En novembre, la Cour de cassation a rendu de nombreux arrêts en matière d'accident du travail et de maladie professionnelle. Vous trouverez dans ce panorama les arrêts qui ont retenu notre attention, ainsi qu'une sélection d'arrêts de début décembre.
Dans cette sélection portant sur la jurisprudence concernant les accidents du travail (AT) et les maladies professionnelles (MP), nous abordons notamment les délais d'instruction, les réserves de l'employeur, la présomption d'imputabilité, le secret médical ou la faute inexcusable de l'employeur.
| Contexte | Solution |
| Accident du travail : exemple | |
|
► Remarque : la cour d'appel avait estimé que la salariée "n'avait pas été victime d'un accident du travail mais avait été placée en arrêt maladie en raison de sa fragilité psychologique dont l'origine était à rechercher dans ses difficultés à mettre en place des primes versées aux salariés et dans son incapacité à gérer un conflit social" . |
| Reconnaissance d'une maladie professionnelle : délai d'instruction | |
|
|
| Accident du travail durant le congé individuel de formation | |
| Quel est l'employeur du salarié victime d'un accident du travail au cours du stage réalisé dans le cadre d'un congé individuel de formation ? Son employeur ou le centre de formation ? |
► Cass. 2e civ., 10 déc. 2025, n° 24-10.205 FS-B NDLR : le CIF a été remplacé depuis le 1er janvier 2019 par le projet de transition professionnelle (PTP). Même si ces 2 dispositifs ne sont pas similaires, il semble plus prudent pour l'employeur d'appliquer la solution retenue dans cet arrêt au PTP. |
| Secret médical | |
|
|
| Contexte | Solution |
| Présomption d'imputabilité | |
|
► Remarque : elle s'appuie sur le rapport prudent de l'expert qui établit que le salarié présentait une fragilité de la paroi aortique et retient que rien dans l'activité professionnelle du salarié peut justifier la déchirure de l'aorte. Mais également sur celui du médecin consultant de l'employeur qui évoque une malformation de naissance, des antécédents médicaux tels que l'hypertension artérielle ou l'athérosclérose ou encore un traumatisme ancien.
|
|
► Remarque : la cour d'appel avait retenu qu'aucun événement traumatique n'était apparu de façon soudaine susceptible de caractériser un fait accidentel, la douleur dont faisait état la victime étant récurrente depuis 18 ans qu'il exerce ce métier, le certificat médical initial n'ayant constaté qu'une lombalgie, sans décrire que la lésion puisse être à l'origine de la douleur et, enfin, s'agissant d'une douleur ancienne et récurrente, elle ne pouvait en soi constituer un événement précis ayant entraîné l'apparition soudaine d'une lésion. |
|
|
| Réserves de l'employeur | |
|
|
| Faute inexcusable : mesures nécessaires | |
|
► Remarque : dans cette affaire, la cour d'appel avait établi que l'employeur avait conscience du danger et n'avait pas mis en place de procédure spécifique pour pallier l'éventuelle carence du prestataire extérieur chargé d'évacuer les bennes de déchets. Mais elle retenait qu'il avait mis en œuvre des mesures nécessaires pour préserver la victime de ce danger dès lors que cette dernière a reçu des consignes qu'elle n'a pas respectées (elle avait procédé seule à un transfert manuel de déchets). |
| Contexte | Solution |
| Déficit fonctionnel permanent | |
| • Depuis les arrêts de l'Assemblée plénière de la Cour de cassation du 20 janvier 2023, il est désormais jugé que la rente versée à la victime d'un accident du travail ne répare pas le déficit fonctionnel permanent (Ass. plén., 20 janv. 2023, n° 20-23.673 et n° 21-23.947). • La question qui se pose est : la victime d'un accident du travail dû à la faute inexcusable de son employeur indemnisée par une décision de justice devenue irrévocable antérieurement au revirement du 20 janvier 2023 est-elle recevable à saisir à nouveau la juridiction de sécurité sociale pour obtenir l'indemnisation de son déficit fonctionnel permanent ? |
|
Virginie Guillemain
Rédactrice pour ActuEL CSE
Articles les plus lus
Articles les plus récents
Inscription à la newsletter