CULTURE SOFT (saison 3) - Cultiver l'engagement pour un futur durable (épisode 9)

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Après un épisode consacré à la diversité et l’inclusion, focus sur l’un des enjeux majeurs pour les Ressources Humaines : la RSE. Quels sont les piliers sur lesquels les entreprises doivent s’appuyer pour bâtir leur politique RSE ? Existe-t-il un modèle unique ? Quelles soft skills mobiliser ?

RSE, nuance linguistique et levier d’engagement des talents

La responsabilité des entreprises vis-à-vis de la société est un sujet de débat terminologique autant que pratique. Traditionnellement désignée par l'acronyme "RSE" pour "Responsabilité Sociale des Entreprises", une nuance linguistique a conduit certains experts à lui préférer "Responsabilité Sociétale des Entreprises". La raison ? Cette distinction reflète une compréhension plus large et inclusive de la responsabilité des entreprises, allant au-delà des seules questions sociales pour embrasser également des enjeux environnementaux et économiques.

La Commission Européenne définit la RSE comme l'intégration volontaire, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités commerciales et leurs interactions avec les parties prenantes. Cette définition met en lumière le fait que la RSE ne se limite pas à l'impact environnemental, mais repose sur trois piliers fondamentaux : social, économique, et environnemental. Elle souligne l'importance d'une gestion éthique qui va au-delà de la simple conformité légale ou des initiatives charitables.

La norme internationale ISO 26000 précise le cadre de la RSE en s'appuyant sur sept thématiques clés :

  • la gouvernance de l'organisation ;
  • les droits de l'homme ;
  • les relations et conditions de travail ;
  • l'environnement ;
  • la loyauté des pratiques ;
  • les questions relatives aux consommateurs ;
  • l'engagement envers les communautés et le développement local.

L'adoption d'une politique de RSE est un levier fort de fidélisation et d’attraction des talents, surtout chez les jeunes. Un sondage OpinionWay[1] montre que 52% des 18-30 ans jugent l'engagement RSE important lors du choix d'un employeur, et 28% le considèrent même essentiel. Si elle peut améliorer significativement l'image de marque d'une entreprise, il est important d’éviter le "greenwashing" pour préserver la confiance du public.

Quel rôle pour le responsable RSE ?

À la question de la gestion de la RSE au sein des entreprises, il n'existe pas de modèle unique. La stratégie peut être le fruit d'un effort collectif impliquant divers collaborateurs, être sous la houlette du service des ressources humaines, ou encore, idéalement, être la responsabilité d'une personne spécifiquement dédiée à cette tâche. Cette dernière option, qu'on désigne par "référent RSE" ou "responsable RSE", est souvent privilégiée pour une efficacité optimale. Dans les grandes entreprises, il n'est pas rare de voir se constituer un département entier dédié à la RSE.

Le rôle d'un responsable RSE est complexe et multidimensionnel. Avant même de définir la stratégie RSE, il est essentiel de procéder à un diagnostic complet de l'entreprise. Cela implique une analyse approfondie de l'environnement interne et externe de l'organisation, incluant les processus opérationnels, les prestataires, et les clients. C'est à partir de cette analyse que le responsable peut mesurer l'impact des activités de l'entreprise sur la société et l'environnement, et ainsi, déterminer les actions à entreprendre. 

Cette phase d'analyse est cruciale ; elle conditionne directement l'efficacité et le succès de la stratégie RSE mise en place. Il est intéressant de constater que la RSE et les soft skills se nourrissent mutuellement. En effet, les soft skills jouent un rôle clé dans l'élaboration d'une politique RSE dans les entreprises, tandis que l'initiation à une démarche RSE contribue également à l'épanouissement et à la découverte de nouvelles compétences interpersonnelles parmi les collaborateurs.

Les soft skills, pièce maîtresse d’une bonne politique RSE 

L'esprit critique facilite l'évaluation des forces et faiblesses de l'entreprise en termes d'engagement social et d'impact environnemental. La capacité à résoudre des problèmes complexes est cruciale pour identifier et mettre en œuvre des solutions efficaces suite à cette évaluation. La curiosité joue également un rôle clé, permettant aux responsables RSE de se tenir informés des évolutions législatives et technologiques et d'acquérir les connaissances nécessaires à l'analyse préliminaire de la situation de l'entreprise. 

Une fois la stratégie RSE définie, sa diffusion et l'adhésion du personnel deviennent des enjeux majeurs. Cela requiert un solide talent de pédagogue pour communiquer efficacement les enjeux et motiver chacun à contribuer à l'amélioration de l'impact de l'entreprise. Le leadership et la communication sont également indispensables pour engager et mobiliser l'ensemble du personnel autour de la politique RSE.

Avant même d'adresser les collaborateurs, il est essentiel de convaincre la direction. L'assertivité, ou la capacité à exprimer ses idées de manière confiante et respectueuse, devient alors une compétence précieuse. L'écoute active est fondamentale pour comprendre les besoins des différents interlocuteurs, y compris les employés.

Les compétences comportementales, notamment l'éthique, sont tout aussi cruciales. Elles reflètent le dévouement à des principes de durabilité, d'équité et de solidarité, essentiels pour un responsable RSE. Enfin, les "green skills" englobent à la fois des compétences techniques spécifiques, comme réaliser un bilan carbone ou gérer les ressources énergétiques, et des qualités transversales comme l'éthique. Ces compétences, à la frontière entre hard et soft skills, sont fondamentales pour intégrer des pratiques durables au cœur des activités de l'entreprise, soulignant ainsi l'interaction profonde entre la RSE et le développement de compétences variées au sein des organisations.

SPOIL : Dans cet épisode on parle de renforcement mutuel pour un futur durable… à l’image de notre duo ;)


[1] Sondage réalisé par Opinion Way pour Le Parisien Economie et Indeed, en septembre 2022. 

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