Les placements des assureurs français face à la crise sanitaire et aux défis du développement durable

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Le bulletin publié le 24 décembre 2021 par la Banque de France est consacré aux placements des assureurs français. L’étude révèle que le secteur des assurances est resté solide malgré le contexte de crise sanitaire, en partie grâce à une gestion prudente des actifs. Les assureurs doivent pourtant relever de nombreux défis, notamment celui du développement durable.

La stabilité des assureurs face à la crise

Fin 2020, la totalité des placements des assureurs français atteignait 2 852 milliards d’euros, soit 39 milliards d’euros de plus qu’en 2019. Cette progression s’explique par des flux de placements (ventes nettes et transferts de titres aux organismes de retraite professionnelle supplémentaire) et par les évolutions à la hausse de la valorisation du portefeuille titres. 

Le secteur doit également sa stabilité au fait que les assureurs ont privilégié les titres de haute qualité ayant reçu une note supérieure ou égale à AA-. Fin 2020, ces titres concernaient 55 % des titres notés détenus en direct.

En outre, le risque de liquidité pesant sur les assureurs est resté faible malgré la crise sanitaire. Les détenteurs de contrats d’assurance vie n’ont pas procédé à des rachats qui auraient affecté leur liquidité, tandis que les actifs liquides et de bonne qualité des assureurs non-vie français ont permis de couvrir l’équivalent d'environ 23 mois de sinistres en 2020. Enfin, la crise n’a pas eu d’impact sur les opérations de mises et de prises en pension de titres en 2020.

Des actifs gérés avec prudence

Dans un contexte de crise, la gestion prudente des actifs a largement participé à cette stabilité. Les assureurs ont en effet diversifié leurs placements par nature d’instrument, mais aussi par secteur : secteur financier, sociétés non financières (SNF), administrations publiques, organismes de placements collectifs (OPC)... Les encours d’OPC, y compris monétaires, sont par ailleurs restés stables entre fin 2019 et fin 2020. 

Les assureurs ont également diversifié leurs placements par zone géographique. Fin 2020, ils ont investi 29 % des titres de dette, 14 % des actions et participations et 19 % des parts d’OPC en zone euro hors France.

En séparant les placements liés aux contrats en unités de compte (UC) des autres, les assureurs vie et mixtes ont diminué le risque de perte. Fin 2020, les placements en assurances vie et mixtes (principalement en fonds euros) représentaient 2 155 milliards d’euros.

Des défis structurants

Malgré leur résilience face à la crise, les assureurs se préparent à relever plusieurs défis. 

D’une part, la baisse durable des taux d’intérêt entraîne une diminution du rendement moyen de leur portefeuille obligataire et une augmentation de la maturité résiduelle des titres détenus. Ce contexte de taux bas permet toutefois aux assureurs de diversifier leurs placements (immobilier, titres structurés…) : fin 2020, l’encours d’actifs de diversification représentait 420 milliards d’euros.

D’autre part, les assureurs français participent au financement de l’économie. La part de leurs placements dans les SNF françaises se stabilise autour de 320 milliards d’euros depuis 2016. À ce titre, le label « Relance » a permis d’identifier au 1er mars 2021 près de 150 fonds engagés à soutenir la reprise économique pour un encours total de 13 milliards d’euros.

Enfin, face aux défis du développement durable, les assureurs sont soumis depuis 2015 à une obligation de transparence sur le respect des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). La loi PACTE leur impose depuis le 1er janvier 2022 d’inclure dans les contrats d’assurance vie en UC au moins un fonds labellisé ISR (investissement socialement responsable), un fonds « Greenfin » et un fonds solidaire. Fin 2020, ces fonds durables représentaient 133 milliards d’euros

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