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Publié le - Mise à jour le
Depuis sa création en 2010, la norme ISO 26000 s’est imposée comme la référence internationale en matière de responsabilité sociétale des entreprises et des organisations (RSE/RSO). Pourtant, face à l’émergence de nouveaux défis – transition écologique, régulations européennes, nouvelles attentes sociétales –, sa mise à jour est désormais discutée.Pourquoi une révision est-elle envisagée ? Quel processus sera suivi ? Voici les premiers éléments de réponse.
Élaborée en 2010 par l’Organisation internationale de normalisation (ISO), l’ISO 26000 est un guide de lignes directrices destiné à aider les organisations – entreprises, collectivités ou associations – à intégrer la responsabilité sociétale dans leurs stratégies et leurs opérations. Elle propose un cadre structuré autour de sept questions centrales : gouvernance de l’organisation, droits de l’homme, relations et conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, questions relatives aux consommateurs, et communautés et développement local.
Contrairement à d’autres normes, l’ISO 26000 n’est pas certifiable. Elle propose une série de recommandations que les entreprises peuvent suivre de façon volontaire. Cela ne diminue toutefois pas sa valeur. En effet, suivre les directives de la norme ISO 26000 permet aux entreprises de gérer de façon plus durable et éthique leurs activités et de s'aligner avec des objectifs plus larges.
Plusieurs raisons sont à l'origine les discussions autour d’une révision de l’ISO 26000. Le contexte réglementaire a notamment profondément évolué depuis 2010. En Europe, de nouveaux textes comme la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) ou la loi Pacte en France ont fait leur apparition. Ils ont étendu les obligations des entreprises en matière de reporting extra-financier et d’intégration des enjeux sociaux et environnementaux. L’ISO 26000 doit donc s’aligner sur ces exigences pour suivre les évolutions réglementaires et sociétales.
Par ailleurs, de nouveaux enjeux sociétaux ont émergé ces derniers temps et ne sont pour le moment pas couverts par la version actuelle de la norme. Il s’agit notamment de la transition écologique et de la question du numérique responsable. L’économie circulaire est également un concept phare en matière de RSE, qui n’est pas abordé par le référentiel actuel.
Depuis 2015, de nouvelles réflexions, normes et réglementations ont également vu le jour. C’est notamment le cas des :
En plus d’intégrer les nouvelles réglementations qui ont vu le jour depuis 2010 (CSRD, ODD, neutralité carbone, dépassement des limites planétaires, économie circulaire…), la norme ISO 26000 pourrait bénéficier d’autres ajustements. En effet, dans son état actuel, elle présente quelques lacunes qui pourraient être corrigées avec :
Durant l’année 2025, la norme ISO 26000 entre dans une phase active de réflexion sur des pistes d’évolution possibles. Cette phase est pilotée en France par l’AFNOR. L’institut français organise des ateliers et des consultations pour recueillir les attentes des acteurs locaux – entreprises, associations, experts – sur les ajustements nécessaires à cette référence en responsabilité sociétale. Parallèlement, des démarches similaires seront menées dans d’autres pays, sous l’égide d’organismes de normalisation locaux, afin d’enrichir les discussions à l’échelle internationale. Cette étape clé marquera le début d’un processus collaboratif visant à moderniser la norme. Les contours précis ne sont pas encore dévoilés, il faudra attendre la fin de l'année 2025 pour avoir plus de précision sur le sujet.
En attendant la publication de la norme révisée, les entreprises peuvent anticiper. Pour cela, plusieurs actions possibles comme la réalisation d’un diagnostic RSO. Ce diagnostic permettra d’évaluer leur alignement avec les sept questions centrales de l’ISO 26000 et d’identifier les lacunes potentielles. Des outils d’auto-évaluation proposés par l’AFNOR peuvent faciliter cette démarche. Deuxième action possible : participer aux consultations organisées pendant la phase de réflexion. Les entreprises et institutions sont en effet encouragées à contribuer aux ateliers organisés par l’AFNOR ou d’autres instituts nationaux. Anticiper les tendances en formant les équipes aux nouveaux enjeux RSE permet aussi de se préparer aux futures exigences sans attendre la publication officielle.