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Publié le - Mise à jour le
Ils peuvent toutefois, dans certaines circonstances, faire soupçonner l’existence d’une contrepartie ; auquel cas, l’entreprise est exposée à un risque pénal, puisque ces cadeaux peuvent caractériser des actes de corruption ou de trafic d’influence.
C’est le cas lorsque l’offre ou l’acceptation d’un cadeau a pour finalité de déterminer l’accomplissement (ou le non-accomplissement) d’un acte par une personne, en méconnaissance de ses obligations légales, contractuelles ou professionnelles.
Dans sa cartographie des risques, l’organisation identifie et évalue le risque de corruption que représentent pour elle les offres, sollicitations ou acceptations de cadeaux et invitations au regard notamment de ses activités, de son implantation géographique et des processus ou fonctions à risque.
La politique cadeaux et invitations est ainsi déterminée en cohérence avec cette cartographie.
La politique cadeaux et invitations a vocation à s’appliquer à l’ensemble des personnes exerçant leurs fonctions au sein de l’organisation.
À noter. Les règles peuvent toutefois varier en considération des processus ou des fonctions exercées. Par exemple, des règles plus strictes peuvent être prévues pour la fonction achats.
Elle peut également, par voie contractuelle, s’appliquer à des tiers (fournisseurs, intermédiaires, etc.).
Dès lors que l’organisation fait le choix de ne pas interdire les cadeaux et invitations, elle fixe des règles permettant de maîtriser son risque de corruption ; celles-ci doivent être suffisamment précises et illustrées d’exemples pertinents pour être comprises des personnes auxquelles elles s’appliquent.
Les éléments à prendre en compte sont les suivants :
Sur le plan de la procédure, l’organisation peut laisser à la discrétion de toute personne la décision d’accepter ou de refuser un cadeau ou une invitation. Alternativement, elle peut prévoir que l’offre ne peut être acceptée qu’après l’autorisation du supérieur hiérarchique ou de toute autre personne désignée à cet effet.
Quelques exemples de bonnes pratiques. Prévoir que certains cadeaux soient reversés à des œuvres caritatives ou partagés entre les collaborateurs d’un service ; inciter toute personne à qui un cadeau est proposé de se poser certaines questions (Serais-je embarrassé si mon entourage professionnel apprenait que je l’ai reçu ? Prendrais-je la même décision si je n’acceptais pas le cadeau ? ...).
Elle forme les collaborateurs les plus exposés au risque de corruption (ceux ayant une délégation de pouvoir ou de signature et les acheteurs).
Conseil. Il convient d’intégrer dans les formations proposées des cas pratiques et des mises en situation.
L’organisation met en œuvre un dispositif de contrôle pouvant comprendre plusieurs niveaux : hiérarchique, comptable, audit interne, etc.
Article rédigé par Madame Martine Monzo, Expert-comptable diplômée
La lettre Alertes & Conseils Gestion Finance éditée par les Editions FRANCIS LEFEBVRE, octobre 2020.