Aucun produit dans votre panier.
Aucun produit dans votre panier.
Publié le - Mise à jour le
Dans le cadre des missions classiques du CSE, la prévention des risques professionnels occupe une place importante. Certains accidents du travail sont cependant plus difficiles à prévenir que d’autres car leurs causes paraissent très éloignées voire déconnectées du travail. C’est le cas des malaises au travail dont certains peuvent être mortels.
D’après l’Institut Nationale de de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) , plus de la moitié des accidents du travail mortels sont des malaises. Etant donné leur nombre, il semble nécessaire de mieux les connaître pour dessiner des pistes de prévention.
L’INRS a identifié que 18,2% de ces malaises mortels touchaient les conducteur de poids-lourds. Reflet du tissus économique français, 90% de ces malaises ont lieu dans des entreprises de moins de 250 salariés. Les victimes sont très majoritairement des hommes de 51 ans de moyenne d’âge (la plus jeune ayant 24 ans et la plus âgée 71). Ces malaises surviennent durant le travail et lorsque la victime est seule dans 3 cas sur 4 ; celles-ci décèdent sur le lieu de travail dans 80% des cas.
Une partie de ces malaises est due à des troubles et maladies cardiovasculaires ou à un accident vasculaire cérébral (AVC). Ces maladies et troubles sont multifactoriels.
Des facteurs professionnels peuvent être associées à ces malaises et accidents comme des facteurs psychosociaux (générateurs de stress intense et chronique) ou le travail de nuit dont l’influence probable est reconnue. On suspecte également, sans que cela fasse l’objet d’un consensus, la sédentarité (immobilité prolongée et déficit d’activité physique). Les ambiances thermiques (comme les coups de chaleur) jouent également un rôle, comme certains produits chimiques, le bruit ou encore les rayonnements ionisants.
A ces facteurs organisationnels s’ajoutent de nombreuses autres causes potentielles et qui sont en dehors du champ de la prévention des risques professionnels, en particulier les facteurs de risques individuels (par ex. tabagisme, obésité, diabète, manque d’exercice physique, etc.) ou plus généraux (par ex. pollution de l’air).
En matière de prévention, les membres du CSE peuvent demander à l’employeur d’intégrer davantage, dans l’évaluation des risques professionnels, l’évaluation des situations susceptibles d’entrainer un malaise mortel : situations de travail physique intense, exposé à la chaleur ou en horaires atypiques, en particulier pour les salariés isolés.
Les membres du CSE peuvent également dialoguer avec le service de santé au travail des conditions de l’instauration d’un suivi spécifique de certains travailleurs considérés comme les plus à risque (par exemple, les plus de 50 ans affectés à certains postes pénibles et/ou isolés).
En cas de survenue d’un malaise, un autre axe peut être exploré par les représentants du personnel : la formation adéquate du personnel, et notamment les sauveteurs-secouristes du travail, à reconnaître un malaise et aux mesures spécifiques à appliquer le cas échéant (ce qui interroge également le matériel dont ils ont besoin pour intervenir – par ex. défibrillateur automatisé – ou encore pour prévenir – par ex. téléphone portable).
Enfin, après un malaise dans l’entreprise – qu’il soit mortel ou non – les membres du CSE et/ou de la CSSCT peuvent réaliser une enquête conjointe avec l’employeur en vue d’améliorer les conditions de prévention et de gestion de ces malaises. En parallèle, la mise en place d’un accompagnement psychologique pour les témoins et collègues proches est également recommandée.
Stéphan Pezé Intervenant Santé et Sécurité au travail pour Lefebvre Dalloz Compétences