"Pour devenir Consultant en RSE, il faut être polyvalent et curieux d’apprendre" - Interview de Nicolas REBERT

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Dans un monde où les enjeux environnementaux et sociaux sont de plus en plus prégnants, le rôle des Consultants en Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est devenu essentiel. Ces professionnels œuvrent à la fois à la promotion du développement durable et à l'amélioration de la performance globale des organisations. Le métier de Consultant RSE est en constante évolution, offrant des opportunités passionnantes, mais également des défis à relever. Nicolas REBERT, fondateur et consultant de RESPONSEO, cabinet de conseil en RSE et management QSE nous présente les évolutions et les défis du métier de Consultant RSE.

En tant que Consultant en RSE et Développement durable, pouvez-vous décrire les missions qui vous sont le plus fréquemment confiées par les organisations ?

Les entreprises qui initient leurs démarches RSE me sollicitent pour la réalisation de diagnostics basés sur la norme ISO 26000 afin d’établir leurs axes de travail prioritaires et les intégrer dans leur stratégie de développement. Pour les entreprises plus matures, je suis amené à travailler sur les achats responsables (ISO 20400), la réalisation de bilan des émissions de gaz à effet de serre (ISO 14064), l’économie circulaire et la prise en compte du cycle de vie (ISO 14040), ainsi que le management de la santé/sécurité et l’amélioration des conditions de travail (ISO 45001).

Quelles sont les compétences et les qualifications nécessaires pour devenir Consultant en RSE ?

Il faut être polyvalent et curieux d’apprendre. La RSE touche à tous les domaines d’une organisation (gestion des ressources humaines, connaissances techniques pour l’environnement, organisation pour la logistique…) et il est nécessaire de développer continuellement ses connaissances par rapport à sa formation initiale ou son expérience professionnelle. Par ailleurs, disposer soi-même d’une expérience en entreprise par le passé est, je pense, un vrai plus. Cela permet de mieux identifier les freins et les obstacles auxquels sont confrontés les managers dans les entreprises face aux changements de pratiques que représente la RSE.

Comment votre métier évolue-t-il face aux changements et aux défis actuels en matière de durabilité et de responsabilité sociale des entreprises ?

Il faut être de plus en plus capable d’apporter de la valeur ajoutée dans son expertise technique. Il y a quelques années, une démarche RSE se contentait parfois d’être en accord avec des concepts et des principes très généraux de durabilité. Désormais, avec la multiplication des outils et des labels, les entreprises doivent être capables d’apporter des éléments concrets et crédibles en lien avec leurs engagements.

De même, face à ces défis, les entreprises font-elles évoluer leurs pratiques plus rapidement ?

Des nouveaux postes RSE apparaissent dans les organigrammes des entreprises. Mon rôle est donc de plus en plus de venir en soutien des équipes déjà en place, plutôt que de réaliser des prestations totalement externalisées. Je constate également une diffusion de la thématique RSE auprès de l’ensemble des acteurs concernés. Acheteurs, responsables production, chefs de projet R&D, … les missions RSE ne se limitent plus à un unique interlocuteur portant l’ensemble de la démarche.

Quel sera l’impact de la nouvelle directive CSRD sur votre métier et votre façon de travailler ?

La directive CSRD, qui remplacera prochainement la directive NFRD, va élargir le nombre d’entreprises européenne soumises à un reporting de performance extra financière. Cela va amener à plus de transparence sur les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). Et donc la nécessité de développer des outils de mesure des impacts (comme les bilans gaz à effet de serre ou les Analyses de Cycles de Vie). Les pratiques d’achats responsables vont sans doute également se renforcer, avec l’élaboration de questionnaires fournisseurs de plus en plus pointus sur les critères RSE.

Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confronté en tant que Consultant RSE et comment les abordez-vous ?

Se maintenir à jour des évolutions, qui ont tendance à s’accélérer, est pour moi le principal défi. Ces évolutions peuvent être réglementaires, techniques ou organisationnelles. Il est important en tant que consultant de réaliser une veille régulière en utilisant différents canaux (sites internet, bulletins officiels, revues…).

Comment travaillez-vous avec les parties prenantes internes et externes pour développer et mettre en œuvre des initiatives RSE ?

Pour certains de mes clients, je suis amené à réaliser des audits RSE chez leurs fournisseurs, dans une démarche gagnant-gagnant visant à valoriser leurs bonnes pratiques et à proposer des axes d’amélioration sur le moyen terme. Pour les prestataires intervenant dans les entreprises, j’évalue la mise en place de consignes RSE visant à la maitrise des risques sécurité au travail et de réduction des impacts environnementaux (maintenance, nettoyage…). Pour les salariés, cela passe par des entretiens sur les possibilités d’amélioration de la qualité de vie au travail.

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