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Publié le - Mise à jour le
Avec l'explosion des plateformes comme Airbnb, Booking ou encore Abritel, la location de meublés de tourisme ne cesse de prendre de l’ampleur. Tant et si bien que certaines villes, notamment les plus touristiques, manquent désormais de logements à l’année pour leurs habitants. La flambée des prix de l’immobilier pousse même certains d’entre eux à quitter ces zones sous tension. Pour ramener un peu de sérénité sur le marché de l'immobilier, une nouvelle loi a vu le jour. Il s’agit de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 dite “loi Le Meur”.
La loi Le Meur est un texte porté par Annaïg Le Meur, députée Renaissance. Elle s’inscrit dans un contexte de forte tension du marché immobilier français. Porté par l'essor des plateformes de locations touristiques, le marché est devenu extrêmement tendu dans certains secteurs. Des maisons et appartements sont régulièrement transformés en meublés de tourisme, ce qui entraîne une pénurie de logements qui force les communes à prendre des décisions drastiques.
Certaines villes européennes très touristiques ont d’ailleurs déjà pris des mesures pour réguler ce phénomène. C’est notamment le cas de Barcelone. En juin 2024, la municipalité a adopté une nouvelle réglementation : elle ne renouvellera pas les licences accordées pour les locations saisonnières. L'objectif ? Plus aucune location touristique à partir de novembre 2028. Une solution radicale qui ravit les habitants qui ont vu le prix des loyers grimper de +70% en 10 ans, mais qui va certainement être attaquée par les professionnels du tourisme.
Contrairement à ce qui se passe à Barcelone, la loi Le Meur adoptée le 19 novembre 2024, n’entend pas interdire les locations saisonnières. Elle vise toutefois à encadrer ce marché en misant sur deux actions clés :
Plusieurs types de logements sont ainsi visés par cette loi. Il s’agit notamment des locations meublées de tourisme louées via des plateformes comme Airbnb ou Booking, mais aussi les logements loués en LMNP (loueur en meublé non professionnel).
La loi Le Meur renforce considérablement le rôle des maires dans la régulation des locations touristiques. Désormais, toute mise en location d’un meublé de tourisme devra être enregistrée en mairie, même pour une résidence principale. Ce numéro d’enregistrement, généralisé d’ici mai 2026, permettra aux communes de mieux cartographier les logements concernés et de contrôler leur conformité (sécurité incendie, DPE, etc.). Les maires pourront même suspendre ce numéro en cas de non-respect des règles, par exemple si le logement est jugé insalubre.
Mais ce n’est pas tout. Les communes auront aussi la possibilité de :
Enfin, les maires pourront sanctionner directement les propriétaires : 10 000 € d’amende en l’absence d’enregistrement, 20 000 € en cas de fausse déclaration.
Autre axe fort de la loi Le Meur : la fin de la “niche fiscale Airbnb”. La loi durcit le régime des micro-BIC, très prisé des loueurs occasionnels. Dès 2025 :
Ces nouveaux taux vont s’appliquer sur les revenus locatifs perçus à partir du 1er janvier 2025. Autre coup dur pour les investisseurs en LMNP cette fois. Ils ne pourront plus déduire les amortissements du logement dans le calcul de la plus-value, lors de la revente.
La loi Le Meur entend aussi mettre fin aux passoires énergétiques. Les meublés de tourisme vont désormais devoir respecter les mêmes normes que les logements classiques. En zone tendue, depuis novembre 2024, les logements nouvellement mis à la location saisonnière doivent afficher un DPE entre A et E.
D’ici 2034, tous les meublés (anciens et nouveaux) devront être classés entre A et D. Les propriétaires ont donc dix ans pour rénover leurs biens. À défaut, ils risquent une amende de 5 000 €.
Autre mesure de la loi Le Meur : réguler les locations touristiques au sein des copropriétés. Deux nouveautés sont ainsi mises en œuvre :
Conséquence : Les copropriétés pourront mieux lutter contre les nuisances (nuits bruyantes, va-et-vient des voyageurs…), afin de préserver la tranquillité de tous les résidents.
Avec la loi Le Meur, la France tente de concilier attractivité touristique et droit au logement. Si les maires et copropriétés gagnent des outils pour limiter les abus, les propriétaires devront s’adapter à une fiscalité moins clémente et à des normes énergétiques plus contraignantes.