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Publié le - Mise à jour le
Dans une économie mondialisée, les échanges entre pays et continents sont aisés. De plus en plus de salariés voyagent ainsi dans le vaste monde à des fins professionnelles. Visiter un fournisseur, nouer un partenariat ou prospecter sur des salons internationaux, les occasions ne manquent pas ! Il peut aussi s’agir d’un « séminaire de travail » à l’étranger pour l’ensemble des cadres… Pour ces nomades – qui ne sont pas tous de grands voyageurs par ailleurs – il existe des risques qui varient selon la nature de la mission et la destination. Le point sur quelques précautions essentielles.
Les risques encourus par les collaborateurs dépendent de la destination exacte (le pays, le lieu précis), de la durée de présence ou encore de la nature des activités réalisées sur place. D’une manière générale, les risques communs sont le vol avec agression (ou autres formes d’arnaques pouvant créer des situations désagréables voire traumatisantes), l’exposition à des maladies infectieuses et, plus rarement, l’enlèvement.
Un réflexe fondamental est de s’appuyer sur les informations officielles du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/). En effet, ce site web tient à jour les informations et conseils essentiels pour se protéger, pays par pays. Certains pays à « risques élevés » sont fortement décommandés et doivent ainsi être évités. D’autres nécessitent des précautions plus ou moins importantes.
Une sensibilisation des collaborateurs en amont de la mission peut-être organisée pour traiter de deux aspects complémentaires :
A ces risques généraux s’ajoutent les risques particuliers liés aux missions effectuées sur place : selon la nature du travail à réaliser, une mise à jour de l’évaluation des risques professionnels sera envisageable – ainsi que les mesures de prévention appropriées (équipements de travail, consignes, etc.).
Parmi les conseils généraux, il est notamment essentiel, idéalement deux mois avant le départ, de vérifier s’il faut recevoir certains vaccins ou prévoir des traitements médicamenteux. Cette partie de la sensibilisation peut impliquer le médecin du travail. Toujours concernant la santé, si les voyageurs prennent un traitement médicamenteux particulier, il est également conseillé de déterminer, avec le médecin traitant, comment assurer la continuité des traitements, surtout en cas de séjour prolongé.
Concernant les documents officiels et moyens de paiement (passeports, carte bancaire, etc.), il est essentiel de s’assurer que leur date de validité excède les dates du séjour et d’en faire des copies (qui seront conservées sur place à un endroit différent des originaux – une copie pourra également être confiée à un proche resté en France).
Les conseils donnés aux voyageurs concernant la préparation des déplacements portent tant sur les jours de transit que sur les trajets sur place :
Divers conseils également au choix des lieux de résidence (principalement les hôtels), parmi lesquels éviter les chambres au rez-de-chaussée mais également trop élevées (pensez à l’évacuation en cas d’incendie).
D’une manière générale, pour éviter vols et agressions, il est essentiel de protéger les documents importants ainsi que ses moyens de paiement, par exemple en utilisant une ceinture porte-billets ou porte-documents discrète. Eviter d’attirer l’attention est également une bonne stratégie (exit donc les objets de valeurs ostensibles ou les grosses sommes d’argent liquide).
Une tactique consiste à conserver dans une poche aisément accessible un peu de monnaie locale pour les pourboires et autres petites dépenses (pour éviter d’avoir à fouiller dans son sac ou portefeuille). Dans des zones à risque élevé, l’usage d’un portefeuille factice avec quelques « leurres » (cartes de crédit expirées, etc.) est aussi une possibilité de se tirer de situations délicates.
Il est également conseillé d’éviter de communiquer son numéro de chambre à des tiers et de privilégier les chambres proches des accès (escaliers et ascenseurs) afin de minimiser les temps d’attente dans les couloirs (en ayant ses clés ou cartes d’accès facilement accessibles).
Pour toute la durée du séjour, il est utile de prévoir un mode de communication officiel avec l’entreprise mais également avec les proches, par exemple des points de contacts réguliers par email ou téléphone. L’idéal est d’avoir confié à un collègue ou supérieur (et à un proche) une copie précise de l’itinéraire. Enfin, il est essentiel d’avoir sur soi (et une copie en lieu sur) la liste des numéros d’urgence composée spécifiquement pour le (ou les) pays visité(s).
Enfin, la notion de mission interroge les frontières entre vie professionnelle et vie privée. En effet, les voyages d’affaires sont l’occasion de découvrir d’autres cultures et la tentation est grande de profiter de son temps libre pour faire un peu de tourisme. Quelles en sont les implications ? Un salarié en mission en Chine se blesse à la main, à 3 heures du matin, lors d’une sortie en discothèque. Statuant sur l’affaire, portée en justice, la Cour de cassation (arrêt no 16-22.481 du 12 octobre 2017) rappelle sa jurisprudence, constante depuis 1991 : lorsqu'un salarié en mission est victime d'un accident survenu à l'occasion d'un acte professionnel ou d'un acte de la vie courante, cet accident est présumé être un accident du travail. L’employeur n’ayant pas apporté la preuve que le salarié avait interrompu la mission pour motif personnel (il pouvait très bien avoir accompagné des clients ou des collaborateurs et avoir répondu ainsi à une invitation formulée dans le cadre se sa mission), l’accident du travail a été reconnu. Cela incite à inclure une réflexion sur les activités « hors travail » liées (ou non) aux missions réalisées dans la sensibilisation des collaborateurs !