Manager des collaborateurs « difficiles » : les soft skills à la rescousse

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L’entreprise est un lieu de rencontre. Chaque jour, des personnalités uniques s’y croisent, échangent et collaborent. Parfois, certains collaborateurs compliquent la vie en équipe, voire influent négativement sur la performance de l'organisation. Résistants au changement, passifs agressifs, commères, désengagés chroniques, Mr/Mme Je-Sais-Tout… Ces profils dits « difficiles » peuvent rapidement devenir un casse-tête pour les managers. Alors, comment identifier ces profils ? Pourquoi certains salariés adoptent-ils des comportements problématiques ? Quelles soft skills managériales développer pour réussir à les gérer ? Décryptage.

Savoir reconnaître les différents profils de « collaborateurs difficiles » à manager

Chaque entreprise compte parmi ses équipes des personnalités variées, avec leurs forces et leurs faiblesses. Si la diversité des profils est incontestablement une richesse, elle peut aussi vite se transformer en défi lorsque certains comportements nuisent à la dynamique du groupe. On parle alors de « profils difficiles ». Attention toutefois à ne pas cataloguer ainsi un collaborateur au moindre désaccord ou signe d’indépendance d’esprit. De même qu'un collaborateur dit « difficile » n’est pas nécessairement un mauvais élément. Certains sont d’excellents professionnels, mais leur comportement peut générer des tensions, ralentir des projets ou fragiliser la cohésion d’équipe.

La première étape, en tant que manager, consiste à identifier ces comportements, pour pouvoir agir en conséquence. En ce sens, des profils types se dessinent :

  • Le résistant au changement : il s’accroche aux anciennes méthodes et freine toute tentative d’innovation. Sa phrase fétiche ? "On a toujours fait comme ça". Sauf qu'à force de rester fixé sur idées, il peut bloquer des transformations essentielles, limiter l'innovation et créer une inertie nuisible à l’entreprise.
  • Le passif-agressif : plutôt que d’exprimer ouvertement son désaccord, il sabote discrètement le travail collectif à grands renforts de sarcasmes, de retards non justifiés ou de mauvaise volonté. C'est celui qui répond « si vous voulez » en traînant des pieds, et qui, par conséquence, instaure une ambiance de méfiance et rend la collaboration compliquée.
  • La commère : toujours à l’affût du moindre ragot, elle se nourrit des bruits de couloir, qu'elle répète et amplifie parfois. Avec elle, peut de place à la vérification des informations. Résultat, sans forcément le vouloir, elle peut créer une mauvaise ambiance dans l'équipe et générer un climat anxiogène.
  • Le désengagé chronique : il fait le strict minimum, manque d’initiative et refuse de s’impliquer. Il évite les responsabilités, arrive systématiquement en retard en réunion et ne participe jamais aux discussions. Sur le long terme, il risque d'entraîner les autres et de démotiver l'ensemble de l'équipe.
  • Le Je-Sais-Tout : persuadé d’avoir toujours raison, il impose son point de vue, coupe la parole en réunion et ne supporte pas la contradiction. Il a tendance à corriger systématiquement ses collègues, voire son manager, même sur des détails insignifiants, ce qui peut entraîner une frustration et ralentir la prise de décision.
  • Le contestataire : toujours en désaccord, il remet en question les décisions et les méthodes, parfois avec une argumentation pertinente, mais souvent par principe. À la longue, son comportement peut générer des débats stériles, ralentir les prises de décision et affaiblir l’autorité du manager.

Comprendre l'origine du problème : il n'y a pas de fumée sans feu

Premièrement, attention à ne pas tirer de conclusion trop hâtive. Un comportement récent et isolé peut être le signe d’un stress passager, d’un problème personnel ou d’un désaccord ponctuel avec l’équipe, sans pour autant être problématique. Ensuite, pour gérer un collaborateur « difficile », il est essentiel de comprendre les raisons de son comportement. Derrière une attitude problématique se cachent souvent des causes profondes, qu’elles soient liées à la personne elle-même, au contexte de travail ou à des interactions mal gérées. On parle alors de causes internes et de causes externes.

Les causes internes relèvent du collaborateur lui-même, en tant qu'individu. Un manque de reconnaissance, un stress excessif ou une charge de travail trop importante sont autant de facteurs pouvant expliquer des comportements inhabituels chez les salariés. De même que la vie personnelle a un impact certain sur l'activité : un collaborateur qui rencontre des difficultés familiales, financières ou de santé peut entraîner un désengagement, voire une certaine agressivité. Tout comme un manque de reconnaissance peut pousser certaines personnes à se mettre davantage en avant et à contester les autres.

Mais parfois, le comportement d’un salarié difficile est une réaction défensive par rapport à l'environnement de travail ou révèle un problème managérial plus profond. Par exemple, un leadership trop autoritaire peut provoquer des résistances et exacerber les tensions. À l’inverse, un management trop laxiste peut encourager certains comportements négatifs. D'autres causes externes existent : une défaillance de communication avec le manager ou la direction, une culture d'entreprise toxique, un manque de perspectives d'évolution, etc.

Gestion de conflit, écoute, assertivité… : les soft skills à la rescousse

Face à des collaborateurs difficiles à gérer, former les managers aux soft skills peut faire une vraie différence.

Par exemple, un manager formé à la gestion de conflit ne se contente pas d’intervenir quand la situation devient explosive ; il sait repérer les signaux faibles et agir en amont. Certains profils difficiles adorent souffler sur les braises : la commère qui alimente les rumeurs, le passif-agressif qui envenime les discussions par petites piques, le contestataire qui n'est jamais d'accord avec personne. Pour éviter que ces situations ne dégénèrent, le manager doit créer un environnement où les tensions sont verbalisées et traitées de manière constructive.

L'écoute active compte également parmi les compétences les plus précieuses des managers. Un employé jugé difficile ne cherche pas à nuire à l'entreprise : il peut exprimer une frustration légitime, un besoin de reconnaissance ou un mal-être profond. L’écoute active consiste à prendre du recul et à donner à chacun l’espace nécessaire pour exprimer son point de vue. Un manager efficace ne coupe pas la parole, ne minimise pas les ressentis et ne cherche pas immédiatement à imposer sa vision. Il reformule, pose des questions ouvertes et invite le collaborateur à verbaliser ce qui le pousse à agir ainsi.

Enfin, dernière soft skills parmi tant d'autres pouvant aider les managers à gérer les talents : l'assertivité. Un manager assertif ne tourne pas autour du pot. Il exprime des attentes précises, rappelle les règles de manière factuelle et s’assure que son message est bien compris. Face à un collaborateur difficile, il ne s’agit pas de donner des ordres de manière rigide, mais d’expliquer en quoi un comportement nuit au collectif et de fixer un cadre clair pour la suite.

Gérer des profils « difficiles » est un exercice délicat, auquel tout manager sera confronté un jour. Ignorer un comportement problématique en espérant qu’il se résorbe de lui-même est une stratégie vouée à l’échec. À l’inverse, réagir de manière trop autoritaire peut accentuer les tensions et nuire à la dynamique collective. La clé réside dans un équilibre subtil entre écoute, analyse et… soft skills !

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