Traditionnellement, lors d’une formation, le formateur expose les notions à étudier puis, dans un second temps, distribue des supports de cours. Cette façon de procéder est la plus répandue, mais une autre manière de faire est également envisageable. La classe inversée est en effet une autre approche pédagogique qui vient inverser, comme son nom l’indique, ce schéma traditionnel. Ici, les apprenants découvrent les notions en autonomie, avant la séance, grâce à des supports proposés par le formateur : vidéos, articles, exercices interactifs... Le temps en présentiel est alors consacré à l’échange, à la pratique et à l’application des connaissances. Voici tout ce que vous devez savoir sur ce format de pédagogie active et comment il est mis en place au sein de la formation professionnelle.
C'est quoi une classe inversée : histoire de la méthode et définition ?
La classe inversée (ou flipped classroom), est une méthode de pédagogie active où les apprenants étudient la théorie avant le cours. Le temps en classe est ensuite dédié aux échanges, questions, applications concrètes et vérifications de la compréhension par le formateur. Cette méthode voit le jour dans les années 90 grâce aux professeurs américains de physique-chimie Jonathan Bergmann et Aaron Sams. Avec l’essor du numérique dans les années 2000, cette approche prend une toute autre ampleur grâce aux vidéos, podcasts, quiz en ligne… Les outils se multiplient et rendent la classe inversée incontournable, surtout dans l'enseignement supérieur et la formation professionnelle.
A ne pas confondre avec la classe renversée, imaginée par l’enseignant-chercheur Jean-Charles Caillez, qui va un peu plus loin. Ce type de pédagogie donne en effet davantage d'autonomie aux participants. Le formateur est ici un simple guide, il donne les grandes directions de la formation et ce sont les apprenants qui construisent ensemble le parcours d’apprentissage. Le formateur ne donne donc pas ou peu de contenus de cours, il pose juste le cadre. Ce type d'apprentissage part du principe que l’on apprend mieux en enseignant soi-même.
Quel est le principe de la classe inversée (flipped classroom) ?
Le concept de la classe inversée repose sur deux étapes clés. La première se déroule en dehors de la formation et la deuxième lors d’un moment synchrone en présence du formateur. Avant le cours, les apprenants consultent des ressources sélectionnées par le formateur de façon asynchrone, où ils le souhaitent. Il peut s’agir de vidéos courtes, d’articles, de podcasts, de quiz... Chacun peut ainsi avancer à son rythme, quand et où il le souhaite. Si un concept est plus difficile à comprendre, l'apprenant peut revenir en arrière, relire une explication, ou au contraire, sauter une partie déjà maîtrisée. C’est l’apprentissage sur mesure, sans pression.
Dans un deuxième temps, apprenants et formateur se retrouvent ensemble dans une salle de formation. La séance synchrone se transforme alors en espace d’échanges. Ateliers collaboratifs, études de cas réalistes, jeux de rôle, expérimentations…L’objectif est simple : appliquer la théorie, poser des questions, et s’enrichir mutuellement grâce à l'intervention du formateur et à l'apprentissage par les pairs. C’est grâce à la pratique en salle de formation et aux précisions du formateur, que les concepts abordés via les ressources distribuées avant les moments synchrones, prennent vie.
Quels sont les avantages et inconvénients de la classe inversée ?
Ce qui fait tout l’intérêt de la classe inversée, c’est son côté très dynamique. Les apprenants sont actifs, contrairement au concept de “classe à l’endroit”. Ils prennent en main leur apprentissage ce qui leur permet de mieux mémoriser les concepts étudiés. De plus, chacun peut avancer à son propre rythme en s’organisant comme il le souhaite. Pour de nombreux apprenants, pouvoir découvrir le contenu théorique du cours avant les échanges en salle de formation correspond davantage à leur mode d'apprentissage. En mixant classe inversée et classe traditionnelle, l'apprentissage s'adapte donc davantage aux différents profils d’apprenants. Lors des sessions de formation synchrone, cette pédagogie active permet de faire éclore des échanges très riches qui se basent à la fois sur l'expertise du formateur et sur les échanges entre pairs. L'esprit critique des apprenants est également stimulé grâce à ce format pédagogique. Cette pédagogie permet ainsi de découvrir la théorie en autonomie et de commencer à s'engager dans le processus d'apprentissage chez soi et à son rythme. Ensuite, les apprenants capitalisent sur la pratique et le partage d'expérience du formateur durant le moment synchrone.
Cette approche de classe inversée a aussi ses limites. Côté formateur, la charge de travail est lourde. Il est en effet nécessaire de proposer des contenus engageants, d’animer des séances dynamiques et de suivre les apprenants. Tout cela demande du temps et de l’énergie. Enfin, l’autonomie des apprenants, si bénéfique soit-elle, peut être un piège. Sans cadre structurant, certains étudiants risquent de décrocher, faute de discipline ou de méthode. La classe inversée n'est pas adaptée à tous les profils d’apprenants, mais il est toujours intéressant de proposer des sessions "inversées" pour donner du dynamisme à la formation.
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FAQ
Quels sont les différents types de classe inversée en formation ?
Selon Marcel Lebrun qui a popularisé ce concept dans le monde francophone, 3 façons de mener ce type de classe peut être envisagé selon le degré d’autonomie donné au participant :
- L’apprenant est acteur : le formateur fournit en premier lieu des éléments de cours, la compréhension et la mise en application se font ensuite pendant la classe ;
- L’apprenant est auteur/producteur : les apprenants disposent de ressources préalables puis construisent ensemble le cours ;
- L’apprenant est concepteur : en suivant les objectifs donnés par le formateur, les apprenants construisent tout le parcours d'apprentissage.
Comment organiser une classe inversée étape par étape ?
Pour organiser une classe inversée, il est important de commencer par définir les objectifs et choisir les contenus à étudier en autonomie (vidéos, articles, podcasts). Les ressources sont alors distribuées pour le travail en autonomie. En classe, il convient ensuite de proposer des activités interactives (discussions, études de cas, jeux de rôle, quiz). Enfin, le formateur évalue et ajuste les connaissances en recueillant les retours des apprenants. Chez Lefebvre Dalloz Compétences, nous appliquons la pédagogie inversée dans certaines de nos formations professionnelles, comme au sein de notre formation Neurosciences et pédagogie. Durant cette formation expérientielle vous expérimentez les outils en vous plaçant dans la peau d’un "neuro-formateur".
Quels sont les outils utilisés dans la classe inversée, exemples ?
La classe inversée ou flipped classroom peut s'appuyer sur de nombreux outils pour les activités en classe ou à la maison. Les outils numériques sont au cœur des apprentissages. Ils peuvent prendre la forme de capsules vidéos, de quiz en ligne, de livres numériques, d'outils collaboratifs ou de simples documents papier. Pour les activités en classe, les jeux de rôle et les quiz sont souvent privilégiés. Ils permettent de revenir sur les apprentissages et de s'assurer que les apprenants ont bien saisi les notions étudiées.
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