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Publié le - Mise à jour le
Depuis 2014, les entreprises doivent évaluer les risques professionnels en tenant compte de “l’impact différencié de l’exposition au risque en fonction du sexe” (article L 4121-3 du code du travail).Pourtant, ce point n’est pas toujours appliqué, car les différences de risques entre les sexes ne sont pas toujours bien identifiées. Afin d’aider les entreprises à adopter une approche sexuée de prévention des risques, l’ANACT a notamment publié un guide en mars 2025. Voici pourquoi et comment adopter ce type d’approche dans votre démarche QSE.
Les femmes et les hommes ne travaillent pas toujours aux mêmes types de postes, ils ne sont donc pas toujours exposés aux mêmes types de risques. De plus, les outils et équipements utilisés sur le lieu de travail, les charges à porter, les horaires…ont largement été pensés pour des travailleurs masculins. Avoir uniformisé ces éléments sur un seul modèle (masculin) crée inévitablement des inégalités entre les hommes et les femmes.
Au sein des entreprises et notamment des usines, les femmes sont plus généralement exposées à des risques liés au travail répétitif, aux longues périodes de position debout, aux agents chimiques et toxiques, aux agressions de la part du public, aussi aux violences sexuelles et sexistes, aux horaires atypiques ou encore aux faibles rémunérations.
Les hommes quant à eux sont davantage concernés par des risques liés au port de charges lourdes, à la manipulation d’outils dangereux, aux températures extrêmes, aux bruits, au travail en extérieur, aux objectifs chiffrés, aux horaires moins prévisibles ou encore à l’intérim. Lorsqu’ils occupent les mêmes postes et sont exposés aux mêmes risques, les conséquences pour les hommes et les femmes ne sont pas non plus les mêmes. Les différences sociales et biologiques entre les hommes et les femmes n'entraînent en effet pas les mêmes conséquences sur la santé mentale et physique.
Dans la société, de nombreux stéréotypes subsistent entre les femmes et les hommes, et ces derniers se retrouvent également en entreprise. Certains risques physiques peuvent ainsi être sous-évalués pour les femmes qui, selon certains stéréotypes, occupent des postes moins risqués. Or, les positions debout prolongées, les gestes répétitifs et/ou de précision, le port de charges considérées comme moins lourdes mais répétitives (enfants, malades, personnes âgées)...ont de vraies conséquences.
Du côté des hommes, ce sont souvent les risques psychosociaux qui sont sous-évalués. Dans leur démarche de prévention des risques professionnels, les entreprises doivent donc faire attention à ces biais afin de mettre en place des actions plus justes. Pour cela, elles peuvent s’appuyer sur le guide de l’ANACT.
En mars 2025, l’Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT) a publié un guide * à destination des entreprises. Il propose une méthodologie complète pour aider les entreprises à identifier les stéréotypes, à comprendre les différences de risques entre les hommes et les femmes grâce à des exemples concrets et à adopter des mesures adaptées.
La démarche d'évaluation des risques proposée par l’ANACT se déroule en 5 phases :
Depuis 2001, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) est obligatoire pour les entreprises dès l'ébauche de leur premier salarié. Il permet d'évaluer les risques auxquels peuvent être confrontés les salariés. En cas de défaut de transcription ou de mise à jour (tous les ans pour les entreprises d’au moins 11 salariés), les entreprises risquent jusqu'à 7 500 euros d’amende. Depuis 2014, l'analyse des risques doit également prendre en compte l’impact des risques en fonction des sexes.
Pour se conformer à ces obligations, les entreprises se doivent de :
*https://www.anact.fr/approche-sexuee-des-conditions-de-travail-pour-une-prevention-adaptee