effectue le partage des biens entre les différents héritiers et quels sont les points essentiels à considérer ? Décryptage du droit des successions en France !
Ce qu'il faut retenir
- Types de transmission : La succession s'organise soit selon la loi (ab intestat), soit selon la volonté du défunt via un testament, tout en respectant la réserve héréditaire (part minimale revenant obligatoirement aux enfants).
- Option successorale : À l'ouverture, chaque héritier dispose de trois choix (l'option successorale) : l'acceptation pure et simple, l'acceptation à concurrence de l'actif net (pour éviter de payer les dettes au-delà de l'héritage) ou la renonciation.
- Étapes clés : Le règlement passe par l'acte de notoriété (pour identifier les héritiers), l'inventaire du patrimoine (biens et dettes) et enfin le partage (qui met fin à l'indivision entre les héritiers).
Qu'est-ce que le droit des successions en France ?
Droit des successions en France : définition
Le terme succession désigne le fait de transmettre le patrimoine d'une personne décédée à des personnes morales que l'on appelle également les héritiers. En France, le droit des successions représente une branche du droit privé. Son rôle est d'organiser la transmission des biens d'une personne décédée. Lorsque les biens ont été répartis entre les différents héritiers, les personnes ayant bénéficié d'une succession doivent effectuer une déclaration auprès du service des impôts.
À ce moment-là, les droits de succession en France doivent être réglés directement auprès de l'administration fiscale. Ils se basent sur la part nette qui revient à chaque héritier. Il ne faut d'ailleurs pas confondre la donation avec la succession. En effet, la donation est effectuée par une personne de son vivant tandis que la succession s'effectue à la suite d'un décès.
Quels sont les différents types de successions ?
Les successions légales
La succession légale est régie par le Code civil français. Ce type de succession est mis en œuvre dans le cas où le défunt n'a pas prévu la répartition de son patrimoine à ses différents héritiers. On nomme les héritiers légaux les personnes qui reçoivent une partie ou tout de la succession du défunt. Parmi ces héritiers légaux, on retrouve en premier lieu les enfants ainsi que le conjoint survivant de la personne décédée.
Les testaments
Une succession testamentaire est une manière pour un défunt d'exprimer ses volontés et de répartir son patrimoine en fonction de ses différents héritiers qui sont également appelés les légataires. Dans le cadre d'une succession avec un testament, il existe une réserve héréditaire. Cette dernière est un moyen pour les défunts de protéger certains membres de leur famille.
Les donations
Cette typologie de succession intervient uniquement du moment du vivant du donateur. Ce dernier a la liberté de donner n'importe quel bien faisant partie de son patrimoine à n'importe quel individu. À noter qu'on applique généralement le même barème pour les droits de succession et les droits de donation en France.
Qui sont les personnes soumises au droit des successions ?
Toutes les personnes qui héritent de biens par le biais d'une transmission de patrimoine successoral doivent payer des taxes sur la succession. Néanmoins, les personnes qui ne sont pas domiciliées en France au moment du décès ou si elles n'ont pas résidé en France pendant au minimum 6 années au cours des 10 années précédant le décès ne sont pas obligées de payer des frais de succession.
Quelles sont les étapes d'une succession en France ?
Établissement de l'acte de notoriété
La première étape d'une succession consiste en l'établissement de l'acte de notoriété par le notaire. L'acte de notoriété permet d'effectuer la liste des personnes concernées par la succession. Le notaire recueille toutes les informations nécessaires pour lister les personnes proches du défunt au travers de documents tels qu'un livret de famille ou un contrat de mariage.
Effectuer l'inventaire du patrimoine du défunt
Dès lors que le notaire a déterminé les personnes à contacter dans le cadre de cette succession, il passe à l'étape de l'inventaire complet du patrimoine du défunt. Cet inventaire doit prendre en considération les valeurs mobilières, le mobilier, les immeubles, mais également les données des différents comptes bancaires du défunt. Le but étant de calculer le passif et l'actif du défunt pour répartir par la suite les biens matériels et immatériels aux héritiers.
Le partage des biens de la succession
Une fois que l'inventaire est terminé, il est possible de passer à la dernière étape de la succession qui consiste en le partage des biens entre les différents héritiers. Ces derniers peuvent décider de ne pas partager en optant pour le statut de l'indivision. Néanmoins, ils peuvent choisir de partager les biens dans le cas où ils jugent l'indivision trop contraignante pour eux.
Selon la loi, les héritiers peuvent décider d'accepter ou de refuser une succession, notamment lorsque le défunt possède des dettes importantes. Enfin, il est important de noter également que les droits de succession doivent être acquittés lors du dépôt de déclaration de succession. La plupart du temps, cette tâche est confiée au notaire.
Comment fonctionne le droit des successions en France ?
Le calcul des droits de succession
Comme nous l'avons précisé un peu plus haut, de manière à pouvoir obtenir leur part de la succession, les héritiers doivent s'acquitter d'une taxe mise en œuvre par le droit des successions en France. Cette taxe est calculée en fonction d'un barème établi par l'État. Il s'agit d'un barème progressif établi par tranches. Chaque héritier est dans l'obligation de payer des droits calculés en fonction de la part nette de la valeur du patrimoine qui lui a été transmis. Le calcul des biens diffère en fonction de la typologie des biens légués. Par ailleurs, il arrive que des situations donnent lieu au recalcul des droits de chacun.
Zoom sur l'exonération des droits de succession
Certaines personnes peuvent bénéficier d'une exonération des droits de succession en France selon leur réciprocité avec le défunt. Pour vous donner un ordre d'idée, le conjoint survivant, mais également le partenaire de PACS n’est plus dans l'obligation de payer de taxe sur la succession depuis l'année 2007. En tant que frère ou sœur du défunt, vous pouvez aussi bénéficier d'une exonération. Il est important de préciser également que certains biens appartenant au patrimoine du défunt sont exonérés de taxes selon le droit successoral. C'est notamment le cas des logements neufs, des entreprises, mais également des terres agricoles.
Fiscalité et droit de succession
Afin d'optimiser sa transmission de patrimoine, il existe des montages financiers permettant de diminuer le montant des taxes sur la succession. Le meilleur moyen de préparer sa succession consiste à avoir recours à la donation de son vivant. D'autres personnes optent pour la transmission de patrimoine via leur assurance-vie ou bien un compte-titre ordinaire. Ces types de placements sont particulièrement intéressants, car ils évitent de devoir payer des frais de succession en France.