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Publié le - Mise à jour le
Lorsqu'un contrat n'est pas honoré par l’une des parties, le créancier dispose de plusieurs voies de recours pour faire valoir ses droits. Les possibilités qui s’offrent à lui sont notamment citées dans le Livre III du Code Civil, au sein de la section 5 (L'inexécution du contrat Articles 1217 à 1231-7). La mise en demeure fait notamment partie des premières procédures à mettre en place en cas d'inexécution d’un contrat. Toutefois, une jurisprudence récente est venue faire basculer ce processus phare du droit des affaires. On vous en dit plus.
L'inexécution d'un contrat expose le débiteur à différentes sanctions, prévues par les articles 1217 et suivants du Code civil. Le Code Civil prévoit notamment :
Lorsqu’un contrat n’est pas exécuté, le créancier doit agir en respectant quelques étapes clés. La première, consiste généralement à envoyer une mise en demeure au débiteur. Cette démarche est presque systématique en cas de litige, sauf en cas d’urgence (article 1226 du Code civil - Com. 1er juin 2022, n° 20-21.551). Elle offre une dernière chance au débiteur et prouve sa mauvaise foi s’il ne régularise pas sa situation. Sans elle, le créancier risque quant à lui de voir sa demande rejetée. Il s’agit donc d’une sécurité pour les deux parties.
Toutefois, la Cour de cassation a récemment réduit la portée de cette exigence légale.
La chambre commerciale de la Cour de cassation, dans l’arrêt no 20-21579 du 18 octobre 2023, a assoupli cette règle qui obligeait le créditeur à adresser une lettre de mise en demeure au débiteur. Dans cet arrêt, elle décide en effet qu’une mise en demeure n’est plus nécessaire à partir du moment où le comportement du débiteur rend impossible le maintien de bonnes relations contractuelles. Dans ce type de situation, où la résolution du contrat semble la seule issue possible, il devient inutile d’alourdir les procédures en maintenant l'obligation de mise en demeure.
Cette jurisprudence a été reprise par la troisième chambre civile de la Cour de cassation dans son arrêt n°22-16583 du 25 janvier 2024.
Cette décision marque un tournant important dans le droit des contrats. Les créanciers disposent désormais d'une plus grande flexibilité pour sanctionner une inexécution de contrat lorsque la poursuite des relations contractuelles n’est clairement plus envisageable. La mise en demeure est alors vaine. Face à une inexécution de contrat, ils peuvent donc accélérer les procédures judiciaires. Un gain de temps qui leur permet de régler plus rapidement les litiges et, le cas échéant, de recevoir plus vite des dédommagements qui leur sont dus.
Un contrat bien rédigé, c’est un accord qui sécurise les engagements des parties et qui évite les litiges en cas de problème. Lorsqu’un contrat est imprécis, mal formulé ou qu’il ne dispose pas de clauses pertinentes en cas de problème, les risques augmentent et rendent la résolution des conflits plus complexe et coûteuse. En cas d’inexécution, un contrat clair permettra de déterminer rapidement les responsabilités et d’appliquer les sanctions prévues (mise en demeure, pénalités de retard, résolution du contrat…). Il est également important de ne pas oublier d'inscrire dans le contrat des clauses spécifiques sur les obligations, les délais et les recours possibles. De cette façon, toutes les parties sont protégées et savent comment réagir en cas de litige.
Ainsi, une rédaction soignée, adaptée aux besoins des parties et conforme au cadre légal permet d’éviter bien des complications. Pour tout savoir sur le droit des affaires et notamment sur la rédaction de contrats, découvrez nos formations professionnelles Lefebvre Dalloz Compétences.