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Publié le - Mise à jour le
La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a publié les résultats de TraCov, la première enquête statistique représentative des conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de travail. Cette enquête a été menée au cours du premier trimestre 2021 auprès de 17 216 actifs en emploi.
La crise sanitaire et les mesures restrictives mises en place pour endiguer l’épidémie de Covid-19 ont bouleversé le monde du travail. Selon le métier, le statut ou le secteur d’activité, elles ont différemment impacté les conditions de travail des salariés.
Pour un travailleur sur deux, les conditions de travail ont peu été affectées par la crise sanitaire. En revanche, elles se sont intensifiées pour un travailleur sur trois et se sont même dégradées pour un travailleur sur dix. Enfin, elles se sont améliorées pour une faible minorité de travailleurs.
L’enquête TraCov distingue quatre catégories de travailleurs en fonction de l’impact subi par la crise : « peu d’impact », « intensification », « dégradation » et « accalmie ».
La moitié des travailleurs (54 %) a ressenti peu d’impact sur les conditions de travail. Il s’agit majoritairement d’hommes, d’ouvriers, d’employés et d’actifs de plus de 45 ans, travaillant dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et de la construction. Davantage présents sur site, ces travailleurs ont constaté une coopération et un soutien importants au sein du collectif de travail et n’ont pas été gênés par l’application des gestes barrières. Pour cette première catégorie, l’insécurité de l’emploi s’est toutefois accrue.
Un tiers des travailleurs (32 %) a constaté une intensification de ses conditions de travail et une hausse des exigences émotionnelles. Dans cette catégorie, les femmes, les cadres et professions intermédiaires en télétravail et les travailleurs des secteurs de la santé, de l’action sociale et de l’enseignement sont surreprésentés. Ces travailleurs ont connu une augmentation de leur activité (horaires plus longs, plus atypiques et difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle). Pour un quart de ces actifs, la crise sanitaire a renforcé le sens de leur travail.
Un travailleur sur dix (11 %) a subi une dégradation de ses conditions de travail. Les actifs les plus touchés sont des femmes, des cadres et professions intermédiaires en télétravail, travaillant dans les secteurs de la banque, de l’assurance et de l’enseignement. Ces travailleurs ont déclaré une surcharge de travail avec des horaires plus longs, dus à la réorganisation du travail (télétravail, enseignement à distance…). Ils ont également signalé une baisse de leur autonomie, un isolement relatif du reste du collectif de travail et des difficultés à maîtriser les outils numériques.
Une minorité de travailleurs (4 %) a constaté une amélioration relative ou une accalmie de ses conditions de travail. Il s’agit principalement d’hommes, d’ouvriers et d’employés, d’actifs de moins de 34 ans, travaillant dans les secteurs de l’hébergement, de la restauration et des activités culturelles. Affectés par la crise, ces secteurs ont connu une diminution importante de la charge de travail. Les actifs de ce groupe ont signalé une baisse de la demande émotionnelle. Cependant, ils ont plus été exposés aux risques psycho-sociaux que les autres groupes et ont ressenti une plus grande insécurité socio-économique.
L’enquête dévoile également que la dégradation des conditions de travail est liée à une contamination accrue et à une détérioration de l’état de santé psychique des travailleurs. 18 % des actifs déclarent avoir contracté le virus (dont 5 % sur leur lieu de travail), tandis que le risque dépressif a doublé par rapport à 2019. La dégradation de l’état de santé a davantage touché les télétravailleurs.
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