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Publié le - Mise à jour le
Le CRR3 est un règlement européen qui renforce la résilience des banques et améliore la gestion des risques de crédit. Adopté en 2024, il est applicable depuis le 1er janvier 2025. Cette réforme bancaire pourrait avoir des effets indirects sur la dette publique, en agissant notamment sur leur capacité d'acheter des obligations souveraines. On fait le point sur la dette française, son évolution ces dix dernières années, son financement et les risques d'un montant élevé pour le pays.
Avant le COVID, la dette augmentait de 60 à 80 milliards par an. Le déficit public était de 72,8 milliards, ce qui représentait 3,0% du PIB. La pandémie a changé la donne, avec notamment des mesures de soutien pour les entreprises et les ménages modestes. Celles-ci avaient pour objectif d'amortir les chocs économiques. Chômage partiel, fonds de solidarité, prêts aux entreprises ou exonération de charges sociales, les aides proposées par l’État ont évité une vague de faillites. Notamment dans les secteurs tributaires du public ou du tourisme (hôtellerie, restauration, petits commerces, PME, culture).
Mais ces mesures ont aussi eu un effet inédit sur la dette publique en 2020, avec un bond de 270 milliards en une seule seule année. Le déficit public atteint alors un record historique de 211,5 milliards d'euros, soit 9,2% du PIB. La crise énergétique 2022-2023, provoquée par la guerre en Ukraine, contribue ensuite à augmenter la dette avec des dispositifs de soutien face à la flambée des prix du gaz et de l'électricité. Ces mesures sont moins coûteuses que le COVID-19, mais représentent tout de même 50 milliards d'euros entre 2022 et 2024 (chèques énergie, subventions aux entreprises, bouclier tarifaire).
Lorsque les dépenses publiques sont supérieures aux recettes fiscales, l’État creuse un déficit budgétaire. Il est ensuite comblé par l'emprunt d'argent sur les marchés financiers via le système d'obligations souveraines (les OAT). Ces obligations assimilables du Trésor sont ensuite achetées par des investisseurs en échange d'un remboursement associé à des intérêt. Actuellement, la note de confiance permet à la France de bénéficier de taux d'intérêt assez bas.
Concrètement, la dette publique est détenue par :
Les investisseurs étrangers et français sont représentés majoritairement par des banques, des fonds de pension et des compagnies d'assurance. Ils contribuent à financer une dette publique qui s'élève à 3 300 milliards d'euros en 2025. Si la situation se détériore fortement, plusieurs acteurs pourraient intervenir. Déjà, le gouvernement français qui pilote une trajectoire budgétaire. Ensuite, l'Union européenne qui surveille de près les déficits publics. Mais elle n'intervient qu'en cas de crise grave. Enfin, la Banque centrale européenne (BCE), qui a pour mission de stabiliser les marchés.
Plus la dette publique est élevée, plus la France risque de perdre la confiance des investisseurs. Si ces derniers doutent de sa capacité à rembourser les obligations souveraines, les taux d'intérêt risquent d'augmenter. Ces derniers s'élevaient à 67 milliards d'euros en 2025. Plus les taux d'intérêt grimpent, plus la dette augmente. C'est pourquoi l’État français a lancé un plan d'action budgétaire avec une économie de 40 milliards d'euros attendue d'ici 2026. Des pistes sont lancées, comme la réforme de la Sécurité sociale et la mise en place d'une TVA sociale.
La crise économique de la Grèce en 2010 démontre l'importance des marchés financiers sur la dette publique d'un pays. En 2009, le gouvernement annonce un déficit important qui dépasse 120% du PIB. Les investisseurs se désengagent et le pays perd son indice de confiance. Les taux d'intérêt deviennent si élevés que la dette devient ingérable. En 2010, l'Union européenne et le FMI (Fonds Monétaire International) interviennent avec un plan de sauvetage qui impose la baisse des salaires, des retraites et la hausse des impôts. Car il n'existe aucun fonds de solidarité pour combler le déficit public d'un pays en faillite.
La Grèce est alors mise sous tutelle par le FMI, avec une privatisation des actifs comme les aéroports régionaux et les sociétés d'énergie. Elle n'en sortira qu'en 2018. Les conséquences sont catastrophiques pour le pays. Les jeunes quittent le pays, le chômage explose. L'économie est affaiblie, avec une difficulté à relancer la croissance. De plus, la dégradation des services publics et plus précisément du service hospitalier conduisent à la baisse des soins avec une pénurie de personnel et de médicaments. La qualité de vie de la population est altérée de manière durable. La dette de la Grèce reste, malgré les efforts, encore aujourd'hui élevée.
D'après l'INSEE, la dette publique de la France a augmenté de plus de 800 milliards d'euros entre 2017 et 2024. COVID-19, inflation et crise énergétique ont conduit le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles. Selon l'OFCE, ces crises expliqueraient à elles seules 52% de cette hausse. Le reste proviendrait de déséquilibres budgétaires structurels. Néanmoins, une dette publique élevée n'est pas nécessairement problématique du moment qu'elle n'entrave pas la croissance (santé, éducation, emploi). Mais si la France ne redresse pas ses finances, elle pourrait devenir vulnérable aux fluctuations des marchés financiers.