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Publié le - Mise à jour le
À l’aube de 2023, les soft skills sont vues par une majorité d’acteurs RH et business comme de solides leviers de performance[1]. Jérôme Hoarau , formateur-coach et conférencier, n’est pas étranger à cette acculturation… toujours en cours ! On lui doit en effet deux ouvrages de référence sur ces compétences : Le Réflexe Soft Skills et SOFT SKILLS[2], coécrits avec Fabrice Mauléon et Julien Bouret. Au programme de cette nouvelle interview vidéo : la dimension stratégique des soft skills dans un monde du travail en mutation, le pouvoir de la gentillesse et les bienfaits des « sports du cerveau ».
Publié cette année-là, Le Réflexe Soft Skills est né d’un défi lancé par Fabrice Mauléon, alors professeur de Jérôme Hoarau et de Julien Bouret. L’objectif est de créer un module de développement de certaines compétences, dont les deux étudiants auraient aimé bénéficier durant leur scolarité mais qui n’existe pas encore. Grâce à leurs recherches, les trois (futurs) coauteurs réalisent que les compétences en question - qui permettent de mieux apprendre et d’évoluer professionnellement - ont déjà été identifiées par l’armée américaine dans les années 1970. Elles se nomment « soft skills ». Ils développent alors le module souhaité, qui donne naissance au premier ouvrage francophone de référence en la matière.
D’emblée, la parution du livre « rencontre » la montée en puissance des tiers-lieu et du digital nomadisme. Or, ces deux phénomènes requièrent davantage d’adaptabilité professionnelle de la part des collaborateurs. Dans les années qui suivent, les écosystèmes professionnels deviennent de plus en plus VICA – Volatils, Incertains, Complexes et Ambigus. Dans de tels contextes, la gestion des émotions et celle du stress se font décisives. En parallèle, la créativité et la collaboration sont pleinement mobilisées. Pour faire face à l’émergence de nouvelles technologies qui rendent certaines compétences techniques obsolètes, les soft skills sont à la manœuvre – grâce à leur potentiel de réassurance, d’adaptation et de facilitation de l’apprentissage.
« Trop bon, trop con ». Dans le monde du travail, le fait d’être gentil nuirait à l’affirmation de soi et, in fine, à la réussite professionnelle. Des opinions non fondées selon Jérôme Hoarau, qui a contribué avec Delphine Castellani à l’ouvrage Les gentils aussi méritent de réussir de Yannick Alain.
Ainsi, bien loin d’être une faiblesse, la gentillesse permet de se connecter d’humain à humain – dans l’univers professionnel notamment. Sachant que le terme de « gentillesse » est plus souvent rattaché à la sphère personnelle ou familiale qu’au monde du travail. Pourtant, nos trajectoires professionnelles reposent en grande partie sur la collaboration, la coopération. Dès lors, la gentillesse apparaît comme décisive – de par sa faculté à créer du lien.
En revanche, la générosité associée à la gentillesse peut être exploitée par certains. Cela se produit en cas de manque de connaissance de soi, de confiance en soi ou d’assertivité, ou de problème de communication. Pour Jérôme Hoarau, les soft skills sont donc des « outils » à développer pour pouvoir oser la gentillesse.
Au-delà du clin d’œil associé à la question, l’exercice se prête davantage à une démonstration en images ! Le Mind Mapping comporte en effet une dimension très visuelle. En résumé donc et sans les gestes J : pour Jérôme Hoarau, champion du monde de la discipline en 2018, le premier avantage est de conduire celle ou celui qui mobilise la Mind Map à penser en mots-clés – à accoler à ses différentes branches. Ce faisant, le Mind Mapping permet de développer l’esprit de synthèse. La créativité est aussi favorisée : les branches de la Mind Map se parent de différentes textures et couleurs, de pictogrammes ou d’images. Par ailleurs, un mot-clé « ouvre » sur un autre, qui en induit un nouveau, etc. Moins attendue sans doute, la prise de décision est à son tour convoquée. Dans l’esprit de Tony Buzan, le créateur du Mind Mapping, on ne doit associer qu’un seul mot à chaque branche. Cette technique aide enfin à mieux mémoriser, grâce à l’association de mots-clés et d’éléments visuels qui mettent l’accent sur les principales informations. À l’instar des soft skills qu’il permet de développer, le Mind Mapping et les sports du cerveau[3] en général favorisent la plasticité cérébrale et l’agilité cognitive !
>> Pour en savoir plus sur ces sujets : rendez-vous sur le site de Jérôme Hoarau.
[1] Pour en savoir plus sur la perception et le rôle des soft skills en entreprise : découvrez les résultats de la 3e édition du baromètre des soft skills.
[2] Le Réflexe Soft skills, Dunod, 2014.
SOFT SKILLS – Développez vos compétences comportementales, un enjeu pour votre carrière, Dunod, 2018.
[3] Le Mind Mapping fait partie des « sports du cerveau », au même titre que la lecture rapide ou les techniques de mémorisation.