Directive CSRD : chiffres clés sur le niveau de préparation des entreprises

Publié le - Mise à jour le

 Directive CSRD : chiffres clés sur le niveau de préparation des entreprises
Voir toutes les actualités

Directive CSRD : les entreprises sont-elles prêtes ? 

La Directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) marque un tournant important pour les entreprises européennes. Adoptée pour renforcer la transparence en matière de durabilité, elle impose de nouvelles obligations de reporting extra-financier. Mais alors que sa mise en application est imminente, la question demeure : les entreprises sont-elles vraiment prêtes à se conformer à ces nouvelles exigences en matière de RSE ?

 Qu’est-ce que la directive CSRD ? 

La directive CSRD, applicable depuis le 1er janvier 2024, vise à standardiser et à améliorer la qualité des rapports de durabilité publiés par les entreprises. Ce texte, successeur de la directive sur la publication d'informations non financières de 2014, étend les obligations de reporting aux grandes entreprises et aux PME cotées en bourse. Les objectifs de la directive sont clairs : favoriser le développement durable et permettre une évaluation plus précise de l'impact des entreprises sur l'environnement et la société. Pour ce faire, les entreprises doivent fournir des informations détaillées sur trois axes principaux : environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

 Les informations à fournir 

Les données ESG couvrent plusieurs domaines essentiels comme les facteurs environnementaux qui comprennent l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, la préservation de la biodiversité et l'utilisation des ressources. Les facteurs sociaux englobent quant à eux l'égalité des chances, les conditions de travail et le respect des droits humains. Enfin, la gouvernance traite du rôle des organes d'administration, des activités de lobbying et de la gestion des relations avec les partenaires commerciaux. En harmonisant ces pratiques de reporting, la CSRD vise à créer un cadre commun qui permettra aux investisseurs, aux régulateurs et au public de mieux comprendre et comparer les performances des entreprises en matière de durabilité. 

Les entreprises sont-elles prêtes à adopter la CSRD ?

 Alors que la directive CSRD a été transposée dans le droit français en décembre 2023, une question essentielle se pose : les entreprises sont-elles prêtes à intégrer ces nouvelles exigences dans leurs pratiques de reporting ? Selon une étude réalisée par Baker Tilly France (1) en collaboration avec ses partenaires européens, la réponse est mitigée. Cette étude, qui a sondé 300 entreprises européennes en 2023, révèle que la majorité d'entre elles n’étaient pas encore pleinement préparées à affronter ce nouveau défi. 

Un niveau de préparation variable

 Un premier constat s’impose dans cette étude : 57 % des entreprises interrogées déclarent avoir peu ou pas de connaissances sur la CSRD. Pourtant, 51 % d'entre elles expriment une certaine curiosité vis-à-vis de cette directive, ce qui laisse entrevoir une volonté d'adaptation malgré un manque de préparation initiale. Il est également préoccupant de constater que 21 % des entreprises perçoivent la CSRD comme une contrainte avec peu de valeur ajoutée. Toutefois, d'autres voient en elle une opportunité pour structurer leur organisation, augmenter la résilience de leur entreprise et améliorer la qualité des informations disponibles. Selon cette même étude, seulement 15 % des entreprises estiment que leur organisation est prête pour la CSRD. Seulement 10 % considèrent que leur processus d’analyse de matérialité est prêt et 9 % estiment que leur système de reporting de durabilité est prêt. Même si cette étude a été réalisée avant l’entrée en vigueur de la CSRD, le manque de préparation des entreprises semble compromettre la mise en œuvre de cette directive. Malgré ces réserves, certaines entreprises ont déjà commencé à s’organiser pour répondre aux nouvelles exigences. Par exemple, 72 % des entreprises disposent d'une stratégie ESG formalisée et 54 % abordent régulièrement ces sujets au sein de leur comité exécutif.

 Les défis de la double matérialité 

L'un des principaux défis posés par la CSRD réside dans l'analyse de la double matérialité. Cette approche exige que les entreprises évaluent à la fois l'impact de leur activité sur l'environnement et la manière dont les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance influencent leur performance financière. Or, seulement 16 % des entreprises ont déjà réalisé cette analyse et 31 % n'ont jamais identifié leurs risques et opportunités ESG. 

Des systèmes de reporting à adapter

 Pour se conformer à la CSRD, les entreprises devront également adapter leurs systèmes de reporting ESG. Aujourd'hui, 62 % des entreprises utilisent encore Excel pour collecter ces données, un outil qui, bien que pratique, n'est pas toujours adapté à la complexité croissante des exigences réglementaires. Seulement 7 % des entreprises estiment avoir un système de reporting fiable et capable de fournir une information de qualité. De plus, si 64 % des entreprises ont déjà calculé leur empreinte carbone, seulement 23 % ont lancé un plan de prévention des risques couvrant l'ensemble de leur chaîne de valeur. Cette disparité montre que, bien que certaines entreprises aient pris des mesures importantes, beaucoup restent en retard sur la mise en place d'une stratégie globale et intégrée.

 Vers une réorganisation des services ESG 

De nombreuses entreprises envisagent de faire appel à un expert externe pour les aider à respecter les exigences de la CSRD. D’ailleurs 64 % des entreprises interrogées affirment vouloir contacter ou avoir déjà contacté un tiers externe. A la question : envisagez-vous la création d’un ou plusieurs postes pour prendre en charge la CSRD dans votre entreprise ? 29 % des entreprises répondent que non. 24 % indiquent y réfléchir. 21 % estiment que leur équipe est déjà complète et opérationnelle et 13 % prévoient une création de poste dans les deux prochaines années. La CSRD représente un défi de taille pour les entreprises européennes. Si certaines ont déjà commencé à structurer leur approche ESG, beaucoup d'autres sont encore en phase d'apprentissage et d'adaptation. La réussite de cette transition dépendra largement de la capacité des entreprises à évoluer rapidement et à mobiliser les ressources nécessaires pour répondre aux exigences de cette directive ambitieuse. Les années à venir seront décisives pour évaluer l'impact de la CSRD sur la durabilité des entreprises en Europe.

https://goodwill-management.com/wp-content/uploads/2023/11/Etude-CSRD-ready-FR-2023-V3.pdf

Formations qui pourraient vous intéresser

tealium