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Publié le - Mise à jour le
Les chiffres clés des accidents et maladies liées au travail ont été publiés fin octobre par l’Assurance Maladie, l’occasion de prendre du recul sur les conséquences en matière de santé-sécurité de cette année si particulière marquée par la Covid-19.
L’année 2020 a été marquée par une baisse de 500 000 accidents comparativement à 2019, soit une baisse de 18%. Sans surprise, cette baisse a été concentrée sur les périodes de confinement et dans les secteurs où le recours au télétravail et au chômage partiel a été le plus important (comme le travail temporaire, le transport, l’édition, l’alimentation, etc.). Cette baisse est un peu moins marquée dans d’autres secteurs, industriels ou BTP. En revanche, pour les ambulanciers ou activités de vente à distance, les accidents ont augmentés du fait de l’augmentation de leur activité.
De façon similaire, les accidents de trajets ont diminué d’environ 20%. A noter, on constate une hausse des accidents de vélo et de trottinette, particulièrement en Ile-de-France.
Enfin, les maladies professionnelles ont elles aussi diminué de 19%, notamment du fait d’une réduction des TMS (troubles musculosquelettiques) qui représentent toujours 87% des maladies professionnelles. A noter, près de 100 000 MP ont été déclarées et 35 000 ont été reconnues.
Par contraste, les maladies reconnues à titre professionnel relevant des troubles psychosociaux sont en hausse de 37%, atteignant 1 441 maladies. Comment ne pas y voir là aussi un effet de l’intensification du travail dans certains secteurs, de l’isolement ou de l’incertitude dans d’autres ?
Un constant qui perdure au-delà de l’année 2020. A la lecture de la 8ème édition du baromètre sur la santé psychologique des français d’Empreinte Humaine, on constate qu’actuellement, l’épuisement professionnel concernerait toujours plus de 2,5 millions de salariés touchés. Une explication avancée est que, malgré le retour au bureau, l’accumulation des tensions de l’année 2020 ont laissé des traces et l’épuisement n’a pas été complètement résorbé. L’étude note cependant une diminution du niveau de détresse psychologique par rapport à mai 2021 – même si celle-ci concernerait toujours 38% des salariés – et la tendance serait baissière. A noter, les salariés revenus au bureau se porteraient un peu mieux que leurs homologues restés en télétravail ; de plus les femmes et les jeunes seraient également proportionnellement plus impactés.
Enfin, à septembre 2021, il était dénombré plus de 5 000 dossiers déposés, à plus de 80% en provenance du personnel soignant. 1 690 dossiers ont d’ores et déjà été pris en charge. Pour mémoire, un tableau de Maladies professionnelles n°100 a été créé pour intégrer les pathologies en lien avec le SARS-Cov2.
On le voit, ces chiffres dessinent un portrait contrasté de l’année 2020 qui aura laissé des séquelles psychologiques encore palpables. Au-delà des bonnes nouvelles de la baisse des AT et MP – qu’il faut prendre avec précaution – le monde du travail de demain doit plus que jamais s’interroger sur l’intégration pleine et entière des problématiques de qualité de vie au travail pour que le monde d’après soit celui du travail décent pour toutes et tous.
Sources :
Stéphan Pezé
Consultant-formateur Santé et Sécurité au travail
Formateur pour Elegia et Auteur de « Les risques psychosociaux : 30 outils pour les détecter et les prévenir »,
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