Fonction commerciale : comment maîtriser l'art de négociation ?

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Lundi matin, 8h30. Arnaud entre dans l’open space avec une énergie débordante… et un café qui menace de déborder lui aussi. Aujourd’hui, il a rendez-vous avec un client stratégique pour conclure LE contrat de l’année. 9h pile, il se connecte en visio avec Laura, la cliente. Tout commence bien : échanges cordiaux, quelques blagues sur le temps gris qui n’épargne ni Paris ni Bordeaux aujourd’hui. Puis vient le moment fatidique du prix. "Alors Arnaud, votre offre est intéressante, mais vous devrez baisser vos tarifs d’au moins 15 % si vous voulez qu’on avance." Le sourire d'Arnaud se fige. 15 % ? Doit-il céder pour sécuriser le deal ou tenir bon et risquer de tout perdre ? Alors qu’il se prépare à argumenter, Laura ajoute : "Vous avez cinq minutes pour me convaincre." Cinq minutes. Comment Arnaud peut-il retourner la situation à son avantage en cinq petites minutes ? Quelles sont les règles d'or à suivre pour négocier avec brio ? Réponses.

Règle n°1 : bien se connaître et adapter son discours au client

Parce que chaque individu est différent, il existe plusieurs profils de négociateurs. Parmi eux :

  • le pacificateur, axé sur l'harmonie et la résolution de conflits ;
  • le performeur, focalisé sur l'atteinte des objectifs ;
  • le médiateur, habile dans les compromis ;
  • ou encore le travailleur.

Arnaud fait partie des travailleurs. Il est méticuleux, connaît son produit sur le bout des doigts et possède une méthode de travail rigoureuse et précise. Laura, elle, est une acheteuse expressive et visionnaire. Elle sait ce qu'elle veut, n'hésite pas à le formuler et est orientée vers l'avenir. Il existe toutefois d'autres types d'acheteurs :

  • l'acheteur technicien, qui cherche l'efficacité du produit avant tout ;
  • l'acheteur complice, qui voit l'échange comme un partenariat et pour qui la relation entretenue avec le vendeur prime ;
  • l'acheteur dévot, qui peut être dépassé par l'aspect technique et qui, en conséquence, aura tendance à faire confiance facilement.

Pour convaincre Laura, Arnaud doit ajuster son discours : utiliser des métaphores pour capter son attention et stimuler son imagination, mettre en avant les bénéfices stratégiques de l’offre, et éviter de s’enliser dans des explications trop terre-à-terre. C'est une règle d'or en négociation : le succès de celle-ci dépend de la capacité du vendeur à parler le même langage que son interlocuteur.

Règle n°2 : préparer la négociation en amont du rendez-vous client

Une négociation réussie commence bien avant la réunion. Arnaud le sait. Il a passé la veille à peaufiner sa stratégie. Sa méthode ? Le principe du gagnant-gagnant. Il a identifié les objectifs de Laura : réduire ses coûts, mais sans compromettre la qualité. De son côté, il a fixé ses propres limites : un seuil de réduction acceptable et des concessions sur les options moins stratégiques de l’offre.

Arnaud a également analysé les curseurs de pouvoir. Ces derniers sont des leviers essentiels pour comprendre et maîtriser le rapport de force entre un vendeur et un acheteur lors d’une négociation. Ils permettent d’évaluer qui, parmi les deux parties, détient l’avantage à chaque étape de l’échange. Ces curseurs se répartissent généralement en six catégories :

  • le poids : il reflète l’importance stratégique de la relation pour chaque partie. Qui entre le client et le fournisseur a le plus de poids ? ;
  • le choix : il mesure les alternatives disponibles. Si une partie dispose de plusieurs options (autres fournisseurs ou clients), elle aura un avantage ;
  • l'information : celui qui maîtrise le mieux les données pertinentes (marché, besoins, contraintes) peut orienter la discussion à son avantage ;
  • l'influence : elle dépend de la capacité à convaincre, souvent liée au charisme, à l’expertise ou à la réputation ;
  • le temps : le degré d’urgence peut déséquilibrer les rapports. Celui qui est pressé de conclure perd en pouvoir ;
  • la sanction : elle représente la capacité d’une partie à imposer des conséquences négatives, comme mettre fin à la relation.

Règle n°3 : anticiper les réactions et les pièges du client pour mieux les désamorcer

En négociation, il n'est pas rare que l'acheteur essaye de tourner la situation à son avantage en tendant des pièges aux commerciaux. Les plus courants sont la dévalorisation du produit, la menace de signer avec un concurrent ou de mettre un terme à l'échange par exemple, ou encore l'urgence. Lorsque Laura dit à Arnaud « Vous avez cinq minutes pour me convaincre », elle tente en réalité de lui tendre un piège.

Un bon négociateur sait que les jeux de pouvoir (pression, menace, bluff) font partie du processus. La clé est d’y répondre avec calme et professionnalisme. Pour rester maître de la situation, Arnaud peut appliquer deux principes :

  • Désamorcer les objections de l'acheteur en reformulant clairement son besoin et ses contraintes et en mettant l'accent sur les gains immédiats que la solution peut offrir. Cette approche, à la fois empathique et stratégique, évite de réduire le débat à une simple question de coût.
  • Identifier les pièges tendus par l'acheteur et mettre en place une stratégie pour les contourner.

Règle n°4 : soigner sa conclusion

Il ne reste plus qu'une minute à Arnaud pour conclure son argumentaire. La fin d’une négociation étant aussi cruciale que son déroulé, elle doit marquer les esprits. Pour cela, rien de mieux que de résumer brièvement les grands messages du discours, en se focalisant sur les avantages que la solution peut apporter. Dans ce cas précis, Arnaud sait qu'il ne peut pas baisser son prix de 15 %. Mais s'il souhaite mettre toutes les chances de son côté, il peut opter pour un compromis. Par exemple, en proposant une remise de 5 % si la signature du contrat a lieu dans la semaine. Bien qu'il existe de nombreuses autres méthodes de conclure une négociation de manière engageante.

Soigner la conclusion d’une discussion commerciale ne se limite pas à obtenir un accord ; c’est aussi un levier essentiel pour instaurer une relation durable avec le client. Une conclusion réussie doit laisser une impression positive, même si toutes les attentes ne sont pas satisfaites. Une bonne conclusion permet de valoriser la collaboration et d’ouvrir la voie à de futurs échanges fructueux.

10h15. Après plus d'une heure d'échange et de négociation, Arnaud est ravi : en adaptant son discours à son interlocutrice et grâce à une bonne préparation en amont, il a réussi à convaincre Laura d'acheter son produit, avec seulement 3 % de réduction. En anticipant les réactions et les éventuels pièges de Laura, il est resté maître de la discussion, désamorçant les objections avec une approche à la fois empathique et structurée. En effet, la négociation ne se résume pas à une joute verbale. Elle repose sur des méthodes rigoureuses qui vous sont enseignées dans la formation « Négociation commerciale gagnante » de Lefebvre Dalloz Compétences.

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