L'influence des hormones sur le cerveau et le développement des soft skills

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Véritables messagers chimiques, les hormones orchestrent une multitude de fonctions corporelles essentielles. Mais que sont les hormones exactement, et comment influencent-elles notre cerveau et nos comportements ? Ont-elles un impact sur le développement de certaines soft skills ? Éléments de réponses, basés sur plusieurs études et paroles d'experts. 

Que sont les hormones et comment fonctionnent-elles ? 

Dopamine, endorphine, ocytocine, cortisol, testostérone ou encore adrénaline… Ces termes vous parlent forcément : ce sont des hormones. Mais comment les définir, et quel rôle jouent-elles dans notre corps – notamment dans notre cerveau ? 

Les hormones sont des transmetteurs biochimiques. Elles jouent un rôle crucial dans la régulation de nombreuses fonctions corporelles, agissant comme des messagers chimiques qui circulent dans le sang pour influencer diverses cellules et organes. Plus précisément, les hormones se forment dans les cellules glandulaires de l'organisme et du système endocrinien, telles que la thyroïde, les glandes surrénales, le pancréas, les gonades (ovaires et testicules), et l'hypophyse, situé à la base du cerveau. Une fois produites, les hormones voyagent dans le sang jusqu'à atteindre leurs cellules cibles avec lesquelles elles se lient, entraînant une série de réactions biochimiques. Leur rôle premier est de réguler une multitude de fonctions corporelles, de la croissance, à la nutrition, en passant par la reproduction ou encore l'humeur. 

De nombreuses études ont été – et sont encore – menées, partout autour du globe, afin de comprendre l'impact des hormones sur notre cerveau et nos facultés cognitives.

Relations et prise de décision : quand les hormones s'en mêlent… 

Dans un épisode du podcast On n'est pas des robots, Guillaume Attias, expert en neurosciences et sciences cognitives, revient sur le rôle des hormones dans nos prises de décision et nos relations avec les autres. Il détaille notamment l'effet de l'ocytocine, une neurohormone sécrétée par le cerveau et qui se diffuse ensuite dans le corps. Également appelée « hormone de l'amour », en raison de son rôle dans la formation des liens sociaux, de l'attachement entre les partenaires, et des comportements maternels et sociaux, l'ocytocine joue un rôle souvent méconnu sur le développement de nos soft skills. En effet, l'empathie, la confiance en soi ou encore l'intelligence émotionnelle sont des compétences impactées par les effets physiologiques de l'ocytocine. En milieu professionnel, cette hormone est bénéfique pour favoriser la bienveillance, l'harmonie et la coopération entre les individus. 

Mais d'autres hormones influencent aussi nos comportements au travail. C'est le cas notamment de la dopamine, une hormone liée au système de récompense du cerveau. Elle est libérée lors de situations agréables et motivantes, influençant ainsi nos décisions en nous incitant à rechercher des expériences gratifiantes. La sérotonine joue un rôle clé dans la régulation de l'humeur. Des niveaux adéquats de sérotonine sont associés à des sentiments de bonheur et de satisfaction, tandis que des niveaux faibles peuvent conduire à la dépression et à l'anxiété. La sérotonine influence également notre comportement social, notamment notre capacité à gérer les conflits et à établir des relations harmonieuses. Et puis, l'adrénaline et le cortisol sont des hormones de stress libérées en réponse à des situations stressantes. Elles préparent le corps à réagir rapidement (réaction de combat ou de fuite), mais peuvent aussi affecter la prise de décision en augmentant l'anxiété et la vigilance.

Cycle menstruel et capacités cognitives : les études se suivent, mais ne se ressemblent pas 

Si l'effet des hormones – au sens large du terme – sur le cerveau questionne les scientifiques, c'est bien les hormones sexuelles qui sont au centre des réflexions ces derniers temps. Plusieurs études ont été réalisées ces dernières années afin de déterminer si les capacités cognitives des femmes étaient impactées par le cycle menstruel. Et à chaque étude, un résultat… parfois bien différent du précédent. Explications. 

Des chercheurs de l'Institut du sport, de l'exercice et de la santé de l'University College London, au Royaume-Uni ont recruté 214 volontaires, dont 105 femmes menstruées, 47 femmes sous contraception et 96 hommes, et ont soumis chaque participant à une série de tests cognitifs en ligne, deux fois à 14 jours d'intervalle. Les résultats montrent qu'il n'y avait pas de différence significative entre les hommes et les femmes en général. Cependant, les femmes menstruées ont obtenu de meilleurs résultats pendant la phase de menstruation par rapport aux autres phases de leur cycle. Leur étude révèle que les femmes ont des temps de réaction plus rapides et une meilleure précision durant leurs règles, malgré une sensation subjective de tête embrouillée et des difficultés de concentration souvent rapportées.

Une nouvelle étude, plus récente et publiée dans le journal Neuropsychopharmacology, réfute toutefois cette théorie. Les chercheurs ont réalisé une analyse approfondie des compétences verbales, spatiales, de mémorisation et de navigation des femmes à différents moments de leur cycle menstruel. Et contrairement aux croyances et résultats d'études plus anciennes, ils sont parvenus à la conclusion qu'il n'y a pas de fluctuations significatives des performances cognitives en fonction de la phase du cycle menstruel. Les chercheurs précisent tout de même que si les cycles menstruels n'impactent pas les performances cognitives, ce n'est pas forcément le cas des hormones, qui elles pourraient bel et bien jouer un rôle dans nos facultés d'apprentissage.

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