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Publié le - Mise à jour le
Face à ce verbe, dédoublé qui plus est, peut-être frémissez-vous… Certains souvenirs scolaires ont un goût amer. Et pourtant, apprendre c’est découvrir, comprendre, grandir - avec ou sans guillemets ! Quels mécanismes et stratégies permettent d’apprendre ? Comment peut-on les exercer à l’égard de notre propre apprentissage ? C’est tout l’enjeu de la compétence Apprendre à apprendre, qui se muscle et transforme, in fine, notre rapport au monde.
Contexte VICA (Volatil, Incertain, Complexe, Ambigu), accélération digitale, obsolescence des compétences : telles sont les racines de deux injonctions très prégnantes dans notre société - apprendre en continu et apprendre à apprendre. Des compétences contextuelles. Pas si sûr !
En effet, dès la fin du 19e siècle, certains inspecteurs d’académie estiment que le rôle de l’école républicaine consiste à « cultiver l’intelligence des élèves pour la rendre forte, souple, (…) apte à se gouverner (…) et à produire d’elle-même[1] ». La nécessité de devenir autonome dans son apprentissage prendra néanmoins plus d’un siècle à se matérialiser.
Ce qui se manifeste en revanche dès le début d’une vie humaine, c’est la capacité de notre cerveau à apprendre. Il est même fait pour ça ! Et il accomplit cette mission sans mode d’emploi au départ, par mimétisme essentiellement. Puis, en grandissant, les comportements et les environnements favorables ou non à l’apprentissage, vont jouer un plus grand rôle.
[1] Source : tribune de l’historien de l’éducation Claude Lelièvre dans l’Express.
L’apprentissage est un processus, qui repose sur une transformation : notre cerveau doit « intégrer » de nouvelles informations. Pour cela, il les relie à d’autres éléments déjà connus. Si certains mécanismes sont conscients, d’autres se jouent alors que nous dormons, ou lors de pauses. Notre cerveau fonctionne alors en mode diffus. Et il n’est pas rare d’avoir des déclics dans ces circonstances, après avoir calé sur la résolution d’un problème !
Pour apprendre efficacement, plusieurs autres conditions doivent être réunies :
Quant à la mémorisation, qui nécessite une phase de consolidation[2], elle se travaille en opérant des répétitions par espacement croissant. L’objectif est d’ancrer la trace mémorielle, initialement fragile face aux réseaux neuronaux très solides qui pilotent les pratiques ou connaissances déjà acquises.
[1] On retrouve ici 3 des 4 leviers d’apprentissage identifiés par Stanislas Dehaene dans son ouvrage Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines.
[2] Il s’agit du 4e levier d’apprentissage décrit par Stanislas Dehaene.
Au-delà des conditions génériques favorables à l’apprentissage, une bonne connaissance de soi permet de définir des stratégies d’apprentissage ciblées. Elle nourrit ainsi la réflexivité, qui est elle-même au cœur de la compétence Apprendre à apprendre. Car il faut réaliser des retours sur soi – et sur ses pratiques d’apprentissage – pour mieux comprendre ce qui fonctionne. Un exemple : certes, la mobilisation de tous les sens permet d’apprendre. Toutefois, rien n’empêche de mettre l’accent sur celui qui se révèle le plus performant pour soi-même.
Par ailleurs, le questionnement du projet d’apprentissage, de son objet et de sa finalité, irrigue cette compétence. Apprendre à apprendre, c’est aussi choisir de s’engager dans une voie, ou non.
Une belle aventure qui mérite d’être tentée : c’est ainsi que l’on pourrait présenter la compétence Apprendre à apprendre. Outre l’évolution professionnelle en continu qui peut en résulter – via de moindres efforts -, en apprenant à apprendre nous nous dotons de clés de compréhension du monde, inédites. De quoi en devenir pleinement acteurs.