Prévenir les TMS : une question toujours d’actualité

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L’agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au travail (EU-OSHA) a lancé l’an dernier et jusqu’en 2022 une campagne spécifiquement dédiée à la prévention des TMS d’origine professionnelle. Son objectif est d’accroître la conscience des travailleurs et employeurs sur l’importance de ces troubles et la nécessité de leur prévention mais aussi de promouvoir les bonnes pratiques en la matière.

Notions et chiffres clés

 

Selon l’EU-OSHA : les TMS (pour Troubles MusculoSquelettiques) sont « des affections de structures corporelles telles que les muscles, les articulations, les tendons, les ligaments, les nerfs, les os et le système vasculaire local ». Les TMS d’origine professionnelle sont les affections essentiellement provoquées ou aggravées par l’activité professionnelle.

 

Environ trois salariés sur cinq dans l’Union Européenne  se plaignent de TMS, en particulier de lombalgies et de douleurs musculaires aux membres supérieurs (et une personne sur cinq déclare avoir souffert d’un trouble chronique du dos ou du cou au cours de l’année écoulée). Toutefois, la prévalence de ces troubles varie fortement d’un pays à l’autre ou d’un secteur à l’autre :

  • Les secteurs les plus touchés sont la construction, l’approvisionnement en eau et l’agriculture, sylviculture et pêche ;
  • Les secteurs dans lesquels les salariés signalent le moins de TMS sont la banque et l’assurance, les activités intellectuelles, scientifiques et techniques, l’éducation, ou encore les arts, le spectacle et les loisirs.

 

De la même façon, les femmes, les travailleurs plus âgés ou ayant un niveau de formation initiale relativement faible sont plus touchés.

 

Les TMS d’origine professionnelle sont provoqués ou aggravés par une combinaison de facteurs de risques variés, d’origine physiques, organisationnels et/ou psychosociaux :

  • Les risques physiques en cause sont les postures ou positions de travail inconfortables, un travail physique (charge lourde, travail répétitif, vibrations ou exposition à de basses températures) ;
  • Les risques organisationnels et psychosociaux impliquent notamment un niveau de stress élevé (un travail exigeant, une forte charge de travail, de longues heures de travail, un déficit de contrôle sur son travail, des rôles imprécis, un manque de soutien des collègues et/ou de l’encadrement), des agressions verbales sur le lieu de travail, des agissements sexistes, un manque de temps pour effectuer le travail nécessaire ou encore des changements fréquents dans l’environnement de travail (nouvelles technologies, nouveaux processus, nouveaux modes d’organisation, etc.).

 

A noter, les chercheurs supposent également que le temps passé en position assise – sédentarité connue pour être liée à des maladies chroniques ou à une surmortalité – pourrait accroitre le risque de TMS mais des études complémentaires sont nécessaires pour établir ou préciser ce lien.

Les points clés à retenir

 

L’agence propose une série de Key-points qui permettent de résumer ses principaux messages :

  • Les TMS d’origine professionnelle restent à ce jour le problème le plus commun de santé au travail et la source la plus classique d’absence et d’invalidité ;
  • Ces troubles sont à l’origine de coûts directes et indirects particulièrement élevés pour les travailleur, employeurs, services de santé et plus généralement pour la société et l’économie ;
  • Pourtant, les TMS sont gérables et peuvent être prévenus : les coûts peuvent être réduits et les entreprises peuvent espérer un retour sur investissement positif ;
  • La prévention des TMS est essentielle pour l’amélioration de la qualité de vie au travail, la soutenabilité du travail, la productivité et l’équilibre des systèmes de santé ;
  • A l’échelle de l’Union Européenne, le vieillissement de la population salariée rend ce challenge de plus en plus aigu, tout comme celui de permettre le retour à l’emploi des salariés blessés. Maintenir les salariés en emploi le plus longtemps possible dépend de notre capacité à maîtriser les TMS.

 

Les pistes de solution sont connues : évaluation des risques professionnels avec implication des travailleurs et de leurs représentants ; intervention rapide auprès des travailleurs dès le signalement du moindre symptôme pouvant évoquer un TMS (pour éviter l’installation du trouble ou son aggravation) ; accompagnement des victimes pour favoriser le retour au travail ; et évidemment : respect des principes généraux de prévention (supprimer le danger en premier lieu, adapter le travail à l’homme, etc.).

 

Stéphan Pezé

Consultant-formateur Santé et Sécurité au travail

Formateur pour Elegia

Auteur de « Les risques psychosociaux : 30 outils pour les détecter et les prévenir »,

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