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Publié le - Mise à jour le
Publiée en novembre 2022, l’enquête GENESE 2021 est la toute première enquête statistique menée par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Réalisée en 2021 auprès d’un large panel de la population française, elle propose un panorama des différentes formes de violences avec notamment un focus sur les comportements sexistes et sexuels au travail.
Parmi les personnes qui ont déjà exercé un emploi, 28,4 % déclarent avoir déjà été victimes d’un comportement sexiste ou sexuel au travail, ce qui représente presque 11,8 millions d’individus.
Si cette problématique concerne aussi bien les hommes que les femmes, ces dernières sont surreprésentées : 41 d’entre elles % ont déjà vécu un comportement ou une situation sexiste, contre 14,9 % des hommes.
Les comportements rapportés par les victimes recouvrent des situations variées, regroupées dans l’enquête en deux grandes catégories.
Sont ici visés les regards déplacés ou insistants, la transmission d’images ou de photos explicites, les plaisanteries indécentes ou remarques offensantes sur le corps ou la vie privée, les emails ou SMS sexuellement explicites ou déplacés.
La quasi-totalité des victimes évoquent de tels comportements sexistes (94 %), avec en premier lieu des regards déplacés ou insistants (73 %). Les chiffres spécifiques des hommes et des femmes sur cette problématique sont similaires (respectivement 93 % et 95 %).
L’enquête aborde ici les situations suivantes : propositions déplacées de rendez-vous privés, propositions sexuelles déplacées, contacts physiques non désirés, avances déplacées sur les réseaux sociaux professionnels, menaces ou représailles en cas de rejet des avances. Est également visé tout autre comportement à connotation sexuelle qui offense, humilie ou intimide la personne. La moitié des victimes (49 %) a déjà subi l’une de ces situations.
Au contraire des comportements sexistes, les femmes sont ici davantage représentées que les hommes : 55 % ont déjà été victimes de comportements à caractère sexuel, contre 33 % des hommes.
Toutes les personnes interrogées ne sont pas concernées de la même manière par de tels agissements sexistes et/ou sexuels.
Les salariés du secteur privé sont largement représentés (66 %) par rapport aux salariés de la fonction publique (20 %) ou aux personnes sans emploi (10 %). En matière de contrat de travail, les titulaires d’un CDI sont davantage victimes (87 %) que les salariés bénéficiant d’un CDD ou d’un autre contrat (13 %).
Les employés, hommes et femmes confondus, sont les plus touchés par ces comportements (27 %). Viennent ensuite les professions intermédiaires (23 %), les cadres (17 %) et les ouvriers (16 %). Mais on note de nettes différences entre les sexes. Chez les hommes, les catégories les plus affectées sont les ouvriers (24 % contre 6 % chez les femmes), puis les cadres (20 % contre 14 % chez les femmes). Du côté des femmes, les victimes sont majoritairement des employées (40 % contre 15 % chez les hommes).