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Publié le - Mise à jour le
Si, malgré tout, cette stabilité ne peut être reproché - tel était le parti pris originel qui n'est pas, en lui-même, blâmable - il faut regretter qu'une même expression « principe essentiel » désigne des énoncés si différents et, partant, provoque la confusion sur ce que contient, réellement, le futur Préambule.
Il y a d'abord des « principes-droits » ou des « principes-libertés ». Lorsqu'il est dit que « chacun est libre d'exercer l'activité professionnelle de son choix » (futur Code, art. 11) : une liberté est proclamée et, du moins l'espère-t-on, est garantie. Le destinataire de la règle voit sa situation améliorée ;
Il y a ensuite des « principes techniques ». Lorsqu'il est dit que « le transfert d'entreprise emporte transferts des contrats de travail », c'est une mesure de technique juridique pure, qui n'ouvre à proprement parler aucun droit général aux acteurs de la relation de travail.
Il y a enfin des « principes-compétences ». L'énoncé « un salaire minimum est fixé par la loi » (art. 30) ne contient qu'une injonction faite (ou un pouvoir reconnu) au législateur : tant que la dite loi n'aura pas été prise, le salarié, comme l'employeur, y sont parfaitement étrangers.
In fine, il est impossible de donner une définition générale du « principe essentiel du droit du travail » : un effort accru de conceptualisation aurait été utile.
Critiques positives
En dépit de ses imperfections le Préambule mérite qu'hommage lui soit rendu. D'abord, parce que sont enfin « verbalisées » dans la loi des notions essentielles dont le législateur ne s'était jamais saisi : « en cas de conflit de normes, la plus favorable s'applique aux salariés si la loi n'en dispose pas autrement » (futur Code, art. 56). Ensuite parce que si, effectivement, le juriste affuté, spécialiste du droit du travail, aura mille choses à redire tant sur la finesse des notions que la pureté de langue (pourquoi cet abandon de l'indicatif au profit des « peut », « doit », « ne saurait »... ?), le profane trouvera très certainement dans ces 61 articles un résumé utile, ou une simplification pertinente, du droit applicable à la relation de travail. À n'en pas douter, c'est ici témoigner du souci de renforcer l'accessibilité du droit. C'est une bonne chose !
Par Vincent Roulet
Avocat, Cabinet brL Avocats et Maître de conférences à l'Université de Tours