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Publié le - Mise à jour le
Les DRH doivent anticiper le changement et garantir l’agilité de l’organisation, contribuer à une performance durable et responsable, inspirer et cultiver l’ouverture, l’enthousiasme, donner du sens. La crise actuelle met également en avant de nouveaux modes d’organisation et d’interaction.
Les DRH se retrouvent aujourd’hui acculés à tirer les enseignements de cette période et à étendre les modalités d’accès au télétravail, érigé comme nouvelle norme. Or, il n’en demeure pas moins une modalité d’organisation qu’il convient de dépasser. Par exemple, ce plébiscite n’est pas aussi marqué parmi les jeunes, bien que nomades, presque volatils, désireux d’être libres de s’organiser et aguerris au numérique. Le lieu de travail reste pour eux un espace de sociabilité, un repère, un cadre et un lieu d’apprentissage dont ils ont besoin.
Ceci illustre les enjeux plus larges auxquels les DRH doivent répondre, en s’imprégnant de leur environnement et en créant les conditions nécessaires à l’épanouissement de chacun et à la performance de l’entreprise. Ils ont à maintenir un cadre, un ancrage au travers de valeurs et d’une vision claire et partagée, tout en offrant flexibilité et liberté. Tous ces éléments sont à réconcilier.
Si le modèle de l’entreprise d’avant-crise était mis à mal, les DRH sont là pour lui redonner du sens.
La fonction RH a longtemps eu et conserve un rôle quelque peu austère de « gardien du temple », de l’organisation, des règles, de l’équité — ce métier exige bien plus de rigueur et de maîtrise qu’on ne le pense. Or, on attend d’elle souplesse, agilité, créativité. Ces notions ne sont en rien incompatibles et il ne s’agit pas de s’affranchir d’un rôle au profit d’un autre ou de faire preuve de complaisance en réagissant simplement à des tendances ou à des attentes.
En cela, l’expérience représente un véritable atout. La capacité à incarner et à accompagner une vision, une stratégie tout en acceptant et en assumant quelques contradictions, zones de flou, incertitudes, sans jamais céder à l’improvisation et perdre le cap exige assise et confiance.
L’expérience offre plus de liberté, d’audace, de créativité et de plaisir à exercer cette fonction.
La crise n’a pas véritablement impacté le rôle et la place des DRH. Au cœur de l’entreprise, tant auprès des dirigeants que des salariés, elles n’étaient coupées ni du monde ni du business.
Néanmoins, un thème mérite sans doute des adaptations plus profondes que celles apportées par la Loi Travail de 2017 : le repositionnement et l’évolution du dialogue social. Dans le contexte actuel, les événements, les décisions qui en découlent et la nécessité de s’y adapter s’accélèrent et exigent une prise directe avec les collaborateurs. Les relations sont plus simples, plus authentiques, mais elles créent un décalage avec les partenaires sociaux qui expriment aujourd’hui une certaine frustration : les instances, auxquelles ils appartiennent, deviennent en quelque sorte des chambres d’enregistrement soumises à un rythme, des procédures, un jeu de posture... Tout cela n’est plus adapté aux enjeux de demain.