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Publié le - Mise à jour le
En France, de nombreuses copropriétés sont dites “en difficulté”. Ces copropriétés fragiles se caractérisent par des immeubles qui se dégradent et par des impayés qui s'accumulent, ce qui rend leur gestion quasi-impossible. Pour résoudre ce problème, une solution existe depuis peu, il s’agit du syndic d'intérêt collectif. Voici en quoi il consiste.
Cette mesure a été introduite par la loi n° 2024-322 du 9 avril 2024, communément appelée “loi habitat dégradé”. Dans son article 20, la loi prévoit en effet la création d’un tout nouveau dispositif chargé de s’occuper des copropriétés en difficulté. Il s’agit du syndic d'intérêt collectif qui doit permettre d'accélérer la réhabilitation des immeubles en difficulté et d’éviter leur effondrement, aussi bien physique qu’économique.
Ce syndic peut être une personne physique ou morale. Il peut s’agir d’une entité privée ou publique, qui peut également être mis en place par des collectivités ou des bailleurs sociaux. Le syndic d’intérêt collectif est un professionnel reconnu pour ses compétences spécifiques dans la gestion de copropriétés en difficulté. Il intervient généralement lorsqu’un administrateur provisoire ou un mandataire a été désigné par le juge pour remettre en ordre une copropriété en situation critique.
Sa mission ne se limite pas à la gestion classique d’une copropriété. Il est en effet appelé à assister le redressement complet de l’immeuble, tant sur le plan financier que technique. Son rôle est donc à la fois opérationnel, stratégique et parfois même social.
Le syndic d’intérêt collectif n’est pas un syndic tout à fait classique. Pour pouvoir exercer, il doit obtenir un agrément délivré par le préfet du département. Cet agrément est valable pendant 5 ans. Pour être agréé, le professionnel doit pouvoir démontrer sa capacité à accompagner des copropriétés en difficulté, mais aussi sa connaissance des dispositifs d'accompagnement publics, de recouvrement, de compatibilité et de travaux de rénovation. Le professionnel élu syndic d'intérêt collectif doit également suivre une formation de plusieurs heures par an. L’agrément pourra être retiré à tout moment si un manquement est constaté.
Bon à savoir : un bilan est exigé à la 3e année d’exercice, notamment pour décider d’un renouvellement d’agrément. Il doit notamment faire état des actions menées, des résultats obtenus, mais aussi du respect des obligations de formation.
Le syndic d’intérêt collectif agit en complément ou en soutien des mesures judiciaires mises en place dans le cadre d’une copropriété en péril. Il remplit différentes missions qui sont notamment :
Confier la gestion d’une copropriété fragile à un syndic d’intérêt collectif permet de bénéficier d’une expertise, souvent absente chez les syndics “généralistes”. Les copropriétés profitent également d’un accompagnement renforcé de la part de l’État, des collectivités locales et des organismes d’aide comme l’ANAH. Elles disposent aussi d'un accès plus rapide et facile aux aides financières, notamment pour la réalisation de travaux. Avec le syndic d’intérêt collectif, les copropriétés disposent également d’un interlocuteur unique pour coordonner les démarches administratives, financières et techniques. Il s’agit aussi d’un gage de crédibilité auprès des copropriétaires. Ils ont désormais l’assurance que des mesures sérieuses seront engagées pour sortir leur immeuble de la crise.
Les tous premiers syndics d'intérêt collectif voient le jour en 2025 et marquent une nouvelle étape dans la gestion des copropriétés fragiles. En apportant une réponse ciblée aux situations les plus complexes, ce dispositif vient répondre à un besoin toujours plus important de sortir de la crise des centaines voire des milliers d’immeubles en difficulté. Un dispositif dont le but est de lutter activement contre les habitats indignes.