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Publié le - Mise à jour le
Si les cadres seniors se disent engagés et prêts à relever de nouveaux défis, ils ne se sentent pas toujours valorisés dans l’entreprise, selon une étude de l’Apec. Ils souffrent d'un manque de reconnaissance de la part de leurs employeurs.
Alors que la négociation sur le "Pacte de la vie au travail" est en passe d’être bouclée - les partenaires sociaux entamaient la dernière ligne droite des discussions hier - l’Apec analyse les aspirations des cadres seniors au travail. Dans une note publiée le 8 avril, l’association révèle, en s’appuyant sur un sondage, réalisé du 20 septembre au 5 octobre 2023, que les cols blancs de plus 55 ans souffrent d’un manque de reconnaissance de la part de leur employeur. Possibilités d’évolutions plus rares, accès limité aux formations, manque de reconnaissance… Ils ont le sentiment que leurs compétences ne sont pas reconnues à leur juste valeur.
Leurs préoccupations se concentrent sur le maintien de leur niveau de rémunération et la crainte que leur charge de travail ne s’intensifie. De plus, ils redoutent de perdre leur emploi. Une perspective qui effraie un quart d’entre eux, dont 29 % des 55 à 59 ans. Avec à la clef, des conséquences dramatiques : deux sur trois considèrent qu’il serait difficile de retrouver un nouvel emploi ; une proportion nettement plus élevée que celle observée pour l’ensemble des cadres (42 %).
Ce sentiment de déclassement varie toutefois en fonction du statut du salarié au sein de l'entreprise. Les managers semblent moins impactés par ces discriminations relatives à leur âge : 20 % déclarent avoir peur de se retrouver au chômage.
Ce manque de reconnaissance est d'autant plus difficile à vivre que la quasi-majorité des seniors (91 %) se dit engagée. Par ailleurs, 60 % d’entre eux assurent avoir la même énergie que trois ans auparavant, voire pour 14 % d’entre eux, à un niveau plus élevé.
À ce stade de leur carrière, ils souhaitent poursuivre leur activité, de préférence dans leur entreprise actuelle, jusqu’à l’âge de départ à la retraite. Sans pour autant attendre le jour J avec impatience. Désireux de continuer à "faire partie du jeu", ils veulent majoritairement conserver leur niveau de responsabilité (68 %), voire l’accroître (14 %). Seuls 12 % des seniors envisageraient un niveau de responsabilité moindre (6 % ne se prononcent pas).
Par ailleurs, 80 % des 820 cadres sondés aimeraient passer plus de temps à transmettre, à former des collaborateurs et à transférer des savoirs.
En parallèle, plus de six sur 10 demandent à piloter de nouveaux projets ou à développer de nouvelles compétences. La même proportion se déclare dans un esprit d’innovation, en souhaitant davantage proposer de nouvelles idées ou solutions.
"Il y a un vrai travail de pédagogie à faire auprès de tous les acteurs, dans l’entreprise et dans la société, insiste Gilles Gateau, le directeur général de l’Apec. Les seniors veulent travailler et restent engagés tout au long de leur carrière. Freiner leur évolution professionnelle, au motif qu’il ne leur reste « plus beaucoup de temps » dans l’entreprise, est une véritable erreur".
Certes, contrairement à leurs cadets, ils font face à des difficultés inhérentes à leur tranche d’âge. En particulier, deux sur 10 évoquent une dégradation de leur état de santé. Parmi eux, 13 % signalent une pathologie ayant des répercussions sur leur capacité de travail ou sur leur concentration ; 8 % mentionnent une maladie grave et, pour 7 % d’entre eux, des aménagements de poste se sont avérés nécessaires.
Mais plusieurs pistes peuvent être explorées pour réconcilier séniorité et emploi, selon l’Apec. Les mesures d’allègement de la charge de travail seraient, tout d’abord, particulièrement appréciées. Par exemple, une augmentation des congés, une baisse graduelle du temps de travail, davantage de télétravail ou encore moins de pression sur les résultats. Voire des "postes proposant d’autres perspectives que le management".
La rémunération ensuite. Le salaire constitue comme pour les autres salariés un élément de motivation important.
Enfin, il serait judicieux, selon l’Apec, de mener des réflexions sur la question de la transmission des savoirs, notamment du tutorat interentreprises.
D’où la nécessité pour les politiques RH de prendre en compte ces spécificités.
| Les seniors représentent 5 % des recrutements de cols blancs |
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Selon l’Apec, les entreprises demeurent réticentes à recruter des cadres seniors. Lorsqu’elles recherchent des profils expérimentés, les cadres ayant de cinq à 20 ans d’expérience, supposés plus rapidement opérationnels, sont privilégiés. Les cadres avec 20 ans d’expérience ou plus, eux, sont toujours la catégorie la moins favorisée dans les intentions de recrutement : ils représentent environ 5 % du total. "Alors qu’on parle de plein emploi des cadres, n’oublions pas que la dynamique ne profite pas à toutes et tous. Pour preuve, les cadres seniors sont plus que d’autres impactés par le chômage", précise Gilles Gateau, directeur général de l’Apec. Un grand nombre de cadres seniors figurent parmi les DELD (demandeurs d’emploi de longue durée, c’est-à-dire inscrits à France travail depuis plus de 12 mois). |
Anne Bariet