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Publié le - Mise à jour le
Le démarchage téléphonique est une forme de prospection commerciale. Une entreprise ou un professionnel contacte un particulier pour l'inciter à acheter un produit, un service ou un contrat. Cette technique de vente est souvent utilisée dans les secteurs de l'assurance, de l'énergie et de la rénovation. Elle est encadrée par le droit des affaires afin de protéger les consommateurs. Face à une recrudescence de cette pratique, la loi évolue pour entrer en vigueur dès 2026.
Le Sénat a voté pour adopter une proposition de loi visant à lutter contre le démarchage téléphonique non sollicité, quelques semaines après l'Assemblée nationale. Celle-ci a pour objectif de redéfinir les limites légales de la prospection commerciale suite à des plaintes d'associations de consommateurs. Les appels téléphoniques à visées commerciales sont en effet jugés intrusifs et indésirables. Certains parlent même d'une forme de harcèlement téléphonique tant les appels sont nombreux et réguliers, parfois plusieurs fois par jour. Un autre problème réside dans le démarchage téléphonique en lui-même, avec des interlocuteurs agressifs ou trompeurs.
Cette pratique du démarchage téléphonique est souvent utilisée par des entreprises peu scrupuleuses ou même des arnaqueurs. Ces derniers profitent de l'effet de surprise ou de la vulnérabilité des personnes pour les forcer à souscrire à certains services. C'est d'autant plus vrai pour les personnes âgées. Désinformation, aides du gouvernement ou obligation soi-disant légale de faire des travaux, les scénarios sont bien ficelés et peuvent conduire de nombreux particuliers à tomber dans le panneau. Ces fraudes sont fréquentes notamment dans les domaines des assurances et de la rénovation énergétique. Pour protéger les consommateurs des abus, le gouvernement avait mis en place l'outil Bloctel. Mais ses limites en terme d'efficacité pose aujourd'hui la question de l'évolution d'un encadrement juridique.
La nouvelle loi entrera en vigueur dès le 11 août 2026. Elle vise à protéger les consommateurs et responsabiliser les professionnels. Mais aussi à restaurer la confiance entre particuliers et entreprises. Voici les points clés à retenir :
Le consentement est au cœur de la nouvelle loi, pour obliger les entreprises et les professionnels à stopper les appels « à froid ». Dorénavant, ils devront prouver qu'ils ont bien obtenu le consentement d'un particulier avant de le contacter à des fins commerciales. L'accord doit être libre, clair et éclairé. En cas de non-respect, les sanctions sont lourdes avec des amendes administratives comprises entre 75 000 € et 375 000 €. En cas de démarchage abusif ou agressif, la peine de prison passe de 3 ans à 5 ans, avec une amende de 500 000 € pour une personne physique. Pour une entreprise, la pénalité financière s'élève désormais à 20% du chiffre d'affaires annuel.
Les entreprises pourront continuer d'appeler leurs clients uniquement dans le cadre d'un contrat actif. Par exemple pour proposer un service complémentaire, informer sur l'évolution tarifaire d'un abonnement ou encore proposer un renouvellement. En revanche, il est désormais interdit de prospecter d'anciens clients ou de vendre un nouveau service qui n'est pas en lien avec le contrat en cours. Par exemple, une compagnie d'assurance ne peut pas solliciter un de ses clients pour souscrire une assurance auto si celui-ci possède uniquement un contrat d'assurance habitation au sein de la structure.
Si la nouvelle législation vise à protéger les citoyens des appels indésirables, elle impacte aussi durablement le monde professionnel. Les entreprises vont devoir repenser leurs stratégies marketing pour être en conformité juridique. Le consentement obligatoire des particuliers exclue désormais l'utilisation de bases de données de clients sans s'exposer à des sanctions. Les TPE-PME et les centres d'appels spécialisés dans la prospection ou la relation client vont être également directement impactés sur le plan économique. Le SP2C (Syndicat des professionnels des centres de contact) et l'AFRC (Association française de la relation client) estiment entre 8 500 et 55 000 le nombre d'emplois menacés.
La loi 2026 contre le démarchage téléphonique non sollicité est donc la réponse juridique, sociale et économique à un problème de société. Elle a pour ambition de protéger les consommateurs des fraudes tout en améliorant leur qualité de vie. Elle vise aussi à responsabiliser les entreprises avec des sanctions lourdes en cas de non-respect du consentement des particuliers. Les appels téléphoniques seront désormais plus encadrés sur le plan législatif, avec pour seule exception les échanges avec un professionnel qui détient un contrat en cours.