Dans son rapport annuel « Faits et chiffres » l'INRS fait le point sur ses orientations 2018-2022. L'Institut y détaille ses modalités d'action, les faits marquants de 2022 et ses prochains défis santé-sécurité au travail.
Comme chaque année, l’INRS a récemment publié son rapport d’activité « Faits et chiffres 2022 » en matière de SST. Grâce à une sélection des actions mises en œuvre sur l’année 2022, l’Institut présente, au sein du document, son rôle ainsi que son engagement envers les entreprises et leurs salariés.
Quatre modes d’actions complémentaires
Avec 579 collaborateurs et un budget de 79 millions d’euros, l’INRS agit au service de 2,2 millions d’établissements et 18,4 millions de salariés dépendant du régime général de la Sécurité sociale. Pour cela, l’organisme déploie quatre modes d’actions complémentaires en faveur de la SST :
- l’assistance : 27 300 demandes externes traitées ;
- les études et la recherche : 90 programmes conduits, 142 publications et 187 communications orales ;
- la formation : 1,2 million de stagiaires ;
- l’information : 8 millions de visites sur le site internet de l’INRS, 13 manifestations en présentiel et à distance rassemblant 10 500 participants.
Orientations 2018-2022
Grâce à ses quatre modalités d’actions, l’INRS a pu contribuer à la réalisation de la Convention d’objectifs et de gestion de la branche AT/MP avec son plan stratégique 2018-2022.
Ce dernier comportait :
- trois orientations générales :
- poursuivre la promotion de la culture de la prévention et l’amélioration de la SST au sein des entreprises,
- développer des connaissances, des méthodes et des outils adaptés aux besoins de l’ensemble des entreprises et de leurs salariés tout en restant à l’écoute des évolutions du monde du travail pour mieux anticiper les risques émergents,
- consolider le rôle d’expertise de l’INRS auprès du réseau de prévention, des pouvoirs publics et des acteurs de la prévention ;
- quatre programmes de prévention : risques chimiques (CMR, nanoparticules, fibres, etc.), risques physiques et mécaniques (bruit, chutes, vibrations, etc.), risques liés à l’organisation et aux situations de travail (RPS, TMS, nouvelles formes d’emploi, etc.), risques biologiques (bactéries, virus, zoonoses, etc.) ;
- cinq thématiques focus en SST : aide et soin à la personne, industrie du futur et prévention, impact des technologies de l’information et de la communication, polyexposition au travail, reproduction et travail.
À titre d’exemples, sur la période 2018-2022, l’INRS a outillé les entreprises sur des situations de travail émergentes ou complexes telles que le développement de la robotique collaborative et des exosquelettes, les nouvelles organisations du travail ou encore l’exposition à des perturbateurs endocriniens. L’Institut a dû composer avec la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 en mettant en place des démarches de prévention répondant à ces enjeux (masques, ventilation des locaux, organisation du travail, etc.).
Faciliter l’appropriation de la réglementation
Le rapport revient également sur les faits marquants de l’année 2022 concernant :
- les risques biologiques : réalisation de mesures de performance réelle d’épurateurs d’air intérieur, mise en garde sur les besoins d’ajustement des masques FFP2 ;
- les risques chimiques : surveillance de la technologie des batteries au lithium, amélioration de la prise en compte des allergies professionnelles, renforcement de la prévention des risques liés à la fabrication additive (impression 3D), innovation pour les préleveurs d’aérosols semi-volatils, pérennisation du logiciel Seirich pour une évaluation concrète des risques chimiques ;
- les risques liés à l’organisation et aux situations de travail : interrogation et action sur les RPS, mise en garde sur le harcèlement sexuel et les agissements sexistes, prise en compte de l’enjeu de santé du travail sédentaire, travaux d’études sur l’hyperconnexion et la surconnexion ;
- les risques physiques et mécaniques : renforcement de la vigilance sur les chutes de plain-pied, recherches sur les troubles de l’audition pour les professionnels du spectacle et du divertissement, intégration du risque invisible du radon dans la prévention des risques professionnels, analyse de l’influence ergonomique des robots d’assistance physique.
L’INRS a aussi permis, sur 2022, de faciliter l’appropriation par les professionnels de la réglementation relative à la SST via une assistance juridique à destination des entreprises.
Enfin, grâce à la réalisation de plusieurs exercices prospectifs, l’INRS a pour objectif d’anticiper les risques de demain. Deux exercices ont été menés en 2022 et ont tenté de répondre aux problématiques suivantes : quels seront les facteurs déterminants des mutations de la filière du bâtiment dans les années à venir et les implications possibles de la construction de demain en termes de risques professionnels ? Et quelles perspectives sont portées par l’intelligence artificielle face aux enjeux de SST à l’horizon 2035 ?
Laura Guegan