Compétences et diversité : les atouts « productivité » des entreprises françaises

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Si le lien entre capital humain et compétitivité a déjà été largement établi, qu’en est-il après deux ans d’une crise sanitaire inédite ? Alors que la guerre en Ukraine fragilise les équilibres économiques, comment les entreprises hexagonales peuvent-elles tirer leur épingle du jeu ? Selon le nouveau rapport du Conseil National de Productivité (CNP), les soft skills, la diversité des équipes – à tous égards – et des compétences managériales de haut niveau, constituent des atouts-clés en vue de gagner des points de productivité.

Qui dit capital humain, dit compétences

L’un des déterminants de la productivité est, en effet, le capital humain. Cela  correspond « aux compétences des travailleurs et à leur capacité à transformer leur travail en valeur ajoutée. » C’est ce cadre général qu’a retenu le CNP, une instance hébergée par France Stratégie, pour établir son rapport 2022, « Productivité et compétitivité : analyses conjoncturelles et structurelles post-Covid ». Une 3e édition qui fait suite à celles de 2019, « Productivité et compétitivité : où en est la France dans la zone euro ? », et de 2021, « Les effets de la crise Covid-19 sur la productivité et la compétitivité[1] ».

En matière de formation initiale ou continue, la France est à la traîne

Quelles leçons tirer de l’analyse réalisée par quinze experts indépendants sous la houlette de Natacha Valla, doyenne de l’École de Management et Innovation de Sciences Po – une analyse qui s’appuie sur de nombreuses études ? La première concerne l’importance, actuelle et future, de l’optimisation des compétences de la population active. « Au vu du nombre élevé d’années d’études déjà atteint par les nouvelles cohortes entrant sur le marché du travail, la marge de progression du capital humain se trouve dorénavant très clairement du côté de la qualité de l’enseignement. »

D’après les analyses internationales portant sur les compétences, la France dispose en effet de marges de progrès significatives pour améliorer la qualité de sa formation, tant initiale que tout au long de la vie. Comme les experts du CNP le rappellent, l’innovation, ainsi que la diffusion de technologies et/ou de nouveaux procédés, nécessitent un niveau élevé de compétences techniques mais aussi relationnelles, organisationnelles, d’autonomie au travail ou de résolution de problèmes.

Trois pistes d’action à explorer pour gagner en productivité

De fait, les compétences présentes – ou manquantes – dans les entreprises s’imposent comme le premier facteur expliquant les écarts de productivité. Dans cette perspective, les organisations ont intérêt à privilégier trois voies distinctes ou, plus exactement, à les conjuguer.

  • Piste n°1 : placer les soft skills au cœur de leurs priorités de développement

Parmi les principales compétences d’avenir, on trouve en effet la capacité d’analyse, et la capacité d’innovation. Deux soft skills qui appartiennent à la grande famille des compétences personnelles ou interpersonnelles sur lesquelles les entreprises doivent miser pour réussir. L’enjeu : mieux les définir, cerner au plus près ce qu’elles recouvrent en matière de comportements, de fonctionnements privilégiés ou d’attitudes, et préciser des indicateurs permettant de les évaluer. L’objectif étant, in fine, de mieux les piloter.

Grâce à la diversité, des gains de productivité sont au rendez-vous. Cette diversité se manifeste en trois dimensions : 

  1. la parité entre les genres ; 
  2. la mixité des zones géographiques d’origine ou de nationalités des salariés ; 
  3. la pluralité des âges. 

Des travaux conduits par l’OCDE mettent d’ailleurs en évidence l’intérêt de s’appuyer sur des managers d’âges différents et, aussi, sur des collaborateurs de différentes générations. Des équipes aux regards et perceptions complémentaires sont en effet gages d’une productivité augmentée.

  • Piste n°3 : s’appuyer sur des managers hautement qualifiés

Selon le rapport du CNP, les entreprises les plus productives se distinguent également par un double phénomène : d’abord, une proportion plus élevée de managers en leur sein ; ensuite, le très haut niveau de compétences de ces derniers. Cependant, pour tirer pleinement parti de cette main-d’œuvre extrêmement qualifiée, l’effort doit aussi porter sur la formation de leurs équipes, et sur la complémentarité – on y revient - des compétences des collaborateurs et de leurs managers.

Des recommandations à adopter pour renforcer une « culture compétences »

Les analyses sur lesquelles le CNP s’est appuyé pour rédiger son rapport fournissent par ailleurs des conseils concrets, notamment pour développer les soft skills nécessaires à l’innovation et à la transformation des organisations. Il s’agit, tout d’abord, de former les collaborateurs et de les accompagner dans la prise de conscience puis la mobilisation des soft skills qu’ils ont acquises. Les managers et les équipes doivent par ailleurs être soutenus afin d’intégrer une diversité de profils, une reconnaissance des compétences transversales associées devant avoir lieu. En parallèle, le développement d’un contexte de travail et d’un environnement organisationnel permettant le développement des soft skills, est indispensable.

>> L’essentiel à retenir :

  • Le 3e rapport du Conseil National de Productivité s’intéresse aux atouts des entreprises françaises pour maintenir leur compétitivité, après deux ans de crise sanitaire aigue.
  • Il met notamment en avant l’importance d’améliorer la formation initiale et continue afin de développer les compétences techniques et comportementales dont ont besoin les entreprises innovantes.
  • Trois voies d’action y sont mises en exergue : la montée en puissance des softs skills - via leur définition, leur évaluation et leur pilotage ; le renforcement de la diversité des équipes - genres, origines et âges ; l’appui à trouver auprès de managers hautement qualifiés, dont les compétences doivent être complémentaires de celles de leurs équipes.

[1] Pour consulter les deux premières éditions du rapport du CNP : c’est ici.

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