Credit Valuation Adjustment (CVA) : un outil clé pour mieux gérer le risque de contrepartie ?

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Quand deux acteurs financiers (banque, assurance, fonds d’investissement) signent un contrat, il y a toujours un risque latent. En effet, que se passe-t-il si l’autre ne peut pas payer ? C’est ici qu’intervient le CVA (Credit Value Adjustment). Cette mesure permet d’ajuster la valeur d’un contrat financier pour tenir compte du risque que la contrepartie fasse défaut. Voici pourquoi il s’agit d’un outil clé pour mieux gérer le risque de contrepartie. 

Le CVA : un indicateur devenu incontournable du risque de contrepartie 

Pendant longtemps, ce risque de contrepartie était un peu sous-estimé. Jusqu’à ce que la crise de 2008 ait lieu. A ce moment beaucoup d’acteurs ont réalisé qu’un partenaire qui semble “solide sur le papier” pouvait quand même leur faire défaut. 

Depuis, le CVA est devenu un réflexe dans les banques et les autres institutions financières. Il sert en effet à vérifier 3 éléments essentiels : 

  • Quelle est la probabilité que l’autre partie ne paie pas ?
  • Combien pourrait-on perdre si cela arrivait ?
  • Et à combien s’élève notre exposition dans le temps ? 

Le CVA se base sur ces trois éléments pour donner un “coût du risque”. Ce coût est ensuite intégré dans la valeur du contrat. De ce fait, deux contrats identiques peuvent avoir une valeur différente simplement parce que la solidité des contreparties n’est pas la même. 

Comment le CVA améliore la lecture des risques ? 

Un contrat peut rapporter beaucoup. Mais si on s’en tient uniquement à la valeur de ce contrat sans prendre en compte le fait que l’autre partie puisse ne pas payer…il peut faire perdre beaucoup. Le CVA apporte donc une meilleure lecture des risques. 

Une vision plus réaliste des expositions 

Le CVA permet aux équipes de risque de mieux visualiser où se trouvent les zones sensibles. Par exemple, cette mesure permet de savoir quelles contreparties concentrent le plus de risque ou encore quels types de produits sont les plus exposés. 

Un outil de décision 

Le CVA sert aussi à prendre des décisions. Si le coût du risque est trop élevé sur une contrepartie, une banque peut demander plus de garanties, ajuster le prix du contrat ou tout simplement refuser la transaction. 

Quels défis pour les équipes risques et conformité ? 

Le CVA est utile, mais il n’est pas simple à gérer. Le premier défi pour les équipes risques concerne tout simplement son calcul. Pour obtenir des résultats, il faut en effet beaucoup d'informations. Sont intégrés dans le calcul l'évolution des prix du marché, la santé financière des contreparties et les expositions futures. Et pour simplifier le tout, toutes ces données évoluent en permanence. Les calculs doivent donc être régulièrement mis à jour. 

Des modèles pas toujours faciles à expliquer 

Autre difficulté : le CVA repose sur des modèles mathématiques complexes. Ces modèles sont maîtrisés par les équipes risques qui ont l'habitude de les utiliser, mais lorsqu’il s’agit de les expliquer aux dirigeants ou aux équipes commerciales, les choses peuvent se compliquer. Il peut donc y avoir un vrai décalage entre ceux qui calculent le risque et ceux qui prennent les décisions finales. 

Une dépendance forte aux données 

Le CVA est aussi très sensible à la qualité des données. Si une information est mauvaise ou incomplète, le résultat peut être biaisé. Et dans ce cas, toute la décision peut être faussée. 

Une intégration dans des systèmes parfois anciens 

Enfin, dans beaucoup d’établissements, les outils informatiques ne sont pas toujours parfaitement adaptés. Intégrer le CVA dans des systèmes anciens peut devenir un vrai casse-tête. 

Un outil devenu indispensable, mais qui n’est pas magique 

Le CVA est une mesure qui est devenue quasiment incontournable dans le secteur de la finance. Il permet de mieux mesurer un risque très longtemps sous-estimé et de prendre les meilleures décisions. Toutefois, le CVA n’est pas magique. Ce n’est pas parce que le risque est évalué et mieux pris en compte qu’il disparaît complètement. Si au moment de signer un contrat le risque paraît minime voire quasi inexistant grâce au calcul du CVA, beaucoup de choses peuvent changer sur la durée du contrat. Un événement, non prévu, peut survenir et rebattre les cartes. La crise financière de 2008 en est le parfait exemple.

Le calcul repose en effet sur des hypothèses et sur des modèles statistiques qui simplifient une réalité toujours incertaine. C’est pour cette raison que le CVA doit être utilisé avec du recul. Et surtout, il ne remplace pas le jugement humain. Les équipes de risque doivent toujours vérifier si les résultats sont cohérents. Et pour bien comprendre les enjeux de l'évaluation des risques, l'intérêt du CVA et les bonnes pratiques pour son utilisation, Lefebvre dalloz Compétences vous propose des formations professionnelles continues. Elles sont régulièrement actualisées et adaptées à votre réalité professionnelle.

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