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Publié le - Mise à jour le
Une charge enregistrée en comptabilité n’est pas forcément déductible fiscalement. Bien comprendre la distinction entre charge déductible et charge non déductible est essentiel : une charge déduite à tort impacte directement le montant de l’impôt sur les sociétés. Dans cet article, nous proposons un tour d’horizon des règles à connaître pour sécuriser le traitement des charges et déterminer un résultat fiscal conforme à la réglementation.
Les charges déductibles sont les charges engagées par l’entreprise qui peuvent être déduites du résultat fiscal.
Pour être admise en déduction du résultat fiscal, une charge doit entraîner la diminution de l’actif net. Ainsi, une acquisition d’immobilisation n’a pas d’impact sur l’actif net et ne peut donc pas être déduite fiscalement. Seul l’amortissement éventuel peut être déductible.
Par ailleurs, pour être déductible, une charge doit avoir été engagée :
Deux conditions de forme doivent également être satisfaites :
Une grande partie des dépenses engagées pour l’exploitation d’une entreprise sont déductibles :
Pour ces dépenses courantes, aucun retraitement fiscal n’est nécessaire, sauf exception.
Certaines dépenses ne sont toutefois pas déductibles, ou pas intégralement déductibles, du résultat fiscal.
Les dépenses personnelles du dirigeant ou des associés ne peuvent pas être déduites du résultat fiscal de la société.
Par exemple, un dirigeant ne peut pas déduire ses impôts personnels ou des frais engagés pour une réception à caractère familial.
Les charges financières nettes ne sont pas déductibles au-delà d’un plafond qui correspond au montant le plus élevé entre :
L’entreprise ne peut pas déduire les pénalités et amendes infligées par l’URSSAF, la DGFIP ou toute autre autorité administrative.
La déductibilité des jetons de présence versés aux membres du conseil d’administration est plafonnée à :
L’impôt sur les sociétés ainsi que les taxes sur les véhicules de société ne sont pas fiscalement déductibles.
Les autres principaux impôts sont déductibles (taxe foncière, contribution économique territoriale, taxe sur les salaires…).
Les dépenses dites « somptuaires » sont considérées par principe comme luxueuses ou plaisancières : dépenses liées à la chasse ou à la pêche de loisir, achat et location d’une résidence de plaisance ou d’un yacht…
Ces dépenses ne sont jamais déductibles, sauf si elles présentent un caractère social ou sont liées directement à l’activité de l’entreprise.
La déductibilité de l’amortissement des véhicules dits « de tourisme » est plafonnée. Le plafond applicable dépend de la date de mise en circulation du véhicule et de son taux d’émission de dioxyde de carbone.
La fraction non déductible est considérée comme faisant partie des dépenses somptuaires.
Le résultat fiscal se calcule en faisant la différence entre les produits imposables et les charges déductibles.
En pratique, il est déterminé extra-comptablement à partir du résultat comptable.
Les dépenses comprises dans le résultat comptable, mais non déductibles fiscalement, doivent donc être neutralisées pour obtenir le résultat fiscal.
Les charges non déductibles fiscalement, mais enregistrées en comptabilité, ont pour effet de diminuer le résultat comptable.
Elles doivent donc être ajoutées à ce dernier afin de les neutraliser et obtenir le résultat fiscal. On parle plus précisément de « réintégration extra-comptable ».
En parallèle, les produits non imposables qui ont participé à augmenter le résultat comptable sont déduits extra-comptablement pour être neutralisés dans le résultat fiscal.
Ces mécanismes, ainsi que les différents retraitements évoqués, sont à retrouver plus en détail dans notre formation Lefebvre Dalloz Compétences « Résultat fiscal : approfondir et actualiser ses connaissances ».